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Lin : trois députés à la rencontre du filateur Safilin en Pologne

Publié le
7 sept. 2020

A l’initiative de la CELC (confédération européenne du lin et du chanvre), trois députés se sont rendus en Pologne à la rencontre de Safilin, l’un des derniers filateurs européens de lin né en 1778 à Armentières. Visite qui intervient sur fond de projet de réimplantation en France d'une filature, dernier maillon manquant de cette filière dans l’Hexagone.


Jean-Marie Fiévet (député Deux-Sèvres), Marie Emmanuelle Belzung (CELC), Séverine Gipson (Députée Eure), Vincent Despretz, (A.Salmon), Olivier Guillaume (Safilin), Alain Sourisseau (A.Salmon), Xavier Batut (député Seine-Maritime). - ©CELC - 2 sept 2020



Les députés Xavier Batut (Seine-Maritime), Séverine Gipson (Eure) et Jean-Marie Fiévet (Deux-Sèvres), reçus par l’Ambassadeur de France en Pologne Frédéric Billet, ont pu visiter l’un des deux sites de l’entreprise, à Szczytno. Safilin emploie 550 personnes et produit à l’année 3.000 tonnes de fils à destination de la mode et du linge de maison. Activité que son PDG Olivier Guillaume espère pouvoir redévelopper en France via un troisième site de production. 

“Nous avons échangé avec les députés français sur l'avancée de nos réflexions sur la relocalisation d'une partie de notre activité de filature, dans les Hauts-de-France, berceau historique du travail du lin”, explique-t-il. “Safilin a très à cœur de répondre à l'intérêt croissant des consommateurs et des professionnels pour une meilleure traçabilité des produits textiles et pour une fibre naturelle respectueuse de l'environnement, ne nécessitant que peu d'intrants pour sa culture.”

Ce projet s’inscrit dans un vaste mouvement de réapparition des filatures de lin dans l’Hexagone. L’industriel Pierre Schmidt a ainsi lancé sa filature à sec en début d’année via Velcorex/Emanuel Lang.

En Normandie, le projet de filière locale LINportant a rencontré un vif succès autour de sa campagne de financement participatif. Et, de leur côté, les marques 1083, Splice et Le Slip Français portent le projet Linpossible, qui vise à financer cette relocalisation via l’engagement préalable des marques, projet auquel Emanuel Lang et Safilin prennent part. Autant d’initiatives accueillies comme des signaux extrêmement positifs par la CELC, qui insiste sur l’importance d’aboutir.

“Le maillon filature se renforce en Europe de l’Ouest, tout particulièrement au Portugal et en France, et la CELC ne peut que s’en réjouir”, explique à FashionNetwork.com Marie-Emmanuelle Belzung, sa déléguée générale. “Mais ce que ce l’on souhaite, c’est que les projets qui vont aboutir soient menés par des gens qui se mettent en position de réussir : il serait dangereux pour le marché qu’un projet sorte de terre grâce au financement du plan de relance et que la qualité ne soit pas au rendez-vous”, explique à FashionNetwork Marie-Emmanuelle Belzung, sa déléguée générale. “Le marché n’a pas le temps d'absorption, les marques de luxe qui seront potentiellement intéressées n’ont pas le temps de faire des essais. Donc il faut rester prudent, ne pas aller dans la précipitation. Car la filature n’est pas un métier, c’est une addition de métiers : savoir acheter, peigner, assembler,”

Par ailleurs, la CELC pointe qu’au-delà du terme ‘relocalisation’, il ne s’agit pas pour les filatures de lin françaises de s’inscrire en opposition au modèle existant. Si la France et l’Europe produisent la quasi-intégralité du lin mondial, sa transformation était jusque-là dépendante de la transformation par les filatures chinoises et indiennes. “Nous avons des relations avec l’Asie comme client final mais aussi comme client intermédiaire”, pour Marie-Emmanuelle Belzung. “Donc cohabiteront forcément à terme les deux modèles économiques, local et non-local. Et cela les élus l’ont bien compris”.

Ce voyage parlementaire dédié au lin suit de quelques semaines une opération remarquée de la CELC au Palais Bourbon. Avec l’appui de la députée de l’Europe Marie Tamarelle-Verhaeghe, la confédération avait en juillet convaincu près de 80 parlementaires de revêtir des écharpes en lin. Un signe de soutien à la filière dont le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie avait lui-même souligné l’importance à l’occasion des questions au gouvernement. Indiquant porter lui-même pour l’occasion une cravate en lin.

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