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Publié le
7 févr. 2007
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Les exposants des salons de la mode à Paris se confessent (Part.II)

Publié le
7 févr. 2007

Les exposants des salons de la mode parisiens ont encore la parole. Les marques présentes sur Prêt-à-Porter Paris, le salon de la lingerie et Interfilière, le Midec et Kid's Fashion témoignent toujours avec sincérité et parfois avec virulence de leur expérience d'exposants au coeur du parc des expositions de la Porte de Versailles.



Prêt-à-Porter Paris


HALL 7.1

Situé sur Be Twin, Terre et Mer se dit satisfait car même si « les visiteurs n’étaient pas nombreux », la marque a rencontré « de nouveaux clients ». « Les Français ont répondu présents ». La griffe italienne Cheby se réjouit : « C’est un salon où il faut être. » Rudolf Lauton, PDG de Gabi Lauton regrette une « baisse de la fréquentation » même si « globalement (il est) assez content du monde qui est venu pour regarder, pour acheter, pour prendre des rendez-vous ». « Le salon doit faire quelque chose pour se dynamiser », souligne-t-il. « Cette session n'était pas extraordinaire mais on reviendra. Nous nous devons d'être présents ».

Pour Etincelle, « le salon n’est pas ce qu’il était il y a quelques années. Dans d'autres pays, les salons sont mieux organisés. Ici, c'est plus compliqué de se repérer et c'est très cher. Cela dit, c'est un salon qui reste incontournable. De nouveaux salons émergent mais Paris reste la capitale de la mode. On vient ici pour notre image de marque ». Certains, plus virulents, soulignent que « les clients ne sont pas contents de la guerre commerciale entre Who’s Next et le Prêt-à-Porter Paris ». D’autres vont même jusqu’à dire que « l'accueil n'est pas à la hauteur du prestige qu'est censé avoir un salon à Paris ».

Du côté de Casabo, le constat se révèle mitigé. Certains saluent le caractère international du salon : « Nous avons vu beaucoup d’étrangers venus du Koweït, des pays arabes, de Dubaï et même quelques Mexicains ». La marque italienne Rose à Pois se montre ravie de la diversité de l’offre, de l’organisation et du visitorat : « On a vu beaucoup de monde, ils achètent, ils regardent. Nous avons même eu de nouveaux clients ». « C’est le salon où il faut être, avec White à Milan et Bread&Butter à Barcelone ». Bilan opposé pour Yobordo : « Les premiers jours, on aurait pu ne pas venir, cela n’aurait rien changé. En quatre jours : zéro commande ! ».

Sur Atmosphère, Antik Batik « se pose beaucoup de questions ». « C'est très calme, trop calme. Les allées sont vides » et « le visitorat n'est pas très international, c’est très franco-français », déplore-t-on sur le stand. « Nous espérons que c’est juste une relâche », souligne Repetto qui juge le salon « excellentissime » car même si « la fréquentation est en baisse par rapport aux autres sessions », la marque « ne remet aucunement en cause (s)a qualité ». « Nous avons vu beaucoup de Français alors que d’ordinaire 75 % du visitorat vient de l’export, cette fois-ci, c’est inversé », ajoute un représentant de la marque.

« Parmi ceux qui sont venus sur le stand, la moitié étaient là pour acheter, les autres, pour regarder », affirme la griffe anglaise Jodé qui « préfère la session des Tuileries », plus intimiste. Du côté de Lie Sang Bong, les visiteurs sont venus du Moyen-Orient, de la Russie, d’Espagne et de Hollande. « Les Français ont répondu à l'appel également. Et ils ont tous passé commande », se réjouit-on. « C’est un lieu de rencontre, de découverte, c’est un salon où il faut être. Un salon qui nous permet d'avoir de nouveaux clients, de montrer notre collection », souligne la marque.



HALL 7.2

Sur Le Studio, Pauline Wickens de Yaccomaricard remarque sur son stand « un visitorat surtout international mais pas tant de Français que ça. » Elle juge le Prêt-à-Porter Paris comme « un salon incontournable qui permet de rentrer en contact avec les acheteurs européens et internationaux » mais moins efficace que les salons londoniens. Des visiteurs plutôt étrangers aussi chez Damo comme chez Blue Tile qui « ne rentre pas dans (s)es frais ». Philippe Vallereuil de la marque éponyme remarque au contraire une fréquentation majoritairement française. Mais « qui vient plus par curiosité », selon Damo. Un constat confirmé chez Chronos Art pour qui « une petite partie (des visiteurs) vient pour passer des commandes, le reste vient par curiosité, pour se renseigner sur les prix, les conditions, découvrir la marque. »

On déplore quasi unanimement le manque de visiteurs. Pensant que « les exposants devraient être regroupés par nationalité dans cet espace (Le Studio, ndlr) trop mixte », Alessandro Baiocchi de Miria Bassoli Couture trouve qu’« il n’y a pas beaucoup de monde en considérant la taille du salon » bien que les acheteurs soient au rendez-vous sur son stand. « Les gens qui viennent nous voir sont déjà des clients », ajoute Philippe Vallereuil avant de renchérir : « Revendeurs et négociants sont mieux placés que les fabricants comme nous. Les 100 % "made in China" aussi sont mis en avant à notre détriment. Ce n’est pas en faisant ça que la fabrication française, qui n’existe déjà pratiquement plus, va être sauvée » sur « un salon de moins en moins incontournable » aux yeux de certains.

Sur L’Expression, « c’est un bon forum pour que les gens de la mode se rencontrent : toutes les étapes sont réunies, des créateurs aux fabricants, en passant par les mannequins » pour Karine Shalaby de la marque Marie Louis qui a vu « moins de visiteurs que ce qu’on attendait ». Une fréquentation jugée « moyenne » chez Miss Aventures qui a eu affaire à « beaucoup d’anciens clients, mais aussi des nouveaux contacts ». Sur le stand, on trouve « dommage que les jours du salon aient changé : pas facile pour les commerçants de se déplacer. C’était mieux du vendredi au lundi. ». Mais « on se doit de faire le salon en tant que marque française », selon Manoukian.

Sur le stand d’Evalinka, marque française qui participe à Adresse Première depuis le début de sa création le bilan est lumineux. « Ce salon est un baromètre, les visiteurs viennent se rassurer, voir qui est là, ce qui marche ou pas » explique Julie Minassian, directrice générale de la griffe. « Nous avons 700 points de ventes en France et c’est le seul moment nous pouvons rencontrer nos clients ».

D’autres se font plus virulents et déclarent ne voir que leurs propres clients, ce qui d’après eux ne semble pas justifier le prix du stand. « Les stands sont de plus en plus cher alors que le service de moins en moins bien », dénonce une créatrice hong-kongaise. « Le Prêt-à-Porter Paris n’a pas compris que le monde devient une seule et même identité, c’est l’heure de la globalisation et la France vit toujours au Moyen-Age » renchérit-elle.

« La non satisfaction fait partie de l’air du temps » se rassure la marque française de manteaux Good Look. « Tous les salons ont une baisse de fréquence. Il y a de plus en plus de concurrence et de plus en plus de salons » expliquent les responsables. Le salon « ne correspond pas à cette nouvelle ère de réactivite. Il devrait créer un espace dedié au court terme, où l'on pourrait prendre des commandes et livrer les clients le lendemain » propose ces experts du textile qui pratiquent les salons depuis plus de dix ans.

Ces témoignages sont renforcés par quelques exposants aux critiques incisives. C’est un certain favoritisme que dénoncent d’aucuns. La politique de placement du salon leur semble incompréhensible d’autant plus que la direction parle de « tirage au sort »… Alors que de nombreux exposants se retrouvent toujours avec le même emplacement central et que d’autres sont toujours très excentrés.

Du côté de Move, un exposant regrette le nombre trop réduit de toilettes et manque de cohérence sur l’agencement des marques qui devraient être, toujours selon lui, regroupées par catégorie de produits et de cibles. « Les commandes se font plus sur les showrooms que sur les salons » affirme-t-il. Rosa Rose Frere 2 constate que « beaucoup de commandes sont passées » et même si les avis sont souvent moins positifs, Deby Debo dont « les prises de commande restent très médiocres » considère sa présence sur le salon comme incontournable car il est « la plaque tournante de la mode avec Milan et Barcelone ».




HALL 7.3

Sur The Box, les allées se sont pas assez encombrées aux yeux des exposants. « Peu d’acheteurs », tel est le propos de Katherine Pradeau qui ne s’imagine toutefois pas ailleurs. Mais cette « vitrine » qu’elle considère comme « indispensable, se trouve trop loin d’Atmosphère » à son goût, deux espaces jugés transversaux par les marques. De par une mise en scène chic et sobre, cet écrin paré de noir séduit. Le directeur commercial de Gaspard Yurkievich le trouve « très reposant… Comme si les marques avaient été chinées par l’organisatrice ». Bien que la scénographie soit soignée au sein de l’espace, il est dommage selon certains que la signalétique hors de The Box – que ce soit au troisième étage du hall 7 comme dans l’ensemble du salon – n’annonce pas suffisamment ce lieu sélectif entièrement consacré à l’accessoire. « Les gens s’égarent » affirme-t-on chez 5 Octobre. « Des clients ne nous trouvent pas » clame-t-on un peu plus loin.

« Pas de pic d’affluence », « une affluence lisse », « calme », « peu de monde »… Sur Shibuya, les visiteurs n’ont pas été au rendez-vous. Bien que « l’espace soit agréable », « on est déçu par rapport à l’international » selon Kanabeach qui ajoute avoir vu « beaucoup d’étudiants » tout comme l’affirment à l’unisson les exposants de Shibuya qui apprécient ses couleurs flamboyantes mais regrettent une offre encore un peu floue. Un espace qui ne porterait pas très bien son nom selon certains d’entre eux… Pour Stereo Panda, « c’est la perception française du quartier de Tokyo ». Remarque que confirme Mogra : « Plus proche de Harajuku, (l’espace) n’a rien à voir avec le vrai Shibuya ! ». Plus sérieusement, le salon n’est « pas incontournable mais intéressant pour la recherche de notoriété » des marques, pour Kanabeach. « C’est bien d’y être vu. C’est une présence promotion » souligne-t-on chez Stereo Panda. Un mot récurrent chez bien des exposants qui aiment la mise en scène du lieu ; un lieu qui pourrait encore plus susciter l’envie des visiteurs si l’on réfléchit aux interfaces du monde de la mode. Concerts, musique, sports devraient être au programme.




Sur So Shop, une prise de contact intéressante donne le sourire aux exposants même si les commandes ne sont pas au rendez-vous. Chez Interplast, fabricant de sacs des grandes marques, on expose uniquement pour le « prestige » car le chiffre fait sur les salons est proche de zéro. Leur impression semble faire écho à celle de Stockman, le premier fabricant du buste mondial. « Nous sommes là plus pour une question d’image que de chiffre » expliquent les responsables des ventes. Ce salon reste le plus important pour nombre d’exposants, même si le prix du stand demeure très onéreux…

Un investissement qui se fait parfois au détriment d’autres salons. « Une vitrine certes, mais 50 % des visiteurs ne parlent pas anglais » déplore la société hong kongaise Beverly Coat Hanger. Lorsqu’on leur demande pourquoi ils exposent sur ce salon, ils répondent : « Nos produits prennent du temps à être fabriqués. Les Français font partie des seuls qui sont prêts à attendre pour avoir un produit de qualité » . Mais le bilan reste négatif d’après Eugène Yang, le co-manager : « Nous ne parlons pas français. Les gens qui ne parlent pas anglais partent de notre stand ». Outre cet obstacle de nationalité, le principal problème de cet espace : les noms des exposants illisibles gravés sur des plaques en fer perforé. Nombre sont ceux qui s’en sont plaints.

Présent pour la première fois sur le salon, Poulpiche considère le Prêt-à-Porter Paris comme le rendez-vous des professionnels et se réjouit de voir un si grand nombre de marques de mode éthique sur So Ethic : « Nous sommes soixante-dix créateurs et il y a une belle diversité des marques engagées ». « Nous venons dans le but de multiplier les contacts » affirme une styliste qui s’attendait malgré tout « à quelque chose de plus conséquent. Il y a eu beaucoup d’étudiants mais peu d’acheteurs, c’est plus un lieu de découverte ici ». Chez Zaza Factory, on déplore la frilosité des visiteurs venus « trop peu nombreux », qui se « promènent » et « regardent seulement ». « La concurrence est rude, le marché se durcit. Il va falloir être encore plus compétitif, encore plus créatif », ajoute la créatrice.

Sur le stand de Tudoboom, un représentant de la marque souligne l’importance de participer au salon même si « c’est assez calme cette année ». « Nous avons eu de bons contacts, rencontré des nouveaux clients intéressants et l’ambiance est bonne », ajoute-t-il. Avis partagé par Les fées de Bengale qui se réjouit du côté « intimiste » de l’espace So Ethic et de sa « dimension humaine ». « On a vu 20 % d’étrangers et quelques contacts prometteurs même si beaucoup sont là pour regarder, pour s’informer… Rien de vraiment concret, mais en terme de visibilité, c’est important d’être là », nous dit-on.

Sur le stand de Teresa Cambi à So Chic, jeune arrivée dans le monde du textile, les impressions sont à la déception. « J’ai créé ma marque il y a un an et j’expose pour la première fois, je ne reviendrais probablement pas, ce salon coûte très cher ». Des problèmes d’organisation semblent avoir considérablement contrarié la créatrice italienne sans compter le fait qu'elle n'a enregistré aucune commande. « Nous n’avons fait que des commandes prémices, des commandes d’échantillons seulement » commentent avec regret les responsables de la marque Angeli venue de Thaïlande. Il s’agirait donc pour eux de revenir l’année prochaine, mais cette fois, sur Who’s Next. Quelques témoignages positifs émergent. « Ce salon est incontournable pour se faire connaître et pour rencontrer de nouveaux clients » note le stand Aufely qui semble avoir reçu un excellent accueil de la part des visiteurs. Des impressions souvent opposées qui varient en fonction de l'emplacement du stand.

Sur So World, So Much et So Good, les exposants déplorent tous le manque d’affluence. Linda Sun chez Quigdao Lin-Fan Fashion regrette d’être située « au fond du salon où personne ne voit (le stand) » mais considère le salon comme « indispensable pour rencontrer de nouveaux clients ». Même constat du côté de la marque Mora Mora : « Le salon est moins fréquenté que d’habitude ». La décéption semble être au rendez-vous pour nombre d'exposants qui posent la question de revoir les dates du salon. Mais l'insatisfaction générale ne change rien au fait que ce salon reste aux yeux de la plupart « LE salon incontournable ».



Le salon de la lingerie


Les impressions sont plutôt mitigées et la majorité s’accorde à dire que les prises de contact sont plus nombreuses que les prises de commande. Mais sur le stand de la jeune marque Les Garçons, qui expose pour la première fois, le bilan du salon est plus que positif. « Nous avons rencontré de nombreux visiteurs qui ont tous extrêmement bien accueilli la marque » expliquent les deux créateurs de la griffe, Grégory et Louis.



La baisse de fréquentation des salons que certains dénoncent ne semble pas avoir inquiété ses jeunes stylistes qui ont pris nombre de commandes. « Ce salon reste une vitrine générale qui donne un bon aperçu des marques qui marchent et de celles qui ne marchent pas. Une vitrine incontournable du monde de la mode » renchérit Grégory.

Les exposants de marque masculine ne sont pas tous de cet avis. La disposition des stands ne paraît pas très efficace : « les marques d’homme sont trop concentrées et se trouvent trop éloignées de l’axe névralgique du salon », note le stand Hom.

Du côté des marques féminines, quelques-uns se réjouissent du nombre croissant d’acheteurs. Bartlomiej Neroj, chargé de l'export pour la marque polonaise Eldar, partage le même enthousiasme concernant la qualité du visitorat : "Nous avons vu nos anciens clients et rencontré de nouveaux. C'est un bon lieu de rendez-vous. Nous sommes très satisfaits". "Le seul problème est que nous n'avons vu aucun Allemand car c'est le premier jour de salon à Düsseldorf", modère-t-il. "Nous venons depuis dix ans et pour nous le salon de la lingerie est incontournable. L'ambiance est très professionnelle », se réjouit Marc Janssen, responsable export des marques Rebelle et Pastunette. Quant à DKNY, elle a reçu des clients venus de partout, des clients qui ont acheté mais se dit déçue de l'organisation : " Nous sommes des habitués des salons et c’est bien trop cher pour la qualité de service que nous recevons !".



« Là où nous marchons le moins bien, c’est dans notre propre pays » déplore Emilie Cabaussel, une des créatrices de la marque Les Trousseaux de Margaud. Les Français semblent trop frileux aux yeux des petits créateurs. « On ne valorise pas les jeunes créateurs de par l’emplacement des stands, alors que les grosses marques sont mises en avant » regrette-t-elle. Elle propose l’organisation « de défilés ainsi qu’un forum uniquement (dédiés aux) jeunes créateurs […] au milieu de ce gigantesque espace ». Spécialisée dans les grandes tailles, la marque grecque Helen, semble du même avis : « Le salon est de plus en plus difficile pour tout le monde car il y a de plus en plus d’exposants » affirme Yannis Ioanniois, le fils du président. Les ventes qui d’après eux se font trop rares, les amènent à la conclusion suivante : « le salon sera mort dans cinq ans ».

Un salon qui reste néanmoins incontournable pour nombre d’exposants. « Cet événement est aussi rentable en terme d’image qu’en terme de chiffre » entend-on sur le stand Eminence (qui regroupe les marques de lingerie Kenzo, Lacroix, Cacharel, Galliano et Eminence). Le seul véritable problème d’après eux ? Le prix du stand au mètre carré, qui demeure la préoccupation des grands comme des petits. Le salon a déjà perdu de gros clients comme Eres, qui préfèrent avoir leur propre showroom, ce qui coûte beaucoup moins cher et rapporte autant pour les marques à forte notoriété, expliquent certains. « On peut en effet se poser la question de savoir si on doit rester ou non » avouent-ils.




Mais pour ceux qui se lancent comme la griffe Caprice, « ce salon donne accès à des contacts qu’on ne peut avoir nulle part ailleurs ». Le président reste agréablement surpris du nombre de visiteurs sur le salon même si les centrales d’achats n’ont pas vraiment été présentes. « Nous avons pris de nombreux contacts avec la grande distribution étrangère mais les centrales d’achats françaises ne sont pas venues » note cet entrepreneur.


Interfilière


C’est une clientèle très internationale que l’on retrouve sur Interfilière, ce qui fait le bonheur des exposants. Les impressions sont plus que positives : « Ce salon représente un investissement incontournable. [...] C’est une vitrine exceptionnelle qui permet des échanges internationaux très intéressants », explique Thomas Meyer, président de Bischoff, qui participe au salon depuis ses débuts. Le ressenti semble être le même chez Riedel Textil. « Paris est une ville pleine de charme, c’est la capitale de la mode » affirme le PDG. « Cette session est beaucoup plus attractive qu’à Lyon où les stands sont beaucoup plus petits et moins pratiques », ajoute-t-il.

Le problème majeur qui semble revenir dans toutes les bouches ? Les dates du salon : celui-ci a lieu trop tard. Bischoff qui a également participé au salon de Cannes déclare que les dates sont parfaites mais « ce salon est trop petit, il a beaucoup moins de visibilité qu’à Paris ». « La session de Lyon devrait aussi être décalée, elle arrive trop tard », explique un autre exposant.

Pas grande différence d’opinion entre les gros industriels et les petites structures : sur le stand de Mei Chuan, société taïwanaise, on récolte les propos suivants : « Ce salon est incontournable car on y rencontre l’Europe entière ».

Quelques nouveaux arrivants sur le salon semblent un peu plus sceptiques que les habitués. Sur le stand de Pirola-Passamanerie, on peut entendre que les visiteurs ont été nombreux mais pas les acheteurs ! « C’est la première fois pour nous. […] Cette première tentative n’est pas vraiment une réussite car il ne s’agit que d’une prise de contact... Même si les produits sont de qualité, la concurrence est trop accrue », regrette le responsable des ventes qui déplore le manque d’achat direct de la part des visiteurs. « Le textile va mal et on le ressent sur les salons. Les produits fabriqués en Extreme-Orient posent un réel problème. Difficile de concurrencer », finissent-ils par avouer.


MIDEC


Le salon est jugé « globalement très calme » selon la marque Noël qui déplore une « baisse de la fréquentation ». « On descend de quelques marches à chaque saison et sincèrement je me demande quelle est la profondeur de l’escalier ». Le constat est le même pour d’autres exposants : « L’ambiance est morose, tout le monde se plaint ». « On dépense beaucoup d’énergie et beaucoup d’argent pour pas grand chose ». « Où sont passés les leaders ? », se demandent certains. « Si le Midec ne se repositionne pas rapidement, il va disparaître ! », s’inquiètent d’autres qui soulignent le succès grandissant des salons régionaux. Sur le stand de Rocket Dog, le déception se fait sentir : « Beaucoup de clients ne se déplacent plus, on ne rencontre qu’une petite partie et non plus l’ensemble de la profession ».

Nettement plus positif, Joaquim A.F. Carvalho pour Eject Shoes ne manque jamais une édition du salon : « Je trouve de nouveaux clients à chaque fois ». « Nous sommes très contents, nous avons passé des commandes et les clients ont très bien accueilli notre collection ». Enthousiasme partagé par Raxmax : « Tous nos clients sont enchantés et nous avons rencontré de nouveaux acheteurs venus de partout : Russie, Japon, Espagne, Italie ».


Kid's Fashion


Comme sur les autres salons, les exposants du Kid’s Fashion se plaignent du peu de visiteurs. Mais offrent des explications à ce calme ambiant : « C’est en raison de l’absence des deux grands groupes français de la mode enfantine », selon Hervé Pujos de Petit Quinze qui est loin d’être le seul à l’affirmer. A l’absence de certains exposants, s’ajoute le manque de promotion faite en amont sur le salon : « parmi la centaine de clients que nous avons invités, 50 % ne savaient même pas qu’il y a un salon pour l’enfant à Paris. Le salon est complètement étouffé. […] Des étrangers viennent du monde entier pour le prêt-à-porter, les chaussures, les bijoux,... Mais personne ne vient pour l’enfant car il ne connaissent même pas l’existence du salon », déclare Danielle Zweig, directrice commerciale France export de Jeudi Après-Midi. Elle ne trouve pas normal que « des promeneurs soient venus pour habiller leurs enfants ».

Et elle n’est pas la seule à souligner l’attitude plus flâneuse des visiteurs : « Les gens viennent plus pour regarder que pour acheter. Ils ne passent pas de commandes ici » affirme une marque restée anonyme. Autre souci : une signalétique quasi absente à l’extérieur du hall, ce qui rend trop discrète la présence du Kid’s Fashion sur l’ensemble du Parc des expositions. Pour Gwenaelle Vallat de Jojo la Frime « Kid’s Fashion n’est pas incontournable pour nous, mais il l’est incontestablement pour le secteur textile et les créateurs. » « En France, ce salon est une nécessité » dit Pierre D’Alessandro, directeur export de Clayeux. « Même si Paris n’est pas la capitale de la mode enfantine, les acheteurs viennent pour la notoriété de la ville », renchérit-on sur un autre stand.

Jugé agréable parce que « convivial et spacieux », Kid’s Fashion promeut surtout les jeunes marques créatives selon ses exposants qui sont nombreux à saluer l'organisation du salon. Mais ils déplorent la discrétion dans laquelle se déroule un salon doté d'un réel potentiel. « Le Kid’s Fashion est bien un salon incontournable, mais il ne va pas forcément le rester car d’autres salons voient le jour. » conclut l'un d'eux.

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