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26 janv. 2021
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Les marques de sports d'hiver tirent la sonnette d'alarme

Publié le
26 janv. 2021

Les nuages noirs s'amoncellent dans les cieux alpins depuis le mois de novembre et le deuxième confinement en France. Avec les remontées mécaniques en stations qui sont restées fermées en fin d'année puis en janvier et enfin en février, la saison hivernale est définitivement blanche pour les spécialistes du ski de piste. Un coup dur pour les professionnels du tourisme mais aussi pour tout l'écosystème qui lui est associé. Et aujourd'hui, les industriels et marques spécialistes des sports d'hiver tirent la sonnette d'alarme.


L'industrie Outdoor-Montagne en Auvergne Rhône Alpes - OSV



Géants français du secteur, start-up écoresponsables, PME dynamiques et prestataires de l'amont et de l'aval: c'est toute la filière de l'équipement des sports d'hiver qui menace de s'effondrer. Sans un soutien fort, ce sont plus de 400 entreprises réalisant un chiffre d'affaires annuel de plus de 4 milliards d'euros et employant directement près de 6.000 personnes qui sont menacées. C'est le message qu'ont souhaité transmettre au gouvernement ces entrepreneurs et industriels, soutenus par les élus locaux.

La semaine passée Patrick Giraudon, président de l'Outdoor sports valley, réunissant de nombreuses entreprises du secteur, Benjamin Thaller, directeur exécutif de l’association, mais aussi Bruno Cercley, PDG de Rossignol et Xavier Le Guen, directeur de la division matériel de sport d’hiver de Salomon, ont détaillé les impacts à moyen et long termes de la crise à Justine Soussan, conseillère parlementaire, et Ronan Desaix, conseiller services et innovations entrepreneuriales auprès d'Alain Griset, le ministre délégué aux PME.


Si moins de 10% des Français pratiquent le ski de piste, la filière est un moteur de la région Auvergne Rhône Alpes. - Shutterstock



D'après les acteurs de l'industrie, qui s'associent dans leur démarche au cluster Montagne, qui fournit et entretient le matériel pour les opérateurs de remontées mécaniques, et l'Union Sport et Cycle, qui réunit les marques et les distributeurs d'équipements sportifs, l'impact est majeur. Au titre de la saison en cours, le repli d'activité est de l'ordre de 50% en moyenne pour le secteur, et de plus de 25% pour les plus performants.

"Nous pouvons déjà évaluer le recul de chiffre d’affaires sur un an de 50% ce qui n’est déjà pas tenable" annonce Bruno Cercley dans un communiqué. "Mais avec la fermeture prévue pour février des domaines skiables nous n’aurons pas de commandes pour la saison prochaine et donc des unités de production qui seront à l’arrêt pour plusieurs mois".

En effet, les magasins n'ayant pas vendu leurs stocks de produits ne vont pas s'engager sur les commandes pour l'hiver 2021/22. Des commandes qu'ils devraient être actuellement en train de réaliser. La France étant l'un des grands pays du ski de piste, la fermeture de ses domaines skiables a nécessairement un impact lourd sur les ventes de matériel comme de textiles et accessoires dédiés. Les marques et entreprises s'attendent ainsi à devoir revoir leurs organisations dans les prochains mois. Pour les plus petites structures, leur survie même est en jeu prévient l'OSV. Un contexte qui signifierait des centaines de suppressions de postes et une perte de compétitivité d'acteurs français dans une filière où ceux-ci font belle figure.


Les membres de la filière redoute un lourd impact sur les chiffres d'affaires et sur l'emploi - OSV



Afin de permettre à ces acteurs de traverser la crise, l'OSV, le cluster Montagne et l'Union Sport & Cycle ont demandé au gouvernement d'envisager une adaptation des critères d'obtention des aides gouvernementales, afin que le secteur puisse en bénéficier.

"Nous sommes un cluster. Habituellement nous sommes un accélérateur des projets du secteur. Aujourd'hui nous devons nous mettre en mode défensif. Nous nous concertons afin d'alerter les pouvoirs publics sur l'ensemble de la chaîne amont, explique Benjamin Thaller, de l'OSV. Nous avons exposé le dossier. Nous avons expliqué les enjeux du marché, sa taille et les impacts post-fermeture. Et nous leur disons que la déferlante arrive... que nous serons très faible l'année prochaine. Actuellement, par des effets de seuils, les mesures des fonds de solidarité ne sont pas applicables à la majorité de nos entreprises. Et il y a un problème de temporalité: notre filière est impactée depuis mars 2020 et le sera jusqu'à fin 2021 voire mars 2022. Donc il faut la mise en place d'un plan sur-mesure".

Les acteurs de la montagne attendent le retour à leurs propositions dans les prochains jours.

 

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