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Publié le
21 juin 2019
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Les chaussettes prennent (aussi) le chemin d'une mode plus responsable

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21 juin 2019

Les chaussettes se mettent au vert. Chaque année, ce sont 300 millions de paires qui sont vendues dans l'Hexagone, soit neuf paires par Français, selon le salon parisien Mif Expo qui a réalisé une étude sur le sujet en octobre dernier. La plupart finiront au rebut une fois trouées ou séparées de leurs jumelles. Pour éviter ce grand gaspillage, les marques de chaussant adoptent de plus en plus souvent une démarche écoresponsable, tant dans la conception des produits que dans le choix des matières utilisées. C’est le cas de Kindy, qui lance en septembre 2019 une gamme de chaussettes nommée Green Socks.


Les chaussettes "Gris Sélectif" d'Archiduchesse - Archiduchesse


Le premier modèle qui sera introduit en magasin est tricoté à partir de fils recyclés issus de toile de jean. La teinture est réalisée dans une filature de Tourcoing, tandis que la fabrication de cette paire de chaussettes se fait dans l’usine Kindy de Moliens. Commercialisé dans les magasins Intermarché, ce modèle sera par la suite complété d’une paire en coton biologique et d’une autre biodégradable.

Rachetée en 2017 par deux entrepreneurs français, Thierry Carpentier et Salih Halissi, l’entreprise Kindy Project a effectué l’an passé un chiffre d’affaires de 14,5 millions d’euros. Sa marque Kindy est distribuée dans 1 181 points de vente en France, des grandes et moyennes surfaces telles que Carrefour, Leclerc, Auchan et Cora.

Archiduchesse, autre marque de chaussettes reprise elle aussi en 2017, cette fois par Camille Zamo, vient pour sa part de lancer deux modèles tricotés à partir de coton recyclé et de bouteilles en plastique. Nommés « Grisnelle de l’environnement » et « Gris sélectif », ils sont donc comme leurs noms l'indiquent... gris. Pour les confectionner, la griffe made in France s’est tournée vers les ateliers Broussaud Textiles, basés en Haute-Vienne. A chaque commande, un flyer ensemencé sera livré avec la paire.

Toujours dans cette logique de mode circulaire, Camille Zamo a eu l’idée, pour les fêtes de fin d’année, de créer une récolte de chaussettes orphelines. Remises par paire, elles sont ensuite données à des associations qui les distribuent aux personnes qui en ont besoin. A partir d’octobre, Archiduchesse, qui fête cette année ses dix ans, relancera la collecte de chaussettes pour leur donner une seconde vie.

Des chaussettes non teintes et donc moins polluantes

Recueillir les chaussettes orphelines, c’est que fait Marcia de Carvalho depuis déjà dix ans. Chaussettes Orphelines, c’est le nom que porte son projet, a vu le jour en marge du Grand Prix de la Création de la Ville de Paris en 2008. Cette créatrice d’origine brésilienne y a proposé une série de pièces imaginées en détournant des chaussettes.


Marcia de Carvalho redonne vie aux chaussettes à travers une multitude de pièces - Chaussettes Orphelines


L’initiative séduit et Marcia de Carvalho monte sa structure où elle reçoit des centaines de chaussettes esseulées. Styliste de maille, elle décide de plancher sur un procédé pour transformer ces pièces en fil. Quatre ans de recherche plus tard, mission accomplie. Elle peut désormais tricoter des chaussettes à partir de chaussettes recyclées, mais aussi des vêtements, des sacs ou encore des housses d’ordinateur, tous fabriqués en France et vendus dans la boutique Chaussettes Orphelines du XVIIIème arrondissement, sur son site Internet et au sein de boutiques multimarques spécialisées en mode responsable. Elle a aussi été présente en septembre dernier au sein de la sélection des Galeries Lafayette Go For Good.

A travers sa structure reconnue d’économie sociale et solidaire (ESS), Marcia de Carvalho a déjà récolté sept tonnes de chaussettes. A 20 grammes la chaussette, cela porte la récolte à 350 000 unités. Le volet associatif de Chaussettes Orphelines organise des ateliers créatifs à l’intention des enfants et des femmes en hébergement d’urgence, contribue à l’insertion socio-professionnelle en employant des personnes en difficulté pour trier les chaussettes par couleur par exemple (ce qui évite les procédés de teinture).

Une dizaine de personnes travaillent pour la structure qui a organisé en février son troisième défilé annuel. Pour l’occasion, étaient présentées à l’Hôtel de Ville les pièces conçues par les différents participants aux ateliers. Elles étaient ensuite offertes à des associations en quête de vêtements chauds. « Il y a plusieurs objectifs avec ce défilé, dont celui de sensibiliser le plus grand monde. Le recyclage en mode, c’est une tendance forte du moment, et tant mieux, parce qu’il y a vraiment urgence. Grâce à Chaussettes Orphelines, nous prouvons qu’il est possible de faire du beau et de l’utile avec de l’inutile », conclut Marcia de Carvalho.

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