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Loi sur l'économie circulaire : les enseignes sont-elles prêtes ?

Publié le
today 31 janv. 2020
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Alors que la loi sur l'économie circulaire vient d'être définitivement adoptée ce 30 janvier par les parlementaires, amenant l'interdiction des destructions d'invendus, une étude relève qu'il subsiste chez les grandes surfaces spécialisées (Kiabi, La Halle, Gemo…) et enseignes spécialisées (Gap, Zara, Uniqlo, Adidas…), une forte marge de progression en termes de circularité. Ainsi qu'un certain relâchement en la matière du côté des grandes et moyennes surfaces alimentaires.


Shutterstock


Réalisée par Comerso, qui accompagne les commerces dans la gestion de leurs invendus via dons ou déstockages, l'étude relève que les magasins spécialisés ont l'an passé dopé leurs dons aux associations, avec 63 % contre 31 % un an plus tôt. Ces enseignes ont par ailleurs renforcé leur utilisation du déstockage, qui a en 2019 concerné 51 % des enseignes interrogées, en progression de 10 points. Une marge de progression derrière laquelle se cache, chez les dirigeants consultés, une méconnaissance en termes de responsabilité sociale et environnementale.

Ainsi, alors qu'ils sont 56 % à estimer avoir un rôle à jouer dans les grands enjeux climatiques et de biodiversité, 40 % des représentants des enseignes spécialisées interrogés par l'institut Ipsos connaissent mal les notions de RSE. Ils sont également 40 % à ne pas penser ou savoir que la nouvelle loi les concernera. Et sont même 48 % à ignorer que cette loi leur interdira bientôt la destruction des invendus. La note de priorité accordée par ces enseignes à la lutte anti-gaspillage est désormais de 6,4 sur 10, en recul de 0,9 point par rapport à l'étude réalisée un an plus tôt. Alors qu'ils sont pourtant 43 % à se dire confrontés à des problématiques de valorisation des déchets.

"Côté grandes surfaces et enseignes spécialisées, le baromètre révèle donc qu’elles n’ont pas anticipé la loi d’économie circulaire", résume Pierre-Yves Pasquier et Rémi Gilbert, cofondateurs de Comerso. "Les différents indicateurs montrent que le secteur est resté 'figé' dans ses pratiques, avec un niveau d’engagement modéré. L’appropriation de la loi va être l’enjeu clef : maintenant qu’elle est adoptée, comment 'embarquer' ces enseignes (et les autres …), comment la faire vivre de façon motivante, inspirante ?"

Une loi qui les vise directement



Comme indiqué précédemment, la loi sur l'Économie circulaire apporte au commerce d'habillement de nouvelles dispositions en matière de déduction de TVA sur les dons, ventes aux salariés, affichage environnementale ou encore collecte en magasin (relire notre article dédié). Mais le projet est au départ né des polémiques entourant la destruction d'invendus par certaines marques et enseignes, ce que la  loi récemment adoptée va bannir. Selon l'Alliance du Commerce, qui fédère notamment les enseignes d'habillement et chaussures, ces destructions étaient quoiqu'il arrive une pratique très marginale, les invendus ne pesant que de 1 à 5 % des volumes selon les enseignes, qui en faisaient majoritairement dons à des associations.


NB : la section GSS ne se limite pas aux enseignes de périphéries - Comerso


Les grandes surfaces spécialisées (Kiabi, La Halle, Gemo…) seraient, avec l'e-commerce, le canal de vente ayant le moins souffert dans ses ventes l'an passé. Ces "enseignes de grande diffusion" auraient même, selon l'Institut Français de la Mode, connu une progression de 2,2 % de leurs ventes sur l'année. Là où les enseignes spécialisées de mode ont essuyé un recul de 2,1 %. Tandis que les grands magasins, et magasins populaires comme Monoprix, s'inscrivent en chute de 0,8 %.

Les supers et hypermarchés aux aguets



Les grandes et moyennes surfaces généralistes seront également concernées, dès son application par la loi sur l'Économie circulaire. Ces hypers et supermarchés sont déjà depuis quatre ans à la Loi Garrot contre le gaspillage alimentaire. Les dons alimentaires des invendus (91 %) sont en chute de 5 points sur un an, 58 % des magasins n'étant pas collectés quotidiennement par les associations. Ce qui n'empêche pas ces enseignes de prendre au sérieux le gaspillage non-alimentaire : 79 % de leurs dirigeants indique connaitre des problèmes de stocks dormants non-alimentaires.

Les hypers et supermarchés continuent de représenter une part non-négligeable du commerce d'habillement, malgré une part de marché ayant chuté autour de 10 % durant la décennie écoulée, selon les chiffres Kantar Worldpanel. Sur la période janvier-septembre 2019, leurs ventes de mode ont en outre connu une chute de 5,9 %, selon l'Institut Français de la Mode, soit la plus forte chute de tous les canaux de vente d'habillement sur cette période.

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