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Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
6 mars 2021
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4 minutes
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Loewe et JW Anderson: double programme de défilés en boîte

Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
6 mars 2021

Depuis le début de la pandémie, aucune saison de mode n'est complète aux yeux des initiés sans son "défilé en boîte" inventif proposé Jonathan Anderson pour sa propre maison, et pour Loewe, son autre job. Deux boîtes, et deux collections à une semaine d’écart : la seconde était présentée par Loewe ce vendredi.
 

La boîte en fer envoyée par Loewe et contenant les images du défilé Automne/hiver 2021, alors que la marque veut "prendre ses distances avec les formats de présentation numériques" - Photo: Loewe


Cette série de cabinets de curiosité contient toutes sortes de choses : du papier peint, de la colle et des ciseaux, des photographies d’art, des échantillons de tissu et des jouets pour enfant : tous devenus des pièces de collection. A tel point qu’on se les arrache pour des centaines, voir des milliers d'euros sur les sites à la mode.

Tout ceci n’aurait guère d’importance si les collections elles-mêmes n’étaient pas aussi intéressantes. Fort heureusement, les vêtements de JW Anderson comme ceux de Loewe sont globalement ultra innovants et inspirants. Et ce sera encore le cas de ces deux opus, en particulier la collection Loewe.

Commençons par JW Anderson, collection dévoilée le 26 février, et très influencée par les liens noués par Jonathan avec la céramiste kényane renommée Magdalene Odundo, et qui faisait d’ailleurs allusion à un défilé antérieur sur lequel ils ont collaboré, pendant la décennie précédente.


JW Anderson - Automne/Hiver 2021 - Photo: Juergen Teller, avec l'aimable autorisation de JW Anderson


Jonathan Anderson traduit les gravures dessinées par Magdalene Odundo à Belfast en couvertures tricotées main, ou en lainages écossais. Le tout photographié par Juergen Teller, autre exemple d'un échange qui se poursuit entre le créateur et un artiste partenaire.

« Dans une période où les choses évoluent aussi bizarrement, c’est agréable de revenir à l’idée d’une silhouette, à celle du corps », expliquait le toujours juvénile Jonathan Anderson dans sa vidéo tuto, perché sur un tabouret devant toute une série de clichés pris par Juergen Teller.

La silhouette féminine imaginée par Magdalene Odundo a nourri des formes curvilignes, des robes volumineuses, ou pour reprendre les mots du créateurs : « des formes totémiques et des volumes anormaux », déclinés en combinaisons en maille et robes en forme de perle. Des dessins bruts sombres, ornithologiques, sont devenus des robes en maille jaune et d’énormes capes. Le tout porté sur des bottines dorées à paillettes, avec les grosses boucles chaîne en or qui sont la marque de fabrique de Jonathan Anderson.

« Le corps est un vaisseau qui recèle des informations, déclarait le créateur, soulignant sa trajectoire expérimentale en matière de color block. »

C’était peut-être davantage une démonstration d’art qu’un défilé de mode, mais cette collection influencera le vocabulaire de la mode pendant toute l’année à venir.


JW Anderson - Automne/hiver 2021 - Photo: Juergen Teller, courtesy of JW Anderson


Vendredi matin, c’était au tour de Loewe, pour qui Jonathan Anderson a imaginé un journal "pour accompagner votre café du matin". Hemingway aurait approuvé.

Un quotidien dans une boîte métallique, qui contenait également un morceau de bois avec un dessin un peu enfantin réalisé par les directeurs artistiques fétiches du créateur, M&M, et faisant allusion à The Affair, le tout nouveau Danielle Steel. Qui n’est pas fan de la romancière se voit bien obligé de citer le résumé donné par Amazon : "Quand Rose McCarthy et son équipe de Mode magazine lancent un shooting de couverture avec la jeune actrice la plus en vue d’Hollywood, l’aventure brûlante entretenue par cette dernière avec un écrivain français à succès est révélée au grand jour."

Peu après que la vidéo du défilé ait été mise en ligne et sur le site officiel de la Fashion Week de Paris, parmi les 92 marques qui participent au calendrier officiel, les rédacteurs de mode ont également reçu une étrange requête signée Loewe, avec les instructions suivantes, imprimées en rouge : « Veuillez noter qu’il n’est pas possible de citer le texte de Danielle Steel dans vos comptes-rendus sur le défilé. »


Loewe - Automne/Hiver 2021 - Prêt-à-porter féminin - Photo: Loewe


 
Hemingway aurait été atterré. Même chose pour nous. Nous étions quelques-uns à nous croire à Paris, et non pas à Hong-Kong ? Il faut que les lecteurs connaissent la teneur du texte incriminé : « Cadre (Sa passion et son sens instinctif de la mode s’étaient révélés à l’époque où elle vivait à Paris). »

Après ce contretemps, quid des vêtements ? Eh bien vous savez quoi, ils étaient assez géniaux : des parkas en intarsia matelassé aux rayures et color block pleins d’audace, des boléros à frange carrément excentriques, des robes fantaisies en viscose embellies par des boucles, ou encore des bustiers en cuir portés avec des pulls à découpe.


Loewe - Automne/Hiver 2021 - Prêt-à-porter féminin - Photo: Fumiko Imano for Loewe


 
Le tout complété par des mocassins à grosses semelles de rebelle en cuir de veau ou d’agneau. A chacun de ces looks, la top Freja Beha Erichsen assortit un sac ultra accrocheur, de la pochette Flamenco en cuir nappa à l’Amazona 28 en cuir de veau.

Le lookbook était photographié par Fumiko Imano, essentiellement dans le restaurant Le Train Bleu de la Gare de Lyon où – ne l’oublions pas – Hemingway raconte pour la première fois dans Paris est une fête comment F. Scott Fitzgerald commence à partir en sucette.
 
 

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