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13 sept. 2014
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Les horlogers suisses restent de marbre face à la montre connectée d'Apple

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AFP
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13 sept. 2014

Zurich, 13 sept 2014 (AFP) - Les horlogers suisses restent de marbre face à la montre connectée qu'a dévoilée cette semaine le géant informatique Apple après des mois d'intenses spéculations chez les inconditionnels de la marque à la pomme.

Le groupe californien, qui a déjà bouleversé la musique et la téléphonie mobile, est désormais parti à l'assaut des accessoires de mode avec son Apple Watch, qui devrait, selon Tim Cook, son directeur général, ouvrir "le prochain chapitre" dans l'histoire du groupe.


La montre d'Apple (photo AFP)



Jean-Claude Biver, le patron de l'horlogerie au sein du groupe de luxe français LVMH, est pourtant resté sur sa faim.

"Je m'attendais à plus. Je suis un petit peu déçu", a-t-il avoué dans un entretien téléphonique avec l'AFP.

Le nouveau produit d'Apple, pas assez abouti et trop féminin selon lui, manque de "sex-appeal", a jugé ce vétéran de l'horlogerie suisse.

"Ce n'est pas un produit révolutionnaire", a-t-il affirmé, estimant qu'il n'allait pas changer la donne pour les montres de luxe helvétiques.

"Le luxe est éternel, il est pérenne. Ça n'est pas quelque chose qui ne vaut plus rien au bout de cinq ans", a-t-il ajouté, soulignant que les montres connectées étaient, au contraire, "condamnées à devenir obsolètes".

Le patron de Tag Heuer, chez qui Apple est venu débaucher un cadre de haut vol, s'est quant à lui dit étonné du fait que les équipes du groupe californien ont surtout mis en avant son aspect sportif.

Munie de divers capteurs, la montre d'Apple permettra de surveiller le rythme cardiaque de son utilisateur, son activité, ou encore les calories qu'il brûle au cours de la journée.

"Je pensais qu'ils allaient orienter ça vers quelque chose de moins spécialisé", a confié Stéphane Linder à l'AFP, rappelant que ces fonctionnalités existent déjà sur d'autres montres connectées.

"Maintenant, il y aura probablement des applications qui vont arriver et c'est là-dessus que je serai plus vigilant", a-t-il néanmoins noté, ne cachant pas qu'il irait en acheter une pour l'étudier.

Alors que la montre d'Apple sera vendue à partir de 349 dollars sur le marché américain, les horlogers suisses se positionnent sur un tout autre segment, se taillant la part du lion sur les montres de luxe et de prestige.

A titre d'exemple, le coeur de gamme de Tag Heuer (une des griffes de LVMH) se situe entre 1 000 et 7 000 francs suisses, certains modèles se vendant au-delà de 200 000 francs (213 814 dollars).

Jérôme Bloch, responsable de la mode masculine chez l'agence de style Nelly Rodi, a dit ne pas s'inquiéter pour les horlogers suisses.

"Ce n'est pas la même cible", a-t-il déclaré à l'AFP, estimant que cela revenait à comparer une Mini Cooper à une Aston Martin, deux objets désirables mais totalement différents.

Selon René Weber, analyste chez Vontobel, la montre d'Apple pourrait cependant venir rivaliser avec les montres d'entrée et moyen de gamme, vendues jusqu'à 1 000 francs suisses.

Le cours de Swatch Group a d'ailleurs été sanctionné en Bourse, cédant 1,76 % le lendemain de l'événement.

Propriétaire de griffes prestigieuses telles que Breguet, Omega ou Harry Winston, le numéro mondial de l'horlogerie opère aussi sur ces segments, avec Swatch notamment.

Bien que le groupe ne publie pas ses chiffres par marque, ces deux dernières contribuent à environ 15 % de ses bénéfices, selon les estimations de René Weber.

Le patron de Swatch Group, Nick Hayek, a toutefois affirmé ne pas être "nerveux", selon des propos rapportés par le Tages-Anzeiger, relevant au passage que la couronne numérique, qui doit faciliter la navigation sur l'Apple Watch, s'inspirait d'une invention de Breguet.

Par Nathalie OLOF-ORS

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