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Mannequins : la diversité de la société ne se reflète pas dans les vitrines

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AFP
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4 oct. 2009

PARIS, 4 oct 2009 (AFP) - Ils ne font pas la Une des magazines comme les stars des podiums, pourtant les mannequins de vitrine sont eux aussi un atout pour vendre: seul problème, ils ont souvent des traits d'européens blancs et ne reflètent pas la diversité de la société.


Photo : AFP

L'entreprise américaine Patina-V, rachetée par Cofrad, le leader français du secteur, fabrique des mannequins noirs "mais il y a peu de retour en Europe", explique ainsi Marc Lacroix, l'un des dirigeants de la société.

En France, comme en Allemagne et en Autriche, "ça ne marche pas", "c'est le type européen qui marche".

Il note que "les Anglo-saxons sont plus ouverts que la vieille Europe". Les mannequins noirs et asiatiques sont en effet utilisés "depuis longtemps aux Etats-Unis et nous avons des clients en Grande-Bretagne", dit-il.

En Asie, les clients préfèrent eux aussi les mannequins européens, estimant qu'"ils ont un pouvoir de séduction plus universel", précise M. Lacroix.

Pour Hélène Lafourcade, directrice de l'image et du merchandising aux Galeries Lafayette en charge d'un "parc" de 15.000 mannequins, "en France, il y a toujours ce côté un peu raciste". Beaucoup de magasins préfèrent les visages européens en se disant "comme ça, je ne vais heurter personne".

Elle-même a dû insister pour utiliser des mannequins aux traits européens, mais aussi noirs et asiatiques, dans un rayon destiné aux jeunes.

"Le mannequin a un rôle très important, ce n'est pas simplement un objet qu'on pose", souligne-t-elle. "C'est le vendeur statique", ajoute-t-elle, il permet de "multiplier par quatre les ventes d'un produit". "C'est comme un mannequin que vous voyez dans un magazine".

L'achat des mannequins, changés tous les quatre ans car ils se démodent comme les collections, représente "un budget considérable mais qui s'amortit", souligne Mme Lafourcade. Un mannequin coûte de 150 euros (pour un simple buste) à 1.500 euros, précise-t-elle.

Actuellement, la mode est davantage aux mannequins stylisés qu'aux mannequins réalistes, plus difficiles à utiliser et plus chers, selon les professionnels interrogés par l'AFP.

Ces mannequins dont le visage est "une espèce d'ovale", dont "on voit l'arrête du nez, un début de bouche", sont apparus il y a quelques années, explique Franck Banchet, directeur artistique du Printemps. "C'est Yves Saint Laurent qui a lancé la mode des mannequins au visage non réaliste, souvent laqué blanc, noir ou doré".

La stylisation permet "une identification plus forte pour le consommateur", souligne Hervé Lavenant, spécialiste du merchandising visuel chez Hugo Boss.

Créés au milieu du XVIIIe siècle comme outil de travail pour les couturières, réalisés successivement en osier, en fil de fer, en carton et aujourd'hui en fibre de verre, les mannequins se sont répandus dans les vitrines et les magasins avec l'avènement du prêt-à-porter dans les années 60.

Côté morphologie, comme ceux des podiums, "ils ont beaucoup changé depuis les années 50-60, souligne M. Banchet. Il y a une vingtaine d'années encore, "ils avaient une taille très, très fine, une poitrine plus importante, un peu à la Brigitte Bardot".

Aujourd'hui, beaucoup ressemblent au mannequin star Agyness Deyn, à la longue silhouette androgyne, qui a d'ailleurs son double en fibre de verre, tignasse blond platine comprise.

Par Dominique SCHROEDER

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