Les salons de Copenhague veulent résister en misant sur l’international

L'Europe des salons est confrontée à un même phénomène : l'évolution des tissus locaux du commerce de mode et la réduction du canal multimarque traditionnel. Copenhague n'échappe pas à ce phénomène et son salon phare, le CIFF, mise donc sur l'internationalisation de sa communauté. Pour sa dernière édition, du 30 janvier au 1er février derniers, le rendez-vous BtoB mode danois a confirmé sa progression auprès du public hors Scandinavie, mais a enregistré un léger recul de sa fréquentation.


Dans les allées du salon CIFF, au sein du Bella Center, fin janvier 2019 - FashionNetwork.com

Ils ont été ainsi environ 17 000 visiteurs à parcourir les allées des différents univers du CIFF regroupant un peu plus de 1 200 marques pendant trois jours, marquant un repli de 4 % par rapport à l'édition de janvier 2018. Le rendez-vous enfant voisin, en train de remanier son positionnement et son identité désormais sous le nom CIFF Youth, a lui connu une fréquentation stable, progressant de 0,18 %.

Les exposants saluaient globalement un point : la diversification des profils et la plus grande représentation internationale parmi les visiteurs. Lors de cette édition, ils étaient 72 % à être issus de Scandinavie, un chiffre encore haut, mais la qualité des visiteurs internationaux et des points de vente qu'ils représentent semble à souligner. « Le public est de plus en plus international, désormais, nos agents de toute l'Europe sont présents pour recevoir des acheteurs », témoignait-on ainsi chez la marque féminine danoise Nümph. « Hors Scandinavie, nous avons particulièrement vu des Suisses, des Britanniques et même des Japonais, des Canadiens », complétait l'équipe commerciale.

Chez les Italiens de Oof, on soulignait aussi la variété des acheteurs au CIFF, tout en ayant perçu la baisse du trafic. « C'est plutôt un bon salon quand même, dommage qu'il y ait eu quelques moments plus calmes, mais nous avons rencontré des profils très intéressants, venus de Corée, du Liban ou du Canada par exemple, cela nous a surpris », raconte un commercial.

Une fois les pays scandinaves écartés, les plus gros contingents de visiteurs du CIFF sont à trouver du côté allemand, mais aussi britannique, néerlandais, belge ou encore suisse notamment, le grand export commençant à pointer le bout de son nez un peu plus loin au classement. « Nous constatons une hausse du côté des acheteurs de premier plan. Tout est une question d'équilibre entre avoir un grand nombre d’acheteurs et avoir les bons acheteurs. Et qui passent des commandes. C’est le volume d’achat qui compte à la fin. On peut toujours débattre et comparer avec les grandes années des salons... Je serai très content, c’est sûr, si nous obtenons une croissance du visitorat, on aime qu’il y ait de l’effervescence, mais aujourd’hui, le plus important, c’est la qualité de la fréquentation », confiait ainsi le directeur du CIFF, Kristian Andersen, à FashionNetwork.com, relevant également la nécessité d'élargir à l'international devant les difficultés du canal multimarque scandinave.

Le CIFF a pour cela choisi de s'adresser à une plus vaste communauté en partant se faire connaître à l'international à travers l'organisation prochainement d'événements hors de son fief, à Paris d'abord, puis pourquoi pas au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Revolver, le salon concurrent - même si de taille plus petite (environ 300 marques) -, en fait autant et entend se faire connaître lui du public italien. Après un partenariat précédent avec le salon White à Milan, il a inauguré l'an passé un nouveau format dans le cadre du Pitti à Florence. Dans les allées du salon à Copenhague, qui se tenait lui aussi du 30 janvier au 1er février, là aussi on saluait le mix désormais plus équilibré entre acheteurs scandinaves et internationaux. La marque française Hartford, qui s'y présentait pour la première fois, soulignait notamment « l'agréable surprise du visitorat, pas seulement scandinave », lui ayant permis de faire connaissance avec de nouveaux contacts turcs, américains, britanniques ou encore canadiens.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2019 FashionNetwork.com

Luxe - Prêt-à-porterSalons
INSCRIPTION À LA NEWSLETTER