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LVMH : l'acquisition de Belmond, signal optimiste pour le luxe selon les analystes

Par
Adnkronos
Traduit par
Sonia BROYART
Publié le
today 18 déc. 2018
Temps de lecture
access_time 4 minutes
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L'acquisition du groupe Belmond par le colosse français LVMH est perçue par les analystes comme un signal positif pour le secteur du luxe, démontrant l'existence de nouveaux segments de croissance potentiels, dans un contexte où l’on commence déjà à assister à des reculs, comme celui du secteur automobile, faisant craindre un cycle économique en train de s'essouffler. LVMH va acheter pour 3,2 milliards de dollars (2,81 milliards d'euros) un acteur stratégique de l'hôtellerie qui est propriétaire entre autres du Cipriani de Venise, du Splendido de Portofino et de nombreux autres établissements de luxe sur quatre continents, ainsi que de trains et bateaux de tourisme haut de gamme.


Bernard Arnault


« LVMH diversifie son portefeuille d’actions en entrant dans le secteur hôtelier avec une opération visant à diversifier ses gains, mais toujours en restant dans le secteur du luxe. Ce sont des opérations stratégiques classiques qui d’un côté sont positives puisqu’elles démontrent qu’il existe encore des pôles attractifs, même si depuis quelques mois, en jetant un œil du côté des marchés financiers, on assiste à des chutes importantes sur les attentes de baisses des bénéfices ou tout du moins à un cycle économique qui semble s'être essoufflé », estime Vincenzo Longo, analyste financier chez IG Market, qui fait également remarquer que ces difficultés ont « déjà touché le secteur automobile, alors que le secteur du luxe reste encore indemne et en ressentira les effets seulement au moment où il passera à la phase de recul ».

Ainsi, le groupe reprend de la valeur avec cette opération, « entre autres en payant un prix qui est légèrement plus élevé que le marché actuel. Elle a donc de bonnes perspectives ». Mais ce n’est pas tout. Les modalités avec lesquelles l'opération a été réalisée sont aussi stratégiques : « Quand l'entreprise paie cash pour acquérir une autre entreprise, elle s’attend à des retours et est très optimiste sur le succès de l'opération ».

Pourtant, ce n’est pas le cas « quand il y a paiement en stock, en actions ou avec échange, car dans ce cas, il y a une répartition du risque, un risque partagé, à partir du moment où des actions sont accordées à ceux qui vendent l'entreprise ». Vincenzo Longo fait aussi remarquer que « dans ces cas, les perspectives ne sont pas si prometteuses, le risque est bien présent ». En revanche, en payant la totalité de la somme en cash, LVMH « a lancé un véritable signe d'optimisme sur le succès de l'opération qui, à des fins stratégiques, vient s’ajouter à un portefeuille bien structuré, avec une cible spécifique qui est celle du haut de gamme, un segment premium du luxe avec des perspectives de croissance des gains ».

L'opération montre l’évolution rapide « vers des solutions intégrées dans un monde en changement. Des services interconnectés qui sont dans ce cas par exemple de grands hôtels de luxe pouvant devenir des vitrines pour leurs autres produits ».

Pour Vincenzo Longo, le seul doute relatif à cette négociation est au sujet du marché en particulier : « C’est-à-dire si le prix est jugé correct ou non. Mais cela sera visible seulement en Bourse, car les opérateurs font leurs propres calculs, ils ont peut-être en tête des attentes sur le ralentissement de l'économie qui pourraient être différentes de ce que l'entreprise a en tête en ce moment et nous pourrons donc évaluer le jugement des opérateurs à court terme ».

Selon l'analyste italien, il y a encore de la place pour de nouvelles opérations de consolidation du secteur, mais dont l’Italie ne sera pas protagoniste, davantage considérée comme une proie aux rachats. « Les Suisses et les Français sont ceux qui cherchent à aller et attaquer sur ce marché. C’est le signe que l'hôtellerie de luxe est un secteur où l'activité de fusion-acquisition reste frénétique, il y a de bonnes évaluations en cours, les perspectives restent solides et les entreprises font des pas importants ». En revanche « l'Italie reste toujours objet de rachat, une valeur sûre du secteur où il est bon de faire la plupart des dépenses en ce moment ».

Ainsi, en Italie, d’éventuels protagonistes d'opérations similaires dans ce secteur, « il n’y en a pas ». « Cela fait des années que dans le luxe, nous sommes continuellement rachetés par les Français principalement, ainsi que par les Suisses. Les seules opérations que nous avons réussi à réaliser dernièrement concernent le food & beverage, des entreprises cotées en Bourse ou non, par exemple Campari aux Etats-Unis, Autogrill, Ferrero... C’est le secteur où nous sommes les plus forts ».