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Les centres commerciaux veulent prêter main-forte aux centres-villes face au numérique

Publié le
today 5 juin 2019
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Alors que le Siec, salon parisien de l'immobilier commercial, ouvrait ses portes ce 5 juin, le nouveau président du Conseil National des Centres Commerciaux (CNCC), Jacques Ehrmann, a affirmé son souhait de voir les commerce physiques tirer parti du virage numérique. Mais aussi de positionner les centres commerciaux comme partenaires de la digitalisation des commerces de centres-villes, qui avaient longtemps fait d'eux leur principal antagoniste.


Pour le président du CNCC, l'absence de fiscalité appliquée à l'e-commerce revient à subventionner ce secteur - MG/FNW


Une prise de position qui intervient sur fond d'interrogations persistantes du commerce physique sur les réponses à apporter face à la puissance grandissante de la vente en ligne. « Cela représente aujourd'hui 9 % du commerce, c'est moins qu'en Angleterre, plus qu'en Espagne, mais c'est un fait et nous devons y faire face », pour Jacques Ehrmann, dont le passage de Carmila-Groupe Carrefour à Altarea Cogedim vient d'être officialisé. « Mais c'est aussi une opportunité dans le sens où les ressorts de l'e-commerce et de la transformation digitale sont plein d'outils qui peuvent servir au commerce physique. Il faut, que ce soit dans les centres commerciaux, en centre-ville ou dans le périurbain, qu'on se serve des outils des pure players pour faire nos métiers et renforcer nos chiffres d'affaires », estime le président du CNCC. 

Longtemps pointés du doigt comme les fossoyeurs du petit commerce urbain, les centres commerciaux et retail parks ont en effet trouvé dans l'e-commerce un adversaire commun grâce auquel renouer avec les collectivités. Collectivités au secours desquelles le CNCC se présente désormais comme un recours sur la question du numérique.

« Forts de notre implantation locale, nous pouvons aider les centres-villes, où les commerçants n'ont pas la masse critique pour faire des choses sophistiquées en digital ou e-commerce », explique le président de la fédération. « Mais si on se regroupe, ce qui se fait naturellement dans un centre commercial et peut aussi se faire dans un centre-ville, alors le centre commercial peut jouer un rôle de petite agence marketing digital et local, constituer des bases de données, organiser des campagnes ciblées, s'exprimer sur les réseaux sociaux... Ce que l'on ne peut pas faire à l'échelle de son commerce, on peut le faire à l'échelle de 50 commerces. Car, ce qui nous intéresse, c'est la zone de chalandise locale. Il faut donc mettre en place des outils simples pour que les commerces puissent profiter des nouvelles possibilités », explique-t-il.

Une volonté qui intervient quelques jours après la publication d'une tribune commune du CNCC avec la fédération Procos pour le commerce spécialisé et l'Alliance du commerce, qui représente grands magasins et enseignes d'habillement/chaussure. Une tribune appelant l'Etat à plus d'équité fiscale entre commerce et e-commerce. S'exprimant au Siec face à des professionnels du commerce physique, Jacques Ehrmann se montre encore plus direct. 

« L'e-commerce est une menace, c'est un secteur extrêmement subventionné », dénonce le responsable. « C'est bien simple : ils ne payent aucune taxe, là où nous en payons 90 taxes différentes, soit 47 milliards milliards d'euros de taxes, impôts et autres contributions. Il n'est pas question de s'opposer à la concurrence. Elle fait partie du jeu, c'est normal. Mais cette concurrence doit être loyale. Quand un secteur ne paie aucune taxe, qu'il pollue avec ses livreurs et emballages, et qu'on ne lui dit rien, qu'il détruit de l'emploi, mais qu'on le trouve formidable, il y a un problème. Ce n'est plus de la concurrence, c'est une anomalie. Qui est au passage révélatrice de l'obsolescence et la lenteur de notre système législatif. Il faut changer les lois, mais, en attendant, c'est la jungle », a estimé Jacques Ehrmann.

Le Siec se tient les 5 et 6 juin dans le hall 4 de la Porte de Versailles à Paris, réunissant 160 exposants, promoteurs, cabinets spécialisés, enseignes et prestataires.

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