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18 juin 2021
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Louboutin s’affiche contre le racisme via une capsule créée avec Idris et Sabrina Elba

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18 juin 2021

Dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, l’univers du luxe s'est emparé de la question du racisme et de la diversité, certains groupes à travers des donations à des associations ou en dotant leur structure de responsables pour la diversité, d'autres à travers des projets ponctuels. Par conviction ou opportunisme, selon les avis. C’est au tour de Christian Louboutin de mettre la question de la justice sociale en avant avec une collection capsule baptisée "Walk a mile in my shoes", en hommage à Martin Luther King. Une capsule qui fait polémique depuis jeudi et un post d'Assa Traoré, chaussures Louboutin aux pieds et poing levé. Explications.


Le couple Idris et Sabrina et Christian Louboutin - DR


C’est en suivant un débat entre Opal Tometi, la militante nigériane-​américaine cofondatrice du Black Lives Matter, et le couple très en vue formé par l’acteur anglais Idris Elba et sa femme américaine d’origine somalienne Sabrina Dhowre, que le créateur des célèbres escarpins à semelle rouge, qui a récemment eu une exposition retraçant son travail au musée national de l'histoire de l'immigration à Paris, a décidé de s’engager à leur côté.

De cette rencontre est né ce projet qui, via la notoriété de ces trois personnalités, espère avoir "un réel impact et améliorer directement la vie des personnes et des communautés dont la voix est importante mais est rarement entendue", indique la maison.

La totalité des bénéfices issus de la commercialisation de la collection sera reversé à cinq organisations à but non lucratif. Il s’agit de The Gathering For Justice, Be Rose Foundation, Purposeful, Somali Hope Foundation et The Immediate Theatre. Des "structures qui font changer les choses sur le terrain et qui améliorent au quotidien la vie des personnes et des communautés en difficulté", indique la marque dans son communiqué. Il est possible aussi de faire un don, sans acheter les produits, directement sur le site dédié au projet, walkamileinmyshoes.christianlouboutin.com/fr.

La collection pour homme et femme, composée de souliers (escarpins, sneakers, mocassins et chaussures à lacets), de sacs et autres accessoires en maroquinerie, se décline autour de deux motifs: le Strelitzia, fleur d’Afrique du Sud plus connue sous le nom d’Oiseau de Paradis, et la phrase de Martin Luther King imprimée ou brodée en rouge, "Walk a mile in my shoes"

Les prix se situent autour de 700 euros pour des sneakers simples ou sandales, grimpant jusqu’à 3.275 pour des escarpins strassés, tandis que les sacs oscillent entre 850 et 1.225 euros.

Il n'empêche qu'à travers cette démarche, Christian Louboutin s’expose au risque d’être accusé de "diversity washing". De fait, l’investissement réalisé pour lancer cette campagne avec force photos, vidéos, etc. bénéficiera surtout et avant tout à la maison de luxe surfant, comme bien d’autres marques depuis un an, sur les thèmes de l’inclusivité, la diversité et la lutte contre le racisme pour se donner une image éthique.


La photo postée par Assa Traoré, à l'origine de la polémique - Instagram


Parallèlement, Assa Traoré, militante contre les violences policières et sœur d'Adama Traoré, décédé en 2016 suite à une interpellation policière à Beaumont-sur-Oise, a annoncé sur les réseaux sociaux qu’elle participait à la campagne de Christian Louboutin, contribuant à brouiller les cartes autour de cette opération.

La militante, qui s’est proclamée plusieurs fois anticapitaliste, transformée ainsi en étendard d’une maison de luxe, a déclenché la polémique sur le Web, alors que dans un post sur Instagram, elle remerciait "chaleureusement" le chausseur et ses partenaires "de l’honneur que vous me faites en m’associant à votre campagne pour l’égalité et la justice pour tous, en y engageant votre prestigieuse marque Louboutin".

"Le message d’égalité et les valeurs que vous diffusez en encourageant les uns et les autres, à travers cette magnifique collection, à l’empathie et à l’action, sont le signe que nos espoirs de voir la justice sociale et civique triompher ne sont pas vains dans la lutte contre les violences policières, la discrimination", ajoute-t-elle sur un ton élogieux, qui visiblement a du mal à passer auprès de certains de ses partisans.

Face à l'ampleur de la polémique, Christian Louboutin s'est vu contraint de préciser le contexte de cette collaboration. "Assa Traoré n’est pas l’égérie de la collection", nous précise la griffe. "Sachant qu’elle est sensible à ces sujets, elle fait partie, parmi quelques 200 personnes en France et à l’étranger, a avoir été contactée pour, si elle le souhaitait, relayer le projet".

Aucune de ces personnalités n’a été payée, assure la marque. Elles ont juste reçu le programme de sensibilisation ainsi qu’un t-shirt et un modèle de la collection. Parmi eux, des activistes, des représentants de la communauté LGBT, mais aussi des acteurs, à l’instar de l’Américaine Taraji P Henson et des Anglais Cynthia Erivo et Damson Idris, des artistes telle Johanna Tordjman, des footballeurs comme Pierre-Emerick Aubameyang ou encore le mannequin américain Shaun Ross et Deesha Dyer, l’ex-secrétaire sociale à la Maison Blanche de Barack Obama.





 

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