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15 févr. 2008
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Les podiums de la Fashion week de Londres gagnés par l'éthique et l'écologie

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AFP
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15 févr. 2008

LONDRES, 15 fév 2008 (AFP) - Fibres biologiques, matériaux recyclés et développement durable, les stylistes qui défilent à la Semaine de la mode à Londres sont de plus en plus nombreux à veiller aux aspects éthiques et écologiques de leurs créations, un pari souvent gagnant au plan économique.

"Les consommateurs manifestent un changement de comportement. La protection de l'environnement, c'est le changement culturel le plus important du 21e siècle", s'est réjouie Katherine Hamnet, précurseur en matière d'éthique dans la mode. Au début des années 1980, elle a lancé ses T-shirts à messages (Choose life, Vote peace, Save the world) fabriqués en coton 100 % biologique.

"L'industrie de la mode est la plus importante au monde. Elle emploie un milliard de personnes, dont la plupart vivent un calvaire et travaillent pour des broutilles, et a un impact colossal en matière d'environnement", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Surnommée la "Reine du vert" par le magazine Vogue, elle participe au salon Esthetica, espace consacré à la mode éthique et écologique dans le cadre de la bi-annuelle "Fashion week" de Londres. La présentation des collections automne-hiver 2008 a débuté dimanche 10 février pour s'achever vendredi 15 au soir.

Pour sa quatrième édition, Esthetica accueille 28 créateurs (vêtements, sacs à mains, chaussures, lingerie, bijoux), soit un tiers de plus en un an.

Chez Greenknickers (lingerie écologique), les créations sont fabriquées à Londres avec des vêtements collectés et recyclés localement ou en Inde sous la bannière "Fair trade" (commerce équitable) avec des matériaux biologiques.

"Je ne pense pas que ce mouvement va passer. Une fois qu'on est sensibilisé au problème, on ne peut pas l'oublier", a confié à l'AFP Sarah Smith, 26 ans, fondatrice et styliste de Greenknickers.

Le styliste irlandais Paul Costelloe, qui a lancé dimanche la Fashion week, a utilisé cette saison des tweeds biologiques. L'Ecossais Graeme Black, qui défile vendredi pour la première fois à Londres après Milan, a également affiché son intérêt en la matière.

"Pour la première fois, je vais fabriquer une partie de la collection en Ecosse en utilisant des matériaux produits localement", a-t-il indiqué.

Fabrication et approvisionnement au niveau local sont un atout que les producteurs régionaux cherchent à faire fructifier.

Ainsi, les Textiles d'Ecosse ont organisé cette semaine à Londres une présentation pour promouvoir leur savoir-faire. En 2006, l'industrie textile écossaise a généré près de 1,1 milliard de livres (1,47 milliard d'euros) de chiffre d'affaires.

"Le soutien en faveur du mouvement pour une mode respectant le développement durable a été incroyable dans le monde entier, mais au Royaume-Uni ça a dépassé nos espérances, avec des évolutions sans précédent vers une industrie de la mode plus éthique", a déclaré Orsola de Castro, co-commissaire d'Esthetica et fondatrice de la marque écologique From somewhere.

Selon Katherine Hamnet, les créateurs britanniques ont tendance à mener la révolution verte dans la mode.

"Pour moi, c'était un impératif moral mais, pour beaucoup, c'est avant tout un impératif économique. Les ventes du secteur ont bondi de 300 % au cours des douze derniers mois au Royaume-Uni", a souligné la styliste.

"Une enquête a montré que 30 % des consommateurs se sont abstenus d'un achat car ils avaient des doutes sur l'impact environnemental ou les conditions de fabrication d'un produit", a-t-elle relevé.

Mais une certification mondiale fiable fait défaut, limitant l'essor de la mode verte. "Les consommateurs ont besoin d'avoir confiance. L'Onu est en train d'y réfléchir", s'est félicitée Katherine Hamnet, soulignant que Fair trade n'était pas systématiquement synonyme d'écologique.

Par Elodie MAZEIN

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