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Les regards croisés de Prada

Publié le
14 juil. 2020
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4 minutes
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Prada a constitué l’un des temps forts de la première journée de la Fashion Week digitale milanaise. En cette phase de crise liée à la pandémie du Covid-19, la directrice artistique Miuccia Prada s’est centrée plus que jamais sur l’identité de la marque proposant une garde-robe d’une grande beauté composée d’essentiels intemporels d’une impeccable simplicité. Dominée par une palette noire, blanche et grise, la collection passée sous le filtre de cinq regards différents se révèle multiple et diverse, et finalement beaucoup plus sophistiquée qu’il n’y paraît.


Miuccia Prada revisite ses grands classiques pour l'été prochain - Prada

  
Pour dévoiler sa collection homme et femme printemps-été 2021, la créatrice, qui signe ici sa dernière collection en solo pour Prada, a fait appel, en effet, à cinq photographes, artistes et réalisateurs de renom: Terence Nance, Joanna Piotrowska, Martine Syms, Juergen Teller et Willy Vanderperre. Dans ce film à cinq voix, intitulé "Prada multiple views SS21, the show that never happened", ils capturent chacun un aspect de la garde-robe, dans un lieu différent de la Fondation Prada à Milan, à travers autant de chapitres distincts, comme reflétant les regards et interprétations multiples de chaque spectateur.
 
Raf Simons, qui a rejoint la maison récemment, n’est pas intervenu sur cette collection. Son premier travail cosigné avec Miuccia Prada sera dévoilé en septembre. Pourtant, le premier chapitre est signé par Willy Vanderperre, photographe fétiche du designer belge, qui choisit un point de vue distancié.

Le film aux regards croisés de Prada


Il filme un groupe de mannequins en chemise blanche et costume sombre dans un flou lointain. La mise au point s’effectue par intermittence. Seul un modèle de manteau ivoire aux micro-décorations fleuries apparaît en couleurs dans ce film en noir et blanc.
 
Les costumes en flanelle sont taillés près du corps avec des pantalons ultra-slims. Le manteau du vestiaire masculin classique se décline avec trois boutons. Les femmes endossent des robes bustier évasées sur des leggings et des escarpins ou ballerines à bride, qui leur donnent un air de danseuses. Le classique extrême rencontre le futur à travers des tissus élasticisés et des matériaux innovants en nylon. Les zip utilisés dans certains costumes, chemises ou sweaters ajoutent un esprit urbain.


Un look féminin shooté pour Prada par le photographe allemand - Juergen Teller

 
Au deuxième acte, le photographe allemand Juergen Teller entraîne le spectateur dans les sous-sols du bâtiment. Les modèles prennent vie, soudain avec clarté, entre les tubes de la chaufferie et autres installations techniques, donnant une touche industrielle à l’ensemble.
 
On y découvre une série de vêtements et accessoires en nylon : costumes, coupe-vent, pantalons, robes, vestes de tailleurs aux manches courtes et larges, jupes évasées, dont une noire bordée de dentelle blanche. Mais aussi des pièces molletonnées, comme ce pantalon de survêtement blanc se portant sur une chemise d’une candeur immaculée avec une cravate noire, ou ce blouson-sweater.
 
L’artiste polonaise Joanna Piotrowska, qui travaille habituellement sur les relations humaines à travers l’image, rapproche la caméra (et l’œil) du vêtement avec des gros plans sur des détails. Une poche, une fente dans le derrière d’une veste, les boutons d’une jupe portefeuille en cuir...
 

La collection Prada prend des couleurs sous l'objectif de l'artiste américaine - Martine Syms


Dans ce troisième chapitre filmé en noir et blanc, les mannequins bougent au rythme de claquements de doigts dans une étrange chorégraphie, s’allongeant tantôt sur la moquette ou disparaissant derrière un épais rideau de velours. Une jupe est resserrée à la taille par une ceinture nouée en ruban, un zip traverse une robe en nylon.

Il faut attendre le quatrième volet pour être projeté dans un bain de couleurs saturées. Mais s’agit-il des vêtements ou des filtres colorés choisis par la vidéo-artiste Martine Syms ? Les mannequins se succèdent et s’entrecroisent entre les fauteuils de la petite salle de cinéma de la Fondation, dans un chaos visuel sous forme de collage d’images par écrans interposés. On y découvre des tailleurs sixties à la simplicité graphique chère à Miuccia Prada, et de superbes petits tricots et cardigans. Quelques tonalités pastel s’invitent dans la garde-robe.
 
Le dernier chapitre, enfin, filmé par le réalisateur américain Terence Nance, révèle la partie plus sportive de la collection liée à la ligne Linea Rossa, sous forme de compétition imaginaire se déroulant dans la cour de la Fondation. Des ensemble en jersey (tricot et caleçons long) s’alternent avec des tenues très sportives de tops et micro-shorts, polos, chemisettes et coupe-vent.


Les silhouettes sportives de la ligne Luna Rossa sont mises en scène par le réalisateur américain - Terence Nance


"Le projet reflète aussi la réalité de cette présentation digitale de Prada : une réalité apparemment divergente mais vue par plusieurs, cette fois dans sa propre ambiance, son propre temps, son propre monde. Elle représente une embrassade et une célébration de cette multiplicité -lorsque les personnes ne peuvent entrer en communion entre elles, nous pouvons créer une manière différente d’être en communauté, unis par des idées, des objectifs des convictions-", résume la maison dans sa note d'intention.

 

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