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7 févr. 2017
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Libre-échange : la Chine et l'Inde se préparent à l'ère Trump

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7 févr. 2017

Avec l'élection de Donald Trump, s'est effondré le traité de libre-échange transpacifique (TPP). Ce dernier, signé en février 2016 mais pas encore entré en application, entendait supprimer les barrières commerciales entre douze pays, à savoir le Vietnam, l'Australie, le Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, Singapour, la Nouvelle-Zélande, le Pérou et les Etats-Unis. Alors que le président américain a annoncé son retrait du TPP fin janvier, la Chine et l’Inde, leaders mondiaux du textile-habillement, et exclus de l’accord, ont déjà le regard tourné vers d'autres accords commerciaux de zones. Leurs représentants respectifs l'ont confirmé à FashionNetwork  sur les salons parisiens Texworld/Apparel Sourcing. 
 

Face au retrait des Etats-Unis du partenariat de libre-échangetranspacifique , la Chine et l'inde tentent de tirer leur épingle du jeu - DR


"En parallèle du processus d'aboutissement du TPP, le gouvernement chinois continuait de pousser un accord alternatif, explique Zhang Tao, secrétaire général de la chambre chinoise du commerce textile (CCPIT-Tex). Quel que soit l'accord, le but de ces engagements est de promouvoir la coopération régionale et internationale pour la libre circulation du capital et des personnes. De fait, à partir du moment où les pays participants s'engageront à mettre en place une amélioration des services, transports et régulations, notre secteur sera sûrement partisan de ces accords".
 
"Il est clair qu'en matière de coopération, nous souhaiterions avoir à l'avenir un accord avec la Chine, ainsi qu'avec les pays d'Asie du Sud-Est, indique de son côté Madhukumar Reddy, vice-ministre indien du textile. C'est un vaste chantier sur lequel nous sommes déjà en train de travailler avec nos partenaires. Et une clef pour renforcer la complémentarité de nos industries respectives. "

"De plus en plus d'entreprises chinoises ont investi dans les pays étrangers (Inde, Sri Lanka, Bangladesh, Pakistan, Kenya, Ethiopie...) où elles ont construit des usines textiles. Ces investissements vont permettre d'améliorer la chaîne d'approvisionnement du textile chinois pour plus de rapidité et réactivité", rappelle de son côté Zhang Tao, pour qui l'année écoulée fut déjà un défi pour le textile chinois, entre hausse des coûts de main-d'œuvre, exigences environnementales plus strictes, pression des taux de change et ralentissement de la demande extérieure. Une chute des exportations qui n'a pas empêché un maintien des parts de marchés à l'étranger.

"L'idée même de libre-échange et de globalisation rencontre de très sérieux challenges", relève cependant le secrétaire général de la chambre du commerce textile chinois, dans une référence appuyée aux volontés protectionnistes de Washington. Mais je suis certain qu'avec un effort commun des industries textiles de tous les pays de la région, et un renforcement de notre complémentarité, le secteur textile a encore face à lui à un avenir radieux".

Le vice-ministre indien du textile insiste pour sa part sur les ponts à créer avec l'Occident : "Nous voulons pouvoir attirer les professionnels français, italiens, allemands et autres pays au grand savoir textile, pour qu'ils viennent profiter de l'écosystème que nous mettons en place en Inde, explique Madhukumar Reddy, pour qui l'un des symboles de cette stratégie sera la première édition d'une grand salon professionnel qui verra le jour fin juin 2017. Rendez-vous lancé sur fond d’incertitudes concernant le devenir des échanges entre les Etats-Unis et ses pays fournisseurs.
 
Une inquiétude qui fait se reporter l’intérêt des fabricants sur l’Europe, en dépit la chute de la demande qui y est constatée. Sur les 11 premiers mois de 2016, la Chine et l’Inde étaient respectivement les premiers et quatrièmes fournisseurs de l’Union européenne en habillement, selon l’Institut Français de la Mode (IFM), avec 25,5 milliards d’euros (-8 %) et 4,7 milliards d’euros (niveau stable) de biens expédiés vers le Vieux continent. Les deux pays étaient en outre les premiers et troisièmes fournisseurs textiles de l’UE, avec respectivement 9 milliards (+1 %) et 2,5 milliards (2 %) de biens.
 
 

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