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Lin : la filière française mobilise les députés

Publié le
22 juil. 2020
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Fibre majoritairement produite en France, le lin n'a pas échappé aux difficultés liées au Covid-19. Pour tenter d'alerter le gouvernement sur la situation de la filière, la Confédération Européene du Lin et du Chanvre (CELC) s'est invitée à l'Assemblée Nationale le 21 juillet : des écharpes en lin ont été remises aux 577 députés, tandis que les élus des régions linicoles ont interpellé l'exécutif à l'occasion des questions au gouvernement. Un type d'action inédit, au sein du très codé Palais Bourbon.


Près de 80 députés (portant ici une écharpe en lin) ont pris part à l'opération menée le 21 juillet au Palais Bourbon pour soutenir le filière - © Assemblée nationale - 2020



Quelque 80 députés ont soutenu la démarche, arborant à leur sortie de l'hémicycle des écharpes en lin. Avec en première ligne les élus des zones linicoles, comme la Normandie et les Hauts-de-France, épaulés par leurs collègues du Rhône, du Jura, de l'Ain, de l'Aisne, du Morbihan, des Deux-Sèvres et bien d'autres. Avec en ligne de mire un problème immédiat : les risques d'arrêt des exportations, chute des prix et de problèmes de stockage menaçant la filière. En séance plénière, le député de Seine-Maritime Xavier Batut a donc interpellé le ministre de l'Agriculture sur le sujet. Julien Denormandie, qui revêtait lui-même une cravate en lin Made in France, a en réponse insisté sur sa volonté d'accompagner la filière.

"Aujourd'hui, nous avons un terrible défi, qui est d'accompagner cette filière d'excellence. Il faut en faire la promotion" a souligné le ministre. "Elle est encore méconnue. Il faut pousser les stockages, même si l'on sait que c'est difficile. Et il faut inclure, dans le plan de relance, la filière lin comme les autres filières agricoles. Voici l'engagement que je prends, aussi bien au niveau européen que national".

Cette mobilisation parlementaire s'appuie sur le potentiel de la filière. L'Europe concentre 85 % de la production mondiale, et la France 80 % de cette production européenne. Contrainte par les fortes exigences climatiques de cette culture, cette fibre responsable génère de fait 12.000 emplois non-délocalisables sur le Vieux Continent. Et, avec la récente réapparition de filatures de lin en France, c'est la seule matière permettant d'envisager des vêtements et accessoires produits à 100 % en France et uniquement avec des matériaux cultivés dans l'Hexagone.

Au-delà des craintes directes de l'impact du Covid-19 sur l'activité agricole liée au lin, la démarche s'inscrivait également dans la volonté affichée par l'Elysée de faire de la crise le point de départ d'une indépendance industrielle renforcée de la France. L'Union Française des Industries Mode/Habillement (UFIMH) dévoilait il y a quelques semaines une série de 33 mesures visant précisément à réindustrialiser la filière tricolore. Avec, espèrent les représentants de la filière, un soutien fort de la récemment nommée ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher.

 
 

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