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Publié le
17 mars 2022
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5 minutes
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Marc Lolivier (Fevad): "Ces crises vont avoir un impact sur la politique d’achat des cybermarchands"

Publié le
17 mars 2022

L'ensemble de la filière mode voit avec inquiètude la guerre s'ajouter à la pandémie. L'e-commerce ne fait pas exception, notamment à l'aune des fluctuations des prix du pétrole et du fret, à même de complexifier les équilibres financiers. A l'occasion du salon One-to-One E-commerce Retail, qui s'est tenu à Monaco du 15 au 17 mars, le délégué général de la fédération de la vente en ligne, Marc Lolivier, évoque pour FashionNetwork.com les inquiétudes des dirigeants de portail. Et l'évolution de leurs investissements, notamment durables, à l'occasion des crises successives.


Marc Lolivier - Fevad



FashionNetwork.com : Quels sont aujourd'hui les sujets d'inquiétudes, pour les dirigeants de l'e-commerce ?

Marc Lolivier : L’approvisionnement, notamment venant d’Asie, la livraison, avec le coût des transports, et le pouvoir d’achat sont les premiers sujets qui inquiètent actuellement les dirigeants de sites. Il y a une inquiétude qui peut rappeler celle du début de la crise du Covid-19. La crise a agi comme un accélérateur de transformation, sur des phénomènes déjà identifiés et travaillés par les acteurs. Il se pourrait donc que, dans la crise géopolitique actuelle, nous connaissions à nouveau une accélération de phénomènes liés à la conjoncture économique. Cependant, les perspectives de croissance sont quand même là. Et je reste confiant: on voit par exemple que le prix de l’essence commence à retomber.

L'une des choses intéressantes que montrent nos échanges avec les dirigeants, c'est qu’une des conséquences de toute cette période de crise, c’est la relocalisation de leurs approvisionnements. Ces crises vont donc avoir un impact sur la politique d’achat des cybermarchands. Avec la volonté de privilégier des destinations proches, plutôt que des processus venant d'Asie. Pour des questions de géopolitique, de transport et de facilitation de l’approvisionnement.

FNW : La crise va donc accélérer les investissements de l'e-commerce dans la RSE ?

ML : Ces relocalisations vont se faire à la fois pour des questions de coûts et pour des questions d’enjeux environnementaux. C’est très clair dans les objectifs que se donnent aujourd’hui les e-commerçants. Plus qu’un impact direct de la situation en Ukraine, je pense que ces volontés de relocaliser sont liées au fait que l'ensemble de l’économie s’était arrêtée, puis que tout le monde ensuite repris en même temps. C’est surtout cette situation qui a causé nos problèmes actuels de coûts et de pénurie. Est-ce que cela va avoir un impact dans la durée ? La Banque de France prévoit de 2 à 4% de croissance, quel que soit le scénario. A l’évidence, ce sujet est suivi de près par les e-commerçants, dont l’optimisme pour l'année 2022 est plus tempéré qu'en 2021. Une année qui, il faut le rappeler, était exceptionnelle, poussée par la perspective de fin du Covid. On peut constater que les crises montrent la résilience de l’e-commerce

FNW : L'Alliance du Commerce fait état d'une contraction des ventes dès fin février, liée à l'invasion de l'Ukraine. Le conflit aura-t-il un impact sur la consommation en ligne ?

ML : Nous sommes rattrapés par l’actualité. Pour un secteur qui pèse 130 milliards d’euros et concerne 42 millions de Français, ça n’est pas vraiment étonnant. Je ne m'attends pas à une réelle inflexion des ventes. Cependant, quelque soit les évènements qui se produisent, il y a certes toujours un moment de sidération et un impact sur le moral des consommateurs, qui n’ont pas forcément la tête à dépenser et consommer. Les images qui nous arrivent d’Ukraine impactent donc la consommation. Mais cela reste généralement temporaire. Ce phénomène a tendance à s'estomper dans le temps.

FNW : Crise sanitaire, guerre… Ces événements incitent-ils le secteur à plus de prudence dans ses investissements ?

ML : Sur les deux dernières années, les dirigeants du secteur sont 51% à dire avoir augmenté les investissements. C’est sans doute lié au fait qu’on a particulièrement eu besoin du e-commerce durant les confinements. Au final, cela fait qu'il y a deux fois plus de dirigeants qui ont accéléré leurs investissements que de gens qui les ont ralentis. Par contre, il y a effectivement eu un impact sur l’activité à l’international. Qui reprend aujourd’hui très fort par un effet de rattrapage. Du côté des investissements sur l’emploi, les chiffres sont stables: une entreprise sur deux va continuer d’embaucher cette année. Quant à savoir si cette tendance va se poursuivre, même dans le cas où la crise devait perdurer, je ne pense personnellement pas que nous irons vers des baisses d’investissements.




FNW : Au premier confinement se posait chez les commerçants la question du ton à adopter. Avec une Guerre en Europe, faut-il, à l'instar d'une Paris Fashion Week, introduire plus de "gravité" dans son ton ?

ML : Cela n'est pas propre au commerce, mais toute marque ou distributeur se doit de savoir quel ton elle emploie avec ses clients, et d’adapter sa communication aux circonstances. Sachant qu'évidemment on ne peut arrêter de vendre en France en raison de ce qu’il se passe en Ukraine. Ce que l'on peut cependant noter, c'est que plusieurs sites d'e-commerce ont mené des opérations liées à l’Ukraine, ou soutenant les populations. Ce sont des choix qui nous rappellent que les consommateurs sont aujourd'hui en attente d’autres choses que de la performance économique, marketing et de services, de la part des marques et distributeurs.

FNW : La crise a aussi vu se réduire la crainte de la concurrence de sites vendant des produits chinois…

ML : Pendant deux ans, c’était l’une des plus grosses inquiétudes du secteur. C’est désormais beaucoup plus bas dans la liste des sujets problématiques. Fut un temps, on redoutait l'émergence de nouveaux acteurs sur ce créneau. Aujourd'hui, les regards des dirigeants se portent davantage sur les concentrations d’acteurs, et sur les accords stratégiques entre portails. On voit donc que les e-commerçants ont une approche plus pragmatique. Et cela se retrouve dans les attentes vis-à-vis de la présidentielle: l’innovation arrive en tête des sujets sur lesquels les candidats sont attendus. Avant même les questions de fiscalité et de réglementation. Et même devant l'attente de concertations avec les acteurs sur les questions de politique numérique.

FNW : Le scrutin peut-il agir comme un effet négatif supplémentaire, sur la consommation ?

ML : Il y a deux tiers des dirigeants de l'e-commerce qui estiment que oui. Il y aura un effet, modéré, mais effet quand même. Ce qui est certain, en revanche, c'est que 60% des dirigeants de la vente en ligne estiment que la campagne n’est pas au niveau des enjeux, sur la question du numérique. Alors que les partis sont attendus sur des sujets comme la cybersécurité des entreprises, ou l'indépendance numérique de la France et de l'Europe face aux Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft).

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