Les soldes d'été laissent froids les commerçants

Les chaleurs record ont-elles eu un effet bénéfique sur les soldes ? Les consommateurs, précédemment assenés de promotions, se sont-ils tournés vers les collections estivales ? Après un démarrage assez faible, qu’ont retiré les commerçants de cette période, au sortir d’un semestre plus que délicat pour les ventes d’habillement ?


En moyenne les commerçants indépendants de l’habillement auraient pratiquée des remises de 30,92 % - Shutterstock

Selon l’Institut Français de la Mode (IFM), le secteur de l’habillement a connu en juin sa première hausse des ventes depuis octobre 2018, affichant une progression de 0,8 %. Pas de quoi hélas compenser un désastreux début d’année, avec des chutes successives de 1,6 %, 1,4 % et 1,1 % au cours des trois premiers mois de l’année. Sans oublier le catastrophique -6,7 % du mois d’avril, suivi par un mois de mai plus équilibré à -0,7 %.

Le démarrage de ces soldes d’été, le 26 juin, s'est montré toutefois assez faible, selon Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce (grands magasins, enseignes d’habillement et enseignes de chaussures), qui indique une tendance à la hausse les jours et week-end suivants. Ce que confirme de son côté la fédération Procos pour le commerce spécialisé, qui notait au bout de trois semaines de rabais une hausse de 1,7 % des ventes d’habillement par rapport aux trois premières semaines des soldes d’été 2018.

Ces dernières avaient à l’époque souffert d’un effet Coupe du monde, qui avait détourné les consommateurs des magasins. Cette année, les différents pics de température aurait a contrario permis aux soldes de profiter d’un « effet clim' », notamment pour les magasins présents en galeries marchandes et centres commerciaux.


Bilan d'étape réalisé auprès de 400 commerces franciliens de secteurs et natures divers - Crocis

Contactée par FashionNetwork, la Fédération Nationale de l’Habillement (FNH) indique que les détaillants indépendants auraient connu au cours des quatre premières semaines de soldes une hausse moyenne de 1,49 % de leur fréquentation, tandis que les paniers moyens progresseraient de 6,02 %. Ce qui n’a pas empêché une contraction de 0,05 % de l’activité. En moyenne les commerçants indépendants de l’habillement auraient pratiqué des remises de 30,92 %, selon la FNH.

« Peu de personnes sont loquaces sur le sujet des soldes dans la profession », confie Eric Mertz, président de la FNH. « Ce qui est sans doute lié au fait que, au-delà des soldes, c’est toute une filière qui se dégrade. Les chaînes de grande diffusion et les grands magasins s’en sortent bien. Les indépendants ne s’en sortent pas trop mal, mais les enseignes ont désormais une situation pire que la nôtre. D’où notre volonté d’axer notre stratégie sur le consommateur, qui reviendra vers les soldes si nous sommes capables d’être cohérents, d’avoir des prix justes le reste de l’année plutôt qu’un long tunnel de promotions. Car tout cela n’alimente plus une méfiance, mais clairement une défiance du public. »


Bilan d'étape réalisé auprès de 400 commerces franciliens de secteurs et natures divers - Crocis

La CCI Paris Île-de-France indique de son côté que, parmi 400 commerces franciliens interrogés, deux tiers indiquent avoir connu depuis le début des soldes une hausse des ventes inférieure à 20 %. Pour pas moins de 54 % des commerçants interrogés, le résultat constaté depuis le début de la période est inférieur à celui constaté durant les soldes d’été 2018. En cause, selon 47 % du panel, un « effet canicule ». Ils sont par ailleurs 56 % à pointer du doigt la succession de promotions et la concurrence des ventes en ligne.

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