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8 juin 2020
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Les Galeries Lafayette négocient un PGE à plus de 300 millions d'euros

Publié le
8 juin 2020

Fin avril, Nicolas Houzé, PDG du groupe Galeries Lafayette, expliquait que la facture de la crise du coronavirus se montait à un milliard d'euros pour le géant français. Le groupe, propriétaire des Galeries Lafayette, du BHV Marais mais aussi de Louis Pion ou de Mauboussin, a pu rouvrir la quasi intégralité de son réseau, et notamment, toute fin mai, son flagship du boulevard Haussmann à Paris.



Nicolas Houzé sur BFM Business le 8 juin - Capture d'écran


"Je pense que l’impact restera de l’ordre du milliard d’euros, peut-être même plus, a expliqué ce 8 juin Nicolas Houzé sur BFM Business. Ce qui est vrai c’est qu’il y aura eu ces deux mois d’inactivité qui vont peser très lourd dans nos comptes. Jusqu’à la fin de l’année et même au-delà c’est la clientèle internationale qui va nous manquer. Cela va peser lourd car sur le magasin du boulevard Haussmann, c’est plus de la moitié du chiffre d’affaires qui est fait avec les étrangers, on est à la confluence du commerce et du tourisme."

Car si tous les magasins ont rouvert et que le dirigeant convient que le groupe a réalisé de belles journées avec les fêtes des mères le week-end dernier, l'activité n'a semble-t-il pas retrouvé ses niveaux d'avant-crise. "On a la chance d'avoir une part de nos clients qui reviennent et consomment. Mais nous avons 20 % de temps d’ouverture en moins. (...) Nous sommes à 20 % de chômage partiel avec des magasins ouverts de 11h à 19h. (...). Le panier moyen augmente, le taux de transformation augmente. Par contre le trafic est en baisse de 20 % sur l’ensemble des journées."

Et certains magasins connaissent de plus grandes difficultés. Bien qu'il ait rouvert le 11 mai, le magasin des Champs Elysées, ouvert l'an dernier, peine à attirer les clients. "C'est très dur" concède le PDG sur BFM Business, qui relève que des acteurs comme Apple n'ont toujours pas rouvert sur l'avenue. "Et le chiffre d’affaire réalisé sur ce magasin est très difficile. On reste motivé, on est convaincu que les Galeries Lafayette ont une place sur les Champs Elysées". Il ne serait pas question d'une fermeture du magasin, inauguré l'an passé, cependant, le concept semble voué à évoluer. Déjà, selon nos informations, l'offre devrait sensiblement se modifier, Marianne Romestain, directrice de l'offre et des achats du groupe, ayant repris la main sur la sélection de l'adresse.


Galeries Lafayette Champs Elysées - FNW OG


Les difficultés du secteur de la distribution mode sont actuellement criantes avec des procédures collectives engagées dans de nombreuses grandes enseignes entrée et milieu de gamme, déjà affaiblies avant l'arrivée du Covid-19. Mais la longue période d'inactivité peut aussi fragiliser des acteurs positionnés sur le haut de gamme, comme les grands magasins. Et même un acteur comme le groupe Galeries Lafayette veut aujourd'hui avoir recours au Prêt Garanti par l'État.

Discussions avec Bercy et le pool bancaire



Un PGE qui n'est pas encore validé. "C’est un process compliqué. Nous sommes une entreprise familiale mais qui est de grosse taille et le PGE que l’on demande est de quelques centaines de millions d’euros... autour de 300 millions d’euros, explique Nicolas Houzé au micro d'Hedwige Chevrillon. Nous voyons avec notre pool bancaire.. On doit mener les discussions avec Bercy car nous faisons plus d’un milliard et demi de chiffre d’affaires, donc nous avons besoin de leur accord. Et puis avec les 4, 5 ou 6 banques du pool, ce sont les négociations sur les taux après la première année qui sont menées. C'est une question de jours pour l’obtenir."

Un autre enjeu majeur a été réglé par Bercy la semaine passée : la modification de la date des soldes. Et si Nicolas Houzé glisse qu'il aurait préféré conserver la date du 24 juin comme début de la période, il apprécie que celle-ci ait été décalée au 15 juillet. "C’est le moins pire, a-t-il expliqué. Certains petits commerçants voulaient des soldes fin août. (..). Pour nous le plus tôt est le mieux car ces deux mois et demi d’inactivité nous ont quasiment empêchés de faire tourner nos stocks. Nos stocks textiles sont des produits qui ont une durée de vie relativement courte et à la fin de la saison ce produit là est périmé. Depuis l’ouverture et jusqu’au 15 juillet il y aura beaucoup de promotions. Cela a lieu dans tous les grands magasins, toutes les enseignes textiles car nos stocks doivent tourner. Pour notre activité c’est important : pour notre BFR, notre trésorerie."




 

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