×
5 755
Fashion Jobs
Publicités

Les révélations de la Fashion Week homme

Publié le
today 21 janv. 2020
Temps de lecture
access_time 4 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Dans la catégorie des "premières fois" à Paris, plusieurs marques se sont révélées pendant la Fashion Week homme de Paris. Boramy Viguier, Ziggy Chen, Taakk, Reese Cooper devraient faire partie des noms à suivre. 

Boramy Viguier, la finance vandalisée




Boramy Viguier


A l’étage du palais Brongniart, place de la Bourse, le créateur Boramy Viguier présentait pour la première fois sa collection dans le calendrier officiel des présentations. Dans ce qu’on appelle la Corbeille, la salle historique des traders, le français profitait de l’invitation faite par le salon Tranoï pour lancer son défilé.
 
Récent finaliste du Prix LVMH et de l’ANDAM, formé chez Lanvin aux côtés de Lucas Ossendrijver pendant cinq années, Boramy Viguier trouvait place de la Bourse le cadre parfait pour présenter sa collection : « La collection s’inspire des milieux de la finance, un univers qui suscite beaucoup d’émotions, qu’on déteste et qui fascine en même temps, et avec lequel j’ai eu envie d’exagérer les traits, d’apporter une part de mystique, de sacré, de religieux dans ce temple qu’est la Bourse. Aucun jugement, juste une analyse de style et la mise en scène de paradoxes ».

Jouant sur les contrastes, le créateur faisait défiler des silhouettes aux vestes tailleur en laine à côté de manteaux en skaï noir sur cravate et chemises rayées, des bombers en faux cuir piqué et des parkas colorés, des ponchos entièrement revisités « aux longueurs rappelant les capes religieuses », le look street et fonctionnel, et pour chaque silhouette une foule de détails, des pochettes en skaï, des montres se portant sur les manches rappelant les bijoux des prêtres orthodoxes, « rien de minimal, je suis maximaliste, résumait Boramy Viguier, des vêtements utiles et surtout dépassant les réalités.»
 
Dans la collection, Boramy Viguier ajoutait une collaboration avec la marque italienne Vibram, et proposait autour de leur gamme « Five fingers Furoshiki », une customisation à la peinture et au latex, « comme une envie de vandaliser l’esprit austère de la finance ».
 
Distribuées dans une quinzaine de points de vente – chez L’Insane à Paris, aux Galeries Lafayette Champs-Elysées, au Printemps -, les collections Boramy Viguier sont également proposées chez Browns, le grand magasin anglais proposant depuis octobre dernier une collection capsule. 
 


Ziggy Chen, la poésie élégante




Ziggy Chen


Ancien professeur à l’Université du textile de Shanghai, partageant son temps entre Shanghai (le siège de sa société) et Hong-Kong, Ziggy Chen décidait de se convertir à la création, et à la mode en 2012. Huit années pendant lesquelles le créateur – timide dit-on – a construit sa marque, la fait grandir en Chine, avant de s’ouvrir.
 
Présentant pour la première fois dans un atelier du Marais au cachet fou, à l’ambiance de salon de peintre, aux miroirs piqués posés ici et là, le créateur présentait six silhouettes de sa collection automne-hiver prochaine dans une invitation au romantisme assumé et moderne, une thématique prônée par de nombreux créateurs cette année – Davi et Rochas Homme parmi eux .
Intéressé par le vintage comme la pièce d’archive, revendiquant « associer le savoir-faire sartorial à une attitude contemporaine », Ziggy Chen mélange le brut et la douceur, associe les belles matières - la soie, la laine, le lin et le cachemire – et patine manteaux, pantalons et vestes d’une palette de teintes naturelles poétiques – le kaki en couleur fétiche –, l’ensemble oscillant toujours entre passé et présent, jamais nostalgique.
 
Produite en Chine, la marque de Ziggy Chen a ouvert sa première boutique à Shanghai en mars 2019 et est distribuée dans une cinquantaine d’adresses dans le monde. Une sélection de magasins créatifs à l’image de H Lorenzo à Los Angeles, de l’Eclaireur à Paris et Graffiti à Lyon distribuent aujourd'hui la marque.

Taak, élégance et ironie




Taakk


Mardi 15 janvier, dans un long couloir au tapis rouge et tout orné du Normandy Hotel, murs bardés d’aluminium et taguées, s’élançait pour la première fois à Paris, la marque Taakk, nom en référence au surnom du créateur, Takuya Morikawa. 
 
Formé au Bunka Fashion College de Tokyo, avant d’intégrer la marque japonaise Issey Miyake où il fut designer pendant huit ans, le créateur japonais lance sa marque en 2013 et diffuse depuis Tokyo un nouvel esprit dans les collections résumé par deux mots « ironie et élégance ». S’amusant des jeux de silhouettes et des proportions, son vestiaire s’intéresse d’abord aux matières et milite pour la durabilité.
 
Développant lui-même ses textiles, ses couleurs et ses imprimés, Takuya Morikawa tapisse des ensembles d’imprimés nature, de fleurs en éclosion, d’autres sauvages ou fanés. Sa palette de gris subtils s’invite en imprimés galactiques extra, une version grisée patinée couvre un costume… la tonalité est genderfluid, érotique, rock parfois, les détails de coiffure sont féminins et rétros. L’image d’un nouveau romantisme viril et assumé. 
 
Le créateur japonais, qui fera son retour à Paris pour la collection printemps-été 2021 autour d’un défilé et d’un showroom, est aujourd'hui vendu dans une trentaine de points de vente dans le monde, principalement au Japon, mais aussi chez Please do not enter à Los Angeles et Selfridge's à Londres.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2020 FashionNetwork.com