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Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
28 févr. 2020
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Loewe et le chic céramique

Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
28 févr. 2020

Demandez à tous ceux qui ont assisté aux défilés parisiens cette semaine quelle voix souffle le plus de fraîcheur dans la mode en ce moment, et il est fort probable qu’on vous réponde Jonathan Anderson. Ce dernier a présenté une collection remarquable, noble et novatrice pour la maison Loewe ce vendredi à Paris, par une matinée bien froide.


Loewe - Automne-Hiver 2020 - Prêt-à-porter féminin - Paris - © PixelFormula


Cela fait un moment que Jonathan Anderson associe chez Loewe les éléments du chic parisien et l’art de la Renaissance espagnole. Pour l’automne hiver 2020/21, il a ajouté une couche supplémentaire : les œuvres de Takuro Kuwata, un céramiste japonais qui a gagné une mention spéciale du Loewe Foundation Craft Prize, une récompense dédiée à l’artisanat d’art que le créateur a inventée pour la griffe espagnole.

Le résultat était intégré dans des plastrons et empiècements ventraux sur une série de robes aux formes richement ornementées, ainsi qu’une collection géniale de gros bracelets et breloques carrés accrochés à quelques sacs élégants, tel le sac à main Flamenco.

À partir de brocards dorés et de jacquards de soie, contrastant avec des laines plus fonctionnelles, Jonathan Anderson a conjuré une démonstration de mode pleine de brio. Curieusement, nombre des formes les plus abouties faisaient davantage penser à Van Eyck ou Vermeer qu’à Velasquez. Comme les robes qui ouvraient le bal, strictes au niveau du torse puis évasées sous la taille, ou encore un manteau gris tatou de confédéré à la coupe vraiment brillante, qui a fait palpiter d’envie les narines des acheteurs du premier rang. Le créateur a taillé un unique costume en sergé noir, qui tombait parfaitement – et était en outre complété par des escarpins ultra stylés, ornés de perles au logo « L » de la maison.

Mais le moment le plus marquant était un trio de superbes robes en jacquard de soie, portées avec des coiffes en plumes aussi larges que celles des gardiens de la Tour de Londres. La version gris mastic portée par une top asiatique était un véritable rêve pour Instagram.


Loewe - Automne-Hiver 2020 - Prêt-à-porter féminin - Paris - © PixelFormula


Par rapport à la plupart des créateurs qui œuvrent pour deux grandes maisons – dans son cas, Loewe et sa propre marque, JW Anderson – le natif de l’Ulster parvient généralement à éviter les glissements entre ces deux esthétiques. Cette saison, il y en avait quelques-uns, comme ce duo de manteaux trapèze géants avec d’énormes revers, qui rappelait son défilé londonien il y a onze jours. Mais dans l’ensemble, la capacité qu’a Jonathan Anderson à maintenir une distinction entre les deux concepts – en particulier en matière d’accessoires, qui sont au cœur de toute entreprise – reste impressionnante.

Cette saison, sur les podiums européens, recourir à des anciennes pour le casting était dans le vent. Loewe a de son côté laissé les tops d’expérience au premier rang – Amber Valletta, Doutzen Kroes, Karlie Kloss et Carolyn Murphy étaient assises ensemble face à Anna Wintour et au plus haut responsable de Jonathan Anderson, le big boss de LVMH Sidney Toledano, qui dirige une demi-douzaine de marques de l’empire de luxe, dont Loewe.

Et quand les spectateurs ont quitté l’UNESCO, où Jonathan Anderson a présenté tous ses défilés Loewe, c’était pour retrouver une journée humide, mais avec le sourire aux lèvres. Fait révélateur, Sidney Toledano arborait l'un des plus larges.
 

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