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Les créateurs milanais retombent en enfance

Publié le
21 févr. 2020
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3 minutes
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Une brise joyeuse, et parfois énigmatique, avec un soupçon de féerie a soufflé vendredi sur les podiums milanais. Robes puzzle recomposées à partir de mille morceaux, détails agrandis comme sous une loupe, mini robes de poupées… Alice au pays des merveilles a inspiré plus d’un styliste, notamment Francesco Risso chez Marni et Marco de Vincenzo, qui ont replongé avec délice dans le monde de l'enfance.


Marco de Vicenzo, automne-hiver 2020/21 - © PixelFormula


Marco de Vincenzo est parti d’une idée simple, comme un jeu. Prendre quelques détails du vestiaire - tels un talon aiguille, les losanges d’un petit tricot, etc.-, les placer sous une loupe grossissante et les reproduire tels quels.
 
Les vestes sont affublées de poches géantes embrassant la taille jusque dans le dos faute de place suffisante devant. Les pointes du col d’un chemisier en soie dégoulinent sur les épaules et la poitrine. Le polo se transforme en robe tricot avec ses motifs à losange démesurés et ses gros boutons. Le classique porte-feuille se métamorphose en petit sac, à porter à la ceinture, et la broche en une sculpture exagérée.

Le créateur insuffle au tout de nouvelles proportions plus arrondies et ultra-courtes, comme si la femme se retrouvait soudain engoncée dans une robe de petite fille. L’effet est particulièrement réussi dans des micro-robes en cuir drapées.
 
"Cette manière de procéder à différentes échelles et proportions me permet d’apporter un nouveau point de vue. J’ai voulu introduire aussi un côté plus enfantin et ludique, jouer avec la mode, ce qui nous arrive de moins en moins, le créateur ayant les yeux rivé sur le marché", nous confie Marco de Vincenzo en coulisse.
 
Les vestes et les manteaux prennent du volume et se froncent dans le bas. Les manches aussi. Les blousons et capes aux couleurs de l’arc-en-ciel se gonflent comme des parachutes. Pour le final, Marco de Vincenzo plonge la salle dans l’obscurité, illuminée par les mille points lumineux projetés par une boule à facettes, tels des flocons, enfermant le public dans une gigantesque boule de neige.
 
Le directeur artistique de Marni, Francesco Risso fait référence aussi à Alice. Mais il s’agit d’une Alice un peu insolite, provenant d’une planète inconnue ou d’un rêve spatio-temporel. Le visage et le bout des mains saupoudrés de poussière d’or, les cheveux comme figés dans leur mouvement, cette Alice lunaire sort d’une Yourte métallique futuriste pour traverser le tunnel ouaté du sommeil sur un drap blanc bordé de matelas, où le public tente de garder l'équilibre..
 

Marni au pays des merveilles pour l'hiver prochain - DR


Comme dans un voyage infini, d’un monde primitif à un futur inconnu, la femme Marni décompose et recompose sans cesse ses vêtements à partir des mille et un bouts de tissus et matériaux recueillis dans la nuit des temps pour aboutir à une époustouflante série de tenues-mosaïques uniques.
 
Les morceaux de toutes les tailles et matières, en particulier les velours et les cuirs, lisses, en daim, brillants, mates, vernis ou encore cirés, s’imbriquent avec minutie les uns dans les autres pour composer des mini robes Arlequin ou de longs manteaux dans des teintes chaudes automnales, ou plus sombres et cuivrées virant au bronze.
 
Un cardigan moelleux est fabriqué à partir de différents pull-overs. Certains ensembles prennent des allures de marqueterie. Ailleurs, des pans de longs tissus s’insèrent dans une robe comme taillée dans la doublure d’un vêtement. Des manteaux sont coupés directement dans d’antiques tapisseries vénitiennes aux bords effilochés.
 
Le designer, qui signe l'une de ses plus belles collections pour Marni, vient saluer le public avec un gros masque de lapin. Dernier clin d’œil avant de s'éclipser en courant.
 
 

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