Les grands esprits se rencontrent chez Missoni

Le Swinging London de Carnaby Street rencontrait le Londres bohème de Portobello Road chez Missoni, au cours d'un défilé aux accents ethniques qui célébrait la culture mondialisée plus qu'un sentiment nationaliste.
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Missoni - Automne-hiver 2018 - Milan - © PixelFormula

Aucune marque ne réussit à créer une gamme aussi variée de tissus naturels que Missoni, dont la sélection de matière cette saison était tout simplement irrésistible.

Des ikats estompés, des carreaux Donegal usés, des patchworks de tissus à chevrons, des jersey Lurex futuristes, des fausses peaux lainées ébouriffées, du mohair vaporeux. Et surtout des rectangles de couleurs vives, inspirés de Rothko, qui composaient de longs pulls décontractés en laine mohair et des cardigans vaguement hippies.

Toutes ces matières prenaient la lumière dans l'espace brut d'une ancienne usine ; le podium en béton était couvert de flaques d'eau. Dans un sens, Missoni est le meilleur - et peut-être le plus cher - dans le domaine des vêtements décontractés. Une certaine nonchalance facile à un certain prix. Ajoutez quelques robes-fourreaux ajustées en maille multicolore et des manteaux hypnotiques pour un défilé vraiment audacieux, l'un des plus forts de la maison italienne depuis des années. 

« Nous sommes à une époque où les cultures dialoguent : c'est exactement ce que nous avons fait dans cette collection », explique Angela (Missoni) au cours de la présentation à la presse avant le défilé. 
 
On ne pouvait qu'applaudir son choix de mannequins : à l'heure où le sentiment anti-immigrés s'accentue en Europe, sa cabine brillait par la diversité de ses origines ethniques, plus que toute autre sur les derniers défilés européens.
 
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Missoni - Automne-hiver 2018 - Milan - © PixelFormula

L'an dernier, sur les défilés de prêt-à-porter féminin, on avait vu beaucoup de tapis transformés en vêtements : cette saison, Angela Missoni les a fait porter à ses mannequins masculins. Ils avaient l'air de dandys dans leurs longues redingotes en patchwork, leurs blazers en ikats balinais et leurs vestons de cricket, coupés dans des tissus sombres qui ressemblaient à du tweed - mais étaient en fait tricotés en laine cachemire.

En un mot : l'exemple parfait d'une affaire familiale qui garde son esprit et ses yeux grands ouverts malgré les volontés politiques de fermer les frontières européennes à d'autres peuples et à leur culture. La mode comme une déclaration de tolérance.

Traduit par Paul Kaplan

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