Les valeurs du luxe trébuchent face au contexte international incertain

Paris (Reuters) - Les valeurs du luxe ont accusé les plus fortes baisses du CAC 40 mercredi (-2,32 %), en dépit d’une publication trimestrielle jugée solide de la part de LVMH qui n’apaise pas toutefois les craintes pesant sur le secteur d’un ralentissement de la demande en Chine.


Le flagship Louis Vuitton, place Vendôme à Paris - Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 2,11 % à 5.206,22 points. Le Footsie britannique a laissé 1,27 % et le Dax allemand 2,21 %. L’indice EuroStoxx 50 a perdu 1,65 %, le FTSEurofirst 300 1,43 % et le Stoxx 600 1,61 %.

A Paris, le groupe LVMH a perdu 7,14 % à 265,3 euros, un plus bas de six mois, en dépit d’une publication trimestrielle jugée solide. Dans son sillage, le titre Kering a cédé 9,62 % et l’action Hermès 5,07 %.

A Londres, Burberry a lâché 8,08 %, tandis qu’à Zurich, Richemont a cédé 3,98 %.

Au moment de la clôture européenne, Wall Street évoluait dans le rouge. Comme en Europe, le secteur des biens de consommation non essentiels souffre (-1,44 %). Tiffany perd 7,09 %, Estée Lauder 5,83 %, Michael Kors 4,92 % et Ralph Lauren 4,45 %.

Le titre Sears chute de 36,25 % ; le distributeur prépare pour vendredi sa demande de placement sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, l’équivalent d’une procédure de sauvegarde, selon plusieurs sources.

LVMH, le numéro un mondial du luxe, a ouvert mardi soir le bal des publications trimestrielles du secteur avec une croissance des ventes de 10 % à taux de change et périmètre constants, en ligne avec le consensus établi par Inquiry Financial pour Reuters.

Surtout, sa division mode-maroquinerie qui loge Dior et Louis Vuitton - principal centre de profits du groupe - a vu sa croissance organique atteindre 14 % au lieu des 12 % prévus.

Mais ces chiffres, unanimement jugés solides par les analystes, n’ont pas atténué les inquiétudes concernant le risque de baisse de la demande chinoise, lié au recul de la Bourse de Shanghai, à la dépréciation du yuan et aux conséquences de la guerre commerciale sino-américaine sur la croissance de la Chine.

« Les inquiétudes risquent de ne pas disparaitre de sitôt »

La clientèle chinoise compte pour 32 % des ventes mondiales du luxe, une proportion qui devrait atteindre 40 % d’ici 2024, selon le Boston Consulting Group pour qui ces consommateurs contribueront alors à 70 % à la croissance du luxe.

« Les inquiétudes sur la durabilité de consommation chinoise risquent de ne pas disparaître de sitôt », soulignent les analystes de Citi dans une note. Pour ceux de Société générale, « le trimestre devrait marquer le début du ralentissement cyclique de la croissance des ventes pour LVMH et le secteur ». « On vend sur la nouvelle, avec la crainte d’un ralentissement en Chine à cause de la guerre commerciale », commente pour sa part un trader à Genève.

Par ailleurs, Morgan Stanley a abaissé à « sous-pondérer » mercredi matin sa recommandation sur le secteur.

Le broker, qui relève que le luxe a signé de loin la meilleure performance sectorielle depuis deux ans en Europe, estime que les valorisations restent élevées malgré la récente correction boursière du secteur. « Les valorisations relatives n’ont jamais été aussi élevées depuis 1995, date à laquelle nous avons débuté nos relevés », note Morgan Stanley, qui ajoute que les révisions de chiffres d’affaires sont maintenant plutôt orientées à la baisse.

Concernant la Chine, il estime qu’un net ralentissement de l’économie constitue le principal risque pour le luxe et que les ventes au détail devraient décélérer au second semestre 2018, avant un léger rebond au début de 2019.

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