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Les "fils et filles de", enfants chéris de la mode

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AFP
Publié le
today 20 janv. 2017
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Les filles de Sylvester Stallone sur le podium de Dolce & Gabbana, Lily-Rose Depp égérie de Chanel, la fille de Jude Law nouveau visage de Burberry... La mode raffole des enfants de stars, leur image glamour et leur cohorte de fans sur les réseaux sociaux.

Willow Smith et son père, l'acteur Will Smith lors d'un défilé de haute couture à Paris le 5 juillet 2016 - © FRANCOIS GUILLOT AFP/Archives


Ces « millenials », nés dans les années 1990 et 2000, enfants de mannequins, acteurs ou chanteurs célèbres, sont devenus des habitués des Fashion Weeks et des campagnes publicitaires de marques de luxe ou grand public.

Une génération mise à l'honneur récemment lors du show Dolce & Gabbana à Milan baptisé « les princes » : au casting notamment, le fils de Jude Law, les filles de Sylvester Stallone, la fille de Lionel Richie, le petit-fils de Bob Dylan, le fils de Cindy Crawford.

Et mercredi, alors que débutaient les défilés masculins à Paris, la fille de Michael Jackson, Paris Jackson, participait sous la Tour Eiffel à une séance photo pour Harper's Bazaar. Karl Lagerfeld pose quant à lui en couverture du numéro décembre-janvier de l'édition française de Vogue en compagnie de Lily-Rose Depp, la fille de Vanessa Paradis et Johnny Depp, une égérie Chanel, tout comme Willow Smith, fille de l'acteur Will Smith.

La liste de ces enfants beaux et bien nés devenus mannequins est interminable : la fille du chanteur Noel Gallagher, le fils d'Isabelle Adjani et Daniel Day-Lewis, la fille de Nastassja Kinski et Quincy Jones, le fils de Pierce Brosnan, la fille de Sean Penn, celle d'Inès de la Fressange, les fils Beckham...

Cet engouement des marques pour eux repose sur « une fascination populaire pour les tribus et les familles : il suffit de voir par exemple les Kardashian », souligne Gachoucha Kretz, qui enseigne le marketing de la mode et du luxe à l'école de commerce HEC Paris. Et pour les marques, recourir à un nom déjà connu, devenu une « marque personnelle », est une valeur sûre, note-t-elle : « Il y a moins de travail de marketing ».

Nouvelle aristocratie

L'intérêt est aussi de capter un nouveau public. « Quand vous mettez en avant par exemple Vanessa Paradis et sa fille chez Chanel, l'une permet l'identification des quadras, tandis que la fille permet de recruter une génération un peu plus jeune », souligne l'experte.

D'autant que ces jeunes « influenceurs » sont généralement très actifs sur les réseaux sociaux : Brooklyn Beckham affiche, du haut de ses 17 ans, pas moins de neuf millions de « followers » sur Instagram.

« La presse people adore ces histoires de famille, cela assure une couverture médiatique », relève aussi la journaliste Aurore Gorius, co-auteur avec Anne-Noémie Dorion du livre Fils et filles de . Enquête sur la nouvelle aristocratie française, sorti en 2015.

Les auteurs, qui se sont intéressées à ces « dynasties » dans différents domaines (affaires, politique, cinéma, musique...) avec une « vision critique de ce phénomène de reproduction des élites, de société bloquée », ont été frappées par la « fascination » exercée par ces héritiers. « On les voit grandir sous l'oeil des médias, on a envie de savoir ce qu'ils deviennent », analyse-t-elle.

La spécialiste des tendances Cécile Poignant, enseignante à l'école de mode Parsons Paris, constate depuis quelques années une « starification de l'enfance ». Cela a commencé avec l'actrice Demi Moore posant nue enceinte en couverture de Vanity Fair en 1991, juge-t-elle. « Et pour pas mal de mannequins ou de célébrités, l'enfant est devenu un peu un accessoire de mode, un faire-valoir. »

L'omniprésence de ces héritiers ne va-t-elle toutefois pas finir par susciter une réaction de rejet ? « Ce modèle, basé non sur le mérite mais sur les racines familiales est excluant et peut être dissuasif », estime Marie Richaud, une étudiante à l'Institut français de la mode (IFM) âgée de 25 ans, qui suit toutefois sur Instagram les comptes de plusieurs enfants de stars. « Ces enfants qui ont l'air d'avoir eu toutes les fées penchées sur leur berceau font rêver et en même temps ils peuvent énerver », juge aussi Cécile Poignant. « Est-ce qu'il y a toujours du talent derrière ? On verra ceux qui s'inscriront dans la durée. »

Par Anne-Laure MONDESERT

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