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Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
24 janv. 2021
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Malgré la pandémie, la semaine Haute Couture prépare sa renaissance

Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
24 janv. 2021

Pandémie ou pas, la saison de la haute couture parisienne — l'expression ultime du luxe dans la mode — débutera sur Internet lundi. Près de 30 maisons se disputeront l'attention des femmes les mieux habillées du monde.


© PixelFormula


 
Et malgré ceux qui prédisent année après année la mort prochaine de la haute couture, le calendrier officiel de l'événement, qui s'étend sur quatre jours, comprend un bel éventail de marques de luxe et de nouveaux talents aussi passionnants qu'inattendus. Coup d'envoi lundi à 10h avec Schiaparelli, et clou du spectacle jeudi à 16h avec les premiers pas en couture du designer Sterling Ruby, originaire de Los Angeles. La saison comprend des géants du luxe comme Chanel, Christian Dior, Giorgio Armani et Valentino, mais aussi des marques plus pointues, comme Charles de Vilmorin, Alexandre Vauthier et Julie de Libran.

Deux autres événements sont très attendus par la presse : les débuts de Kim Jones chez Fendi, le spécialiste romain de la fourrure, et ceux d'AZ Factory, qui signent le retour à la mode d'Alber Elbaz, l'ancien designer star de Lanvin. Pour respecter les mesures sanitaires en vigueur — qui interdisent tout rassemblement à Paris —, la saison se déroulera exclusvement en ligne, même si certaines maisons organiseront des présentations "phygitales". Le défilé d'Armani, par exemple, se tiendra à huis clos au Palazzo Orsini, l'un des hôtels particuliers du couturier à Milan.


© PixelFormula



Il y a dix ans, à peine une vingtaine de maisons présentaient leurs collections au cours d'une saison qui durait alors trois jours, ce qui témoigne du regain de vitalité de la couture — même si les origines de ce renouveau remontent plus loin, selon Ralph Toledano, le président de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode (FHCM), l'instance dirigeante de la mode française, qui contrôle l'accès au calendrier officiel des six saisons de défilés à Paris.

"Il y a plusieurs facteurs qui expliquent la vigueur actuelle de la couture. Tout d'abord, depuis l'émergence de nouvelles économies majeures, de la Russie à la Chine, il y a beaucoup plus de clientes potentielles et de personnes fortunées qu'il y a dix ans", analyse Ralph Toledano.


© PixelFormula



"Le deuxième facteur, c'est que pour les grandes maisons françaises, comme Chanel ou Dior, avoir une grande division haute couture est très important en termes de stratégie globale. Le fait est que leurs activités de couture ont connu une croissance énorme. Ces deux maisons, entre autres, embauchent beaucoup de monde depuis dix ans. Et font de l'argent, alors qu'à un moment donné, la couture était devenue une sorte d'exercice de marketing". 

Le troisième facteur remonte à plus de 25 ans, lorsque les lois réglementant le nombre d'employés et la taille des ateliers de couture ont été radicalement révisées et assouplies, sous la houlette de Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l'industrie. Une réforme qui a permis à plusieurs jeunes maisons aux finances modestes d'entrer dans le métier.




"Ces règles n'avaient pas été modifiées depuis 1945. Ces changements ont considérablement réduit les obstacles pour les marques qui veulent intégrer le calendrier officiel", indique le président de la FHCM.

Cette saison, deux maisons passent leur tour : la marque britannique Ralph & Russo et le couturier libanais Elie Saab, qui n'a pu tourner la vidéo de sa collection pour cause de pandémie, l'impact de la crise sanitaire étant particulièrement lourd au Liban.

Mais d'autres maisons accentuent leur engagement dans la couture. Comme Fendi, une maison centenaire qui n'a organisé son premier défilé couture qu'en 2015, quand Karl Lagerfeld pilotait son studio créatif. Jusqu'ici, Fendi ne présentait sa collection couture qu'une fois par an, en juillet. Désormais, sous la direction du designer Kim Jones, récemment nommé à sa tête, la maison romaine dévoilera également une collection en janvier.

L'entrée officielle dans la haute couture est un chemin tortueux, qui nécessite l'approbation préalable d'un comité de la Fédération composé de cadres des grandes maisons et d'experts de la mode. Mais au cours des deux dernières décennies, ce cercle restreint s'est élargi pour inclure des talents étrangers, du modernisme classique d'Armani à l'avant-garde de la créatrice néerlandaise Iris Van Herpen, en passant par des marques plus conceptuelles comme Maison Margiela ou Aganovich.

"Ce qui compte pour entrer au calendrier, c'est que le jeune candidat démontre sa capacité à devenir un grand couturier. Quel créateur ne voudrait pas s'essayer à la couture s'il en avait l'occasion ? On travaille avec les meilleurs artisans du monde, avec les meilleurs tissus et on a carte blanche, car la couture est le laboratoire de la mode. Que pourrait-on espérer de mieux ?" demande Ralph Toledano.

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