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19 nov. 2010
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Luxe: comment vivre avec et faire vivre son héritage ?

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19 nov. 2010

Au dernier sommet du luxe du International Herald Tribune, qui s’est tenu à Londres mi novembre, la thématique abordée était Heritage Luxury. Un sujet vaste tant les angles d’approche sont nombreux. Deux questions principales ont jalonné les deux journées de réflexion: l’ancienneté définit-elle une griffe de luxe, rendant de facto difficile l’émergence de nouvelles marques sur le créneau ? Comment faire revivre le passé ?

"Le luxe dans le monde semble être bâti sur le passé. Je ne peux compter le nombre d’anniversaires avec les 100 ans de Zegna, les 90 de Gucci, les 40 de Cavalli, les 25 de Tommy Hilfiger, les 160 de Lane Crawford… Mais, la question reste de savoir comment revitaliser les valeurs du passé", a commenté Suzy Menkes, Fashion Editor du International Herald Tribune et hôte de l’événement.


Alber Elbaz et Suzy Menkes en discussion à Londres.

L’héritage, selon elle, se définit avec de nombreuses facettes, dont l’histoire de la famille fondatrice, le savoir-faire originel et la part abstraite qui est l’âme de la griffe. "Avoir une longue histoire ne signifie pas que l’identité de la maison existe", a insisté de son côté Paul Smith. "Une maison de couture n’est existante que si elle est vivante", commente Karl Lagerfeld, qui travaille pour Chanel, Fendi et sa griffe éponyme. Selon lui à la fin des années 50, il n'y avait d’ailleurs que deux options, Balenciaga et Chanel. Mais Chanel a fait l’erreur de ne pas prendre le virage mode de la mini jupe et du denim.

La question qu’il pose avec ses confrères est la manière de garder vivant un nom tout en puisant des éléments dans le passé. Christopher Bailey rappelle ainsi que chez Burberry, chaque génération a influencé la griffe et son devenir. Le jeune designer rappelle sa surprise face à la diversité des modèles découverts dans les archives. L’enjeu est de garder les valeurs de la maison, mais aussi de les traduire dans un monde moderne et numérisé. D’où le lancement du projet Bespoke, avec lequel Burberry permet aux internautes de customiser son célèbre trench. "Mon travail est de comprendre le passé et d’habiller les femmes", estime Alber Elbaz chez Lanvin. Le designer s’inquiète que les archives, telles des formulaires, bloquent la créativité.


Paul Smith en pleine forme.

"Jil Sander, Missoni, Versace, Chanel … ont créé des histoires. Nous, nous sommes des êtres humains. La question, quand les designers quittent la maison, est de savoir: que reste-t-il ?", questionne Ralph Toledano, ex-PDG de Chloé. "Parfois, des designers se réjouissent de la faiblesse d’un ADN en se disant qu’ils sont libres. Mais, sur le long terme, c’est inquiétant pour la maison". "Nous avons des approches différentes. Mais des goûts semblables car nous avons grandi, vécu dans les mêmes endroits. Les designers extérieurs n’ont pas ces connexions", conclut Margherita Missoni.

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