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23 déc. 2021
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Les enseignes s’alarment d’une nouvelle hausse des loyers

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23 déc. 2021

Aussitôt après qu’elle a été publiée par l’INSEE, l’évolution trimestrielle de l’Indice des loyers commerciaux (ILC) a fortement fait réagir deux fédérations réunissant des enseignes, l’Alliance du Commerce et Procos. Dans un communiqué commun, elles dénoncent "l’explosion" de cet indicateur qui affiche une augmentation de 3,46% pour le troisième trimestre 2021. Soit la plus forte hausse enregistrée depuis 2008, alors qu’un bond de 2,6% avait déjà été publié pour le deuxième trimestre.


Le Forum des Halles à Paris - Shutterstock


Cette augmentation, qui sera systématiquement répercutée par les bailleurs sur les loyers de l’an prochain, est selon elles "déconnectée de la réalité de l’activité des points de vente physiques", alors que ces derniers ont vu "leur fréquentation et leur chiffre d’affaires chuter depuis près de deux ans".

Procos et l’Alliance du Commerce, de concert avec d’autres associations, avaient d’ailleurs demandé un gel de l’ILC pour l’année 2022, en préambule des Assises du Commerce qui se sont tenues au début du mois.

Les fédérations précisent que le loyer constitue "le deuxième poste de coûts après les frais de personnel sur le compte d’exploitation du commerce. Incluant les charges locatives, ce poste représente jusqu’à 18% du chiffre d’affaires d’un point de vente".
 
Apostrophant les propriétaires bailleurs et l’Etat, elles demandent que soit trouvée une solution en urgence pour que les commerçants n’aient pas à supporter cette hausse qui fragiliserait encore leur activité. "Faute de pouvoir maitriser leurs charges d’exploitation, le risque d’ajustement portera alors sur l’emploi et la fermeture des magasins", préviennent les Procos et l’Alliance du Commerce, qui réclament toujours la révision de ce mécanisme d’indexation.
 
Institué il y a treize ans, rappelons que l’ILC est calculé en fonction de l’évolution des prix à la consommation (pour 50%), des prix de la construction neuve (25%) et de l’indice lié à l’évolution des chiffres d’affaires du commerce de détail (25%).
 
Sur LinkedIn, le président de la fédération Allure Eric Mertz, qui rassemble des commerçants de mode indépendants, décrit une "situation économique mortifère". Selon lui, "de très nombreux artisans, commerçants et entrepreneurs indépendants de l’habillement textile sont menacés par la croissance inflationniste des charges d’exploitation, combinée à l’augmentation de leur dette et à la constante diminution de leur chiffre d’affaires". D’autant que la pandémie connaît une reprise dont on ne mesure pas encore l’impact sur l’activité commerciale.

Le sujet des loyers n'est pas le seul défi auquel feront face les enseignes l'an prochain. Celui des ressources humaines les préoccupent déjà. Entre les difficultés de recrutement, de fidélisation, et tensions sur les bas salaires, le secteur de la distribution est actuellement chahuté: les conditions d'emploi sont remises en question par des employés et organisations syndicales.

Des grèves ont eu lieu chez Decathlon et Sephora, et sont toujours en cours chez Auchan et Carrefour notamment. Des négociations se poursuivent dans les différentes branches.

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