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LVMH : un préfet mis en examen avant la clôture des investigations dans l'affaire Squarcini

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3 févr. 2022

Le préfet Pierre Lieutaud a été mis en examen en novembre dans l'enquête visant l'ex-patron du renseignement Bernard Squarcini, peu avant la clôture des investigations dans ce dossier lié au groupe de luxe LVMH, ont indiqué jeudi des sources proches du dossier.


Bernard Squarcini - AFP/Archives / Par Rémy BELLON



Elles confirment l'information de Mediapart, selon laquelle cet ancien numéro 2 du Coordinateur national du renseignement (CNR) à l'Elysée a été mis en examen le 18 novembre pour complicité et recel de violation du secret professionnel et du secret de l'instruction.

Aujourd'hui en poste auprès du secrétaire général du ministère de l'Intérieur, après avoir été chargé de la coordination nationale de la sécurité des Jeux olympiques, il est soupçonné d'avoir aidé en 2013 Bernard Squarcini, ex-patron du renseignement intérieur reconverti dans le privé, à obtenir des informations sur une plainte de l'entreprise Hermès contre le groupe de luxe LVMH.

"La mise en examen du préfet Lieutaud, qui fait d'ores et déjà l'objet d'une requête en nullité, procède d'une méconnaissance totale par le juge judiciaire de l'activité du renseignement, dont l'intelligence économique constitue un pan essentiel", a réagi son avocate, Me Marie-Alix Canu-Bernard.

"Au seul service de l'Etat depuis près de quarante-deux ans, les reproches dont il fait aujourd'hui l'objet sont bien entendu déraisonnables, mais surtout inquiétants pour la fonction et la nature même des services de renseignement", a-t-elle ajouté.

Cette mise en examen est l'une des dernières ordonnées par la juge d'instruction Aude Buresi avant la clôture des investigations, notifiée fin décembre aux parties.

Deux autres personnes - un consultant se présentant comme journaliste et un ancien coordonnateur des services de sécurité intérieure en Corse - ont aussi été mises en examen en novembre et décembre dans cette information judiciaire aux multiples ramifications, qui a révélé des liens troubles entre figures de la police, de l'espionnage et des intérêts privés.

Au coeur de cette enquête figure Bernard Squarcini, devenu patron d'une société de conseil en intelligence économique après avoir été évincé en 2012 de la tête de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, devenue DGSI) par François Hollande, qui le jugeait trop proche de son prédécesseur Nicolas Sarkozy.

Les juges le soupçonnent d'avoir profité de ses relations dans la police et de ses réseaux pour obtenir des privilèges ou informations confidentielles sur des enquêtes en cours, au profit de LVMH.

Au total, onze personnes sont poursuivies dans ce dossier.

Fin décembre, la justice a validé un accord par lequel LVMH a payé 10 millions d'euros d'amende pour éviter des poursuites.

Paris, 3 fév 2022 (AFP)

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