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6 avr. 2020
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Les enseignes veulent des soldes rallongés et au plus tard le 1er juillet

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6 avr. 2020

L'Alliance du Commerce (grands magasins, enseignes d'habillement et chaussures) consultait la semaine passée ses adhérents à propos de leurs attentes concernant les soldes. Face à la complexe situation actuelle, celle-ci réclame que les soldes débutent au plus tard le premier juillet, et qu'ils se tiennent sur six semaines au lieu de quatre, en réclamant au passage un assouplissement de la loi qui les encadre.


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Ce choix permettrait, selon les enseignes, d'assurer l'écoulement des stocks de la collection printemps-été 2020. Des stocks "exceptionnellement élevés" du fait de la fermeture des commerces depuis le 15 mars dernier. Le produit des ventes permettrait alors de dégager de la trésorerie pour procéder aux achats des prochaines collections, souligne par ailleurs l'Alliance, pour qui ces dates permettraient aussi d'éviter les rabais sur la période de préparation de la rentrée des classes, qui débute habituellement mi-août. Enfin, pour l'instance représentative, ces soldes pourraient relancer la consommation en tenant compte d'un pouvoir d'achat pénalisé par cette crise.

L'Alliance souhaite également que soit exceptionnellement assouplie la réglementation des soldes. Celle-ci prévoit que seuls peuvent être soldés les produits déjà proposés à la vente et payés aux fournisseurs depuis au moins un mois avant le lancement des soldes. Des règles dont le non-respect peut donner lieu à des amendes de 15 000 euros.

"Il est urgent d'en assouplir la réglementation pour l'adapter à la situation exceptionnelle que nous traversons", insiste le directeur général de l'Alliance, Yohann Petiot, dont le communiqué explique : "En raison du niveau exceptionnel des stocks et de la reprise d'activité qui s'annonce d'ores et déjà très progressive, les acteurs ne seront pas en mesure de respecter systématiquement cette règle cette année. De même, de nombreux commerces devaient être inaugurés dans le courant des mois de mars, avril ou mai. Ces ouvertures ont dû être reportées en raison de la crise du Covid-19, ne permettant pas à ces commerces de respecter la règle des 30 jours."
 

 Un gros décalage avec les indépendants



Dès la seconde semaine de confinement, le débat sur les soldes s'est initié entre professionnels du commerce, et en particulier dans l'habillement. Avec notamment des discussions entre représentants de fédérations afin d'identifier les besoins communs vis-à-vis d'une période de rabais, amenée à être plus salvatrice que de coutume.
 
Du côté de la Fédération Nationale de l'Habillement (FNH), les préconisations sont très éloignées de celles de l'Alliance : l'instance représentative des indépendants penchait ainsi initialement pour des soldes se lançant "au plus tôt" le 15 juillet, et conservant leur durée prévue de quatre semaines. "Mais cela c'était en partant du postulat que l'on pouvait avoir une reprise au 15 mai, explique Eric Mertz, président de l'organisation. Mais avec une reprise qui s'annonce en juin, avoir des soldes du 24 juin ou le 1er juillet ne nous permettra pas de travailler. Si on reporte au 19 août on aura deux à trois mois pour écouler la collection d'été. D'autant que concrètement si on a les soldes début juillet. Que va-t-on mettre en magasin en août sachant qu'avec les délais de production, la prochaine collection n'arrivera pas avant septembre-octobre?" Avant même les soldes, le président de la FNH souhaiterait encadrer la reprise d'activité en interdisant toute communication sur des rabais. Si rabais il devait y avoir avant soldes, seul le prix final de vente serait de fait indiqué.


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" Le risque absolu pour la reprise serait une guerre des prix" nous explique-t-il (relire notre interview). "Nous savons tous qu'on ne peut légiférer sur les prix, en raison de l'ordonnance de 1986. Mais je propose une alternative (…) Je pense que cela pourrait être une solution, pour autant que cette possibilité fasse consensus chez tous les acteurs du commerce."
 
Reste qu'il reviendra au ministre de l'Économie Bruno Le Maire de trancher sur la question des soldes. Un ministre qui, selon nos informations, avait déjà été "échaudé" par la teneur du difficile débat ayant encadré le retour de la durée des soldes à quatre semaines, contre six précédemment. Une réunion rassemblant les acteurs concernés a été réclamée par plusieurs fédérations à la secrétaire d'État Agnès Pannier-Runacher.

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