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Les Rencontres du Luxe passent le marché de la seconde main à la loupe

Publié le
today 5 nov. 2018
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Dans le cadre des Rencontres du Luxe, nouveau rendez-vous en marge du Salon du Luxe organisé par sa fondatrice Laura Perrard, se tenait le 17 octobre dernier une journée dédiée au marché secondaire, ou marché de seconde main, et aux opportunités et risques encourus par les marques du luxe.


Rencontres du luxe "le marché secondaire, opportunités et risques" - DR


Autour de ses invités et des représentants de Cresus, Vestiaire Collective, Panoply, Arianee et Imparfaite Paris, Stéphane Truchi, président du directoire de l’Ifop, mettait d’abord l’accent sur le poids du marché secondaire estimé à près de 20 milliards d’euros en englobant les vêtements, les souliers, la joaillerie et les accessoires, « un marché en constante augmentation, qui devrait représenter 15 % du marché du luxe mondial en 2022 ». 
 
Pour expliquer cet engouement, l’étude de l’Ifop revenait sur les nouveaux comportements des acheteurs : « La génération Z (les 15-25 ans) privilégie à 77 % les produits durables pour leurs achats, leur besoin de renouveler leur vestiaire est permanent et sert notamment à 's’autocélébrer' sur les réseaux sociaux. Le marché de la seconde main, plus accessible, est la meilleure clé pour y arriver, expliquait-il. Dans le même temps, les femmes avouent porter seulement cinq fois une pièce avant de s’en débarrasser, donc les cycles de vie sont amenés à se prolonger ! Dans un contexte où le retour du vintage est prégnant, où l’économie de partage est à la fête, où la pièce unique est de plus en plus recherchée, le marché secondaire devient plus qu’évident ». 

Du côté des marques et des acteurs du luxe, l’étude menée par l’Ifop mettait également en avant la nouvelle compatibilité entre le luxe et le marché de seconde main. « 95% des professionnels du luxe estiment que le marché de la seconde main permet de donner une seconde vie au produit, et assument donc clairement la question », détaille Stéphane Truchi, « et 60% d’entre eux déclarent ne pas vouloir rater ce nouveau marché, qui sert également à lutter contre la contrefaçon. La résistance à la seconde main s'affaiblit considérablement. »
 
Pour venir étayer l’étude, Maximilien Urso, PDG d’Efficio Group et président de Cresus revenait sur l’émergence du marché secondaire et sur sa croissance promise « + 133 % en 2035, contre une croissance de 85 % du marché du luxe pour la même période » et sur le boom du marché de l’occasion des montres. 
 
Christian Jorge, cofondateur de Vestiaire Collective présentait lui son nouveau projet Arianee, une solution blockchain permettant de faire le lien entre les produits amenés à être vendus ou revendus et les propriétaires via un certificat digital enregistré, « une sorte de tiers de confiance entre les marques et les consommateurs finaux » permettant aux marques de luxe d'avoir une traçabilité de leurs produits dans la sphère du marché secondaire et de communiquer sur les porteurs d’objets. 
 
Autre signe de l’engouement autour de la seconde main, celui de la location haut de gamme. Invitée à témoigner sur le sujet, Emmanuelle Brizay, cofondatrice du service de location de luxe Panoply (qui compte aujourd’hui près de 4 000 pièces, de Valentino à Marc Jacobs en passant par Carven) présentait les avantages de son offre, « un système d’abonnement accessible permettant de louer un certain nombre de pièces selon un nombre de crédits choisi, qui répond à la problématique d’une mode chère et éphémère » et où les clientes peuvent également finir par acheter le produit essayé. « Un concept que les grandes marques ne semblent pas renier, explique la créatrice. Elles voient dans la location un nouveau levier de visibilité produit et de recrutement des clientes vers les produits haut de gamme ». 
 
Sur le créneau des marketplaces vintage, Camille Gabbi présentait quant à elle Imparfaite Paris, un concept en vogue sur la toile « avec comme objectif de démocratiser le vintage de belle qualité en proposant des looks et silhouettes vintage, et de créer ainsi une vraie alternative à la fast fashion ». Enfin, autre signe de l'essor du marché secondaire, la place de plus en plus importante accordée par les designers à l’upcycling. Créatrice indépendante, Gaëlle Constantini témoignait sur sa marque développée avec le prisme de la durabilité : « Je m’approvisionne chez Emmaüs, dans les blanchisseries, les fins de stocks, je récupère les fins de rouleaux, les uniformes et même le linge de maison pour créer des collections qui accompagnent l’évolution du corps des femmes ». Un parti pris à la durabilité dans toutes ses formes.    

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