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6 mai 2011
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Les premiers palaces français voient le jour mais ne font pas l'unanimité

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AFP
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6 mai 2011

PARIS, 5 mai 2011 (AFP) - Huit premiers hôtels en France font officiellement partie jeudi du nouveau club très fermé des palaces, une distinction créée pour mettre en avant "l'excellence à la française" dans une concurrence internationale rude, mais qui ne fait pas l'unanimité.

Quatre hôtels ont été retenus à Paris --Le Bristol, le Meurice, le Park Hyatt Vendôme et le Plaza-Athénée-- et quatre en province: deux à Courchevel, les Airelles et Cheval Blanc, un à Biarritz, l'Hôtel du Palais, et un à Saint-Jean-Cap-Ferrat, le Grand-hôtel du Cap-Ferrat.

La distinction "palace", avec ses critères d'attribution, avait été créée en novembre, pour encadrer une appellation d'usage libre jusqu'ici.

Elle prolongeait également la refonte du classement hôtelier français qui a créé une cinquième étoile.

Ce niveau concernant 127 établissements, il s'agissait de distinguer des "hôtels d'exception" dont les prix démarrent aux alentours de 500 euros la nuit en province, 600 à 800 euros à Paris, pour atteindre plusieurs milliers d'euros.

Alors que l'hôtellerie de luxe a affiché l'an dernier des croissances supérieures au reste du secteur, la valorisation de ces hôtels était "indispensable" selon certains professionnels à des fins de visibilité sur la scène internationale.

14 établissements au total avaient déposé un dossier auprès d'Atout France, organisation de promotion touristique chargée d'instruire la première phase d'éligibilité (taille minimale de chambre, nombre de suites, etc.).

A charge pour le jury d'instruire des critères subjectifs (caractère exceptionnel de l'établissement, excellence du service, de la restauration, etc).

"Un palace n'est pas un espace enfermé entre quatre murs. C'est une sorte de roman, de lieu mythique" où le client "s'avance comme dans un royaume des 1.001 nuits", a expliqué l'académicien Dominique Fernandez, président du jury "palace".

Interrogé par les journalistes sur l'absence du George V ou du Ritz, il a répondu: "Quand on décerne le prix Goncourt, on ne dit pas pourquoi le rival a perdu".

François Delahaye, patron du groupe Dorchester, dont deux des hôtels (Meurice et Plaza-Athénée) ont reçu la précieuse distinction, a parlé de "victoire amère", jugeant que "le jury s'est décrédibilisé en ne sélectionnant pas" ses deux confrères parisiens.

Gabriel Matar, directeur France du cabinet spécialisé Jones Lang LaSalle, a confié à l'AFP, qu'à son sens, "les jurés ont sonné le deuil du titre", car le George V, "en ce qui concerne la qualité du service, c'est la référence".

Laurent Duc, président des hôteliers au sein de l'Umih, le principal syndicat du secteur, juge au contraire que "si cela avait été comme à l'Ecole des fans, avec 10 à tout le monde, cela aurait encore plus décrédibilisé" la distinction.

Le patron d'Atout France, Christian Manteï, parle "de dramatisation exagérée", alors que "le George V et le Ritz ont entamé des travaux". Il rappelle aussi qu'il s'agissait jeudi de présenter une première liste.

Les hôtels recalés et les autres ont jusqu'au 30 juin pour déposer leurs dossiers pour une nouvelle vague de distinction vers novembre.

Le secrétaire d'Etat au Tourisme, Frédéric Lefebvre, selon lequel le choix du jury place la distinction "à un très haut niveau", a annoncé que certains critères avaient été assouplis. Ainsi les nouveaux hôtels devront attendre 12 mois au lieu de 30 pour pouvoir postuler, alors que ceux qui ont rouvert après de lourds travaux de rénovation devront patienter 6 mois au lieu de 24.

De quoi susciter encore des vocations comme celle du Royal Monceau, rouvert en octobre. Le Shangri-La, dans l'ancien hôtel particulier de Roland Bonaparte face à la tour Eiffel, devra attendre un peu.

Par Dominique AGEORGES

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