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15 avr. 2020
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Loyers : 200 dirigeants du retail s'unissent pour interpeller les bailleurs et l'Etat

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15 avr. 2020

Pour s'organiser et profiter de la force du nombre pour faire face à la crise sanitaire et surtout aux bailleurs, plus de 200 enseignes et marques françaises (habillement, culture, meuble, optique, beauté, restauration...) ont décidé de se réunir en un collectif afin d'afficher une volonté commune sur la question des loyers commerciaux, alors que leur activité est proche de zéro. 


Une rue commerciale presque vide. - Pixabay


La première priorité de cette alliance soutenue par 15 fédérations est d'obtenir l’annulation des loyers et charges attenantes pendant la période de confinement. Parmi les membres de ce collectif - qui ne possède pas de nom précis -, se trouvent les dirigeants des groupes Beaumanoir, SMCP ou Etam, des chaînes Celio, Camaïeu ou Kiabi, des enseignes Boulanger, Electro Dépôt et Flunch, ou encore des grands magasins Galeries Lafayette ou des marques Vanessa Bruno, Kaporal et Les Georgettes.
 
"C'est assez beau et totalement unique dans l'histoire du retail, car cette union regroupe des grands groupes, des enseignes, des PME et des marques. En général, ces acteurs ont des problématiques différentes selon leur taille. Mais aujourd'hui, nous poursuivons tous le même but : avoir un message unique et clair concernant la question des loyers en appelant les grandes foncières à jouer leur rôle dans cette crise", livre Jordan Rosner, le PDG de Sabon France, l'un des dirigeants à l'origine de cette union.

Une tribune signée par ces 200 patrons a été dévoilée mardi dans les Echos, mais aussi envoyée à des élus et relayée par tous ces décideurs. "Alors que le Président de la République et le Ministre de l’Economie et des Finances ont évoqué le poids des loyers dans les charges des commerçants, nous, dirigeants de commerces de tous secteurs, tirons la sonnette d’alarme et appelons les bailleurs à prendre part à l'effort collectif pour lutter contre la crise qui ravage nos économies", débute ainsi leur lettre ouverte.
 
Si aucune mesure sur les loyers n'est prise, le collectif - qui a consulté des cabinets de conseil - estime que la crise actuelle pourrait détruire 400 000 emplois sur les 2,6 millions que compte le secteur du retail et de la restauration en France, et provoquer la fermeture définitive de plus de 50 000 magasins et restaurants. " Les loyers pèsent jusqu’à 20 % de notre chiffre d'affaires. Pour chacun d’entre nous, il s’agit du premier ou du deuxième poste de coût le plus important, en hausse constante ces dernières années. Comment, dans ces circonstances, nos commerces pourraient-ils payer leurs loyers alors qu’ils n’ont pas le droit d’ouvrir leurs portes et qu’ils ne réalisent aucune activité ?" se demande le collectif.

Les plus grands bailleurs ciblés


 
Outre l'annulation pendant le confinement, la mise en place de loyers progressifs à la reprise, indexés sur les ventes, est aussi demandée. "Si certains bailleurs, petits et grands, ont compris la gravité de la situation et ont décidé d’annuler les loyers, la grande majorité s'y refuse, notamment les plus puissants !"
 
De grandes difficultés et des défaillances éclatent déjà dans le secteur de la distribution, à l'image des sociétés du secteur mode que sont André, Orchestra ou La Halle. "Si rien n'est fait, de nombreuses autres enseignes pourraient suivre le même chemin provoquant ainsi des licenciements en cascade et une reprise de l’activité au ralenti voire désastreuse", avance Jordan Rosner, qui rappelle que "ce sont les enseignes qui apportent de la valeur aux actifs des bailleurs !".
 
En parallèle de cette prise de parole unifiée des patrons d'entreprises retail, les 15 fédérations mobilisées à leurs côtés (dont la FNH, l'Alliance du commerce, la Fédération française de la franchise...) ont envoyé ce mercredi matin une lettre ouverte au gouvernement, en reprenant les problématiques évoquées dans la tribune. Elles demandent ainsi à l'Etat, non pas de payer les loyers des enseignes, mais de jouer un rôle de médiateur avec les acteurs de l'immobilier commercial. Adressé à Edouard Philippe, Bruno Le Maire et Muriel Pénicaud, ce courrier explique à ces derniers que leur "capacité à fixer comme objectif de sauver emplois et magasins, et à réunir l’ensemble des parties prenantes pour trouver des solutions à la hauteur des enjeux, est indispensable".
 
"Nous vous demandons en urgence d’étendre à tout commerçant, quelle que soit sa taille, les dispositions de l’article 4 de l’ordonnance du 25 mars 2020 interdisant aux bailleurs d’appliquer des pénalités de retard, d’exécuter les clauses résolutoires ou d’activer les clauses résolutoires, cautions et garanties bancaires", poursuit la missive.
 
Cette union d'une ampleur peu commune de commerçants et fédérations restera active tant que la crise ne sera pas passée, mais la question de sa pérennisation dans le temps n'est pas à l'ordre du jour.

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