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Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
14 oct. 2022
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4 minutes
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Litkovska et Anna October célèbrent l’artisanat, entre Kiev et Paris

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
14 oct. 2022

Pas évident d’aller de l’avant avec la guerre en toile de fond. Pourtant, les designers de mode ukrainiens sont prêts à relever le défi. Économiquement, les marques sont actuellement dans une situation critique. Luttant pour survivre, elles se voient forcées de réorganiser leur activité et de délocaliser leurs ateliers à l’étranger. Leurs créations, elles, se font l’écho de questionnements existentiels et sociaux quasi-philosophiques. La valeur du vêtement en tant qu’objet et la pertinence de l’événement de mode dans un contexte de lutte armée sont remises en question et façonnent les propositions. À Paris, deux créatrices parmi les plus reconnues de la scène ukrainienne ont présenté leur propre vision, marquée par un étonnant optimisme.


Litkovska


Lors de l’avant-dernière participation de Lilia à la Fashion Week de Paris, fin février dernier, sa marque s’appelait encore Litkovskaya. À cette époque, la créatrice était devenue l’ambassadrice du design de son pays après une émouvante présentation au Tranoï et commençait déjà à préparer son avenir dans la capitale française, loin de son atelier à Kiev. Maintenant tronquée de son "ya", sous sa nouvelle identité simplifiée de Litkovska, la marque était inscrite au calendrier officiel de la dernière édition de la semaine de la mode parisienne. Elle y a présenté des créations façonnées par une perspective et un point de vue découlant directement du conflit des derniers mois.

"Raconter ce qui se passe en Ukraine"

“Cette collection est une sorte de réponse. Je dispose d’un grand porte-voix pour raconter ce qui se passe en Ukraine, et la mode est une manière de refléter les événements du monde entier“, expliquait la créatrice. Pour cette Fashion Week, elle a fait le choix d’un défilé sans grands artifices, délibérément démocratique et ouvert au public, où les mannequins ont arpenté le jardin des Tuileries avec naturel jusqu’à un manège, où elles ont pris place et tourné leur regard vers le public. C’est à ce moment que le carrousel s’est mis en marche au rythme d’un chant traditionnel ukrainien, "Vesnianka", qui est aussi le titre de la collection. Aux cris de “Slava Ukraini“ (Gloire à l’Ukraine, ndlr), Lilia Litkovska est apparue en larmes, enveloppée dans le drapeau bleu et jaune de son pays.

Comme à son habitude, elle a puisé dans l’art traditionnel ukrainien de la confection pour proposer différentes réinterprétations de costumes deux-pièces aux accents masculins, parfois déclinés sous forme de tailleurs-jupes. La proposition ne manquait pas d’élégance, avec ses capuches en crochet, ses broderies superposées, ses franges, ses vestes et ses manteaux tissés à l’aide de techniques artisanales de confection de tapis, ses denims déconstruits et même sa longue robe satinée couleur ivoire. L’objectif : mettre en valeur le savoir-faire ukrainien et le faire connaître au monde entier. “L’art ne peut pas exister sans artisans“, concluait la créatrice, décidée à rendre hommage au travail manuel et traditionnel.


Anna October


Également Parisienne d’adoption, l’Ukrainienne Anna October a fait ses débuts à la Fashion Week de Paris avec une présentation aux pieds de la tour Eiffel, dans l’ancien atelier de l’ingénieur Gustave Eiffel, dans le VIIe arrondissement. Optant pour un format moins guindé que le défilé, la griffe a choisi une mise en scène bucolique, légère et conviviale, où les mannequins interagissaient avec les invités lors d’une sorte de goûter/pique-nique dans le jardin.

"Le corps de la femme est toujours mon point de départ pour créer des textures et des coupes agréables et flatteuses. Mon travail consiste à apporter de la lumière et de la légèreté aux vêtements, c’est ainsi que je conçois la féminité“, expliquait la créatrice. Cette marque au positionnement haut de gamme distribue ses collections dans une trentaine de points de vente physiques et virtuels, comme Moda Operandi ou Sensse. Pour cette première apparition à la Fashion Week de Paris, elle a cherché l’inspiration de sa collection printanière dans l’univers du jardin et le personnage de l’écrivaine Vita Sackville-West.

Tout comme Litkovska, Anna October a utilisé des techniques artisanales comme le crochet et le macramé pour tisser d’élégantes robes épousant le corps des mannequins. Les coupes, elles, sont inspirées de marchés vintage en Grèce et en France, et de la collection d’archives du musée ukrainien Ivan Honchar. Cette féminité décrite par la créatrice s’exprime dans une palette de couleurs pastel, de matières soyeuses et ajustées et de délicates références florales. Les corsets de certaines robes imitaient d’ailleurs des pétales de tulipes. Les drapés à partir de textiles tressés sont eux aussi un symbole de féminité en Ukraine.

"Ce travail pourrait se faire à la machine, mais pour moi, cela n’aurait aucun sens. L’idée consiste à préserver l’artisanat et les techniques traditionnelles. C’est une manière de faire entrer les pratiques rustiques dans la ville", commentait la designer, qui est rentrée en Ukraine après avoir vécu six mois à Paris. Les deux pays ont façonné ses dernières créations, empreintes de douceur: "Les changements que subit actuellement le monde nous poussent à revoir nos priorités pour nous concentrer sur ce que nous voulons vraiment faire, sur le beau et l’authentique", analyse-t-elle, reconnaissant l’influence du contexte sur son processus créatif.

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