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Publié le
16 avr. 2020
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7 minutes
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Marc Pradal (UFIMH) : "Pour certains fabricants, les masques deviennent une opération rentable"

Publié le
16 avr. 2020

La filière tricolore du textile-habillement voit dans la crise actuelle une opportunité d'accélérer la relocalisation des productions et de sauvegarder les savoir-faire. Mais les entreprises doivent auparavant passer le cap d'une saison perdue, et préparer tant bien que mal une reprise dont elles savent déjà qu'elle sera difficile. La mobilisation autour des productions de masques et surblouses médicales permet aux sociétés de limiter le recours au chômage partiel, et de circonscrire la baisse de revenus des salariés volontaires. Mais cette activité commence également à générer quelques revenus, propres à préparer les trésoreries pour la prochaine étape. Ce qu'explique à FashionNetwork.com Marc Pradal, président de l'Union française des industries mode et habillement (UFIMH).


Marc Pradal - UFIMH


FashionNetwork.com : Dans quelle situation se trouve aujourd'hui les entreprises de la filière ?

Marc Pradal : Il faut différencier la situation des façonniers et des marques. Les façonniers se sont très trop inquiétés de la crise. Dans les dix jours qui ont suivi l'annonce des premiers cas de Covid-19 en Chine, les maisons de luxe et marques de mode ont annulé ou reporté des commandes. Dès lors, les façonniers ont adopté une position similaire à celle prise durant la crise de 2008 : partant du principe qu'ils auraient du travail jusqu'au 15 mai, ils savaient que cela serait plus compliqué par la suite. Leur idée était dans un premier temps d'épuiser tous les congés des collaborateurs, puis faire de la formation dès lors qu'il n'y aurait plus d'activité.

Or, le schéma n'est plus le même pour deux raisons. Tout d'abord, la prise en charge de l'Etat qui s'est engagé très tôt et très fort sur les mesures de chômage partiel, auquel recourent désormais deux tiers des entreprises d'habillement. Ensuite, est apparu ce besoin de masques, qui a permis de mobiliser un grand nombre d'entreprises. Au départ par solidarité et volontariat. Et qui a finalement permis de faire tourner quelques ateliers, voir parties d'ateliers en fonction du personnel disponible. Ces masques, on va pouvoir en fabriquer encore longtemps, ainsi que des surblouses. Tous les jours, les entreprises augmentent leurs capacités de production. Certaines étaient au départ réticentes, et nous rejoignent aujourd'hui. Nous avons désormais plus de 700 entreprises de textile, habillement et accessoires qui se sont mobilisées autour de ce projet. Mais certains ateliers se posent déjà la question de relancer en parallèle la production pour leurs clients.

FNW : Au-delà de la mobilisation, ces productions d'urgence sont-elles amenées à devenir plus lucratives ?

MP : Au départ, il y a eu beaucoup de dons. Désormais, nous sommes davantage dans une démarche permettant d'amortir des coûts d'ateliers, sans aller jusqu'à être commercial. Beaucoup le font en activité blanche. Mais, pour certain fabricants, les masques deviennent une opération rentable, permettant de préparer la relance. Ce n'est donc plus tout à fait le même mouvement qu'initialement. Nous sommes actuellement dans une phase de transition. Et je suis le premier à dire, y compris à la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher, que s'ils veulent toujours mobiliser autour de la fabrication de masques et surblouses, il faut aussi que les entreprises s'y retrouvent. Car on a quand même, chez certaines entreprises, la crainte de disparaître ou d'avoir des difficultés plus tard. Donc on ne peut rester éternellement dans ce schéma-là. Mais cela n'empêche pas qu'il y ait derrière une formidable mobilisation, étonnante et réjouissante. C'est un bel élan.

FNW : Les filières locales nous parlent de difficultés d'approvisionnement néanmoins…

MP : Nous allons en effet avoir une difficulté concernant les masques, car il faut pouvoir s'approvisionner en matière première. Ce souci va se faire sentir assez rapidement, autour des tissus validés par la DGA (direction générale de l'armement, qui valide les modèles, ndlr). Et, concernant les blouses, je pense que le problème de production ne sera pas résolu sur le marché français, mais avec des pays proches comme la Tunisie, le Maroc et les pays de l'Est. Cela se fera avec les Français, mais cela ne pourra pas être une réponse uniquement française. C'est une question de capacité. La blouse, c'est treize minutes de travail, contre une à deux minutes pour un masque. Pas besoin d'être équipé de la même manière, pas besoin d'outils de coupe automatique pour un masque, là où une blouse demande un outil industriel... que l'on trouve plus à l'étranger qu'en France.


Mode Grand Ouest


FNW : Qu'en est-il des difficultés des marques, privées de détaillants par le confinement ?

MP : Les marques, il y a très longtemps, fabriquaient elles-mêmes. Mais aujourd'hui elles se tournent la plupart du temps vers l'étranger. Elles ont donc immédiatement ressenti cette crise, qui sera durable pour elles. Car il y a une double peine : la fermeture des boutiques, avec reports et annulations de commandes dans un premier temps, pas de chiffre d'affaires et pas de salon ; et les stocks de collections du printemps 2020 qui leur restent sur les bras, et qui causeront des annulations ou réductions de commandes pour l'an prochain. L'UFIMH et la FFPAPF (Fédération française du prêt-à-porter féminin) ont réfléchi à des alternatives pour faire des présentations de collections à distance. Et la FFPAPF a mis en place des webinaires en ce sens, tandis que l'UFIMH met en place les moyens.

FNW : Comment la filière va-t-elle préparer la relance ?

MP : Nous travaillons sur deux axes que nous a confiés le Comité stratégique de filière (CSF) mode et luxe. Il y a d'une part les moyens de relance de l'activité. Nous devons donner nos préconisations sur ce point à la Direction générale des entreprises (DGE). Et il y a, d'autre part, la relocalisation. La demande de l'Etat tourne davantage autour des produits manquants afin de ne plus être en dépendance, comme cela est le cas pour les masques et surblouses. Et nous avons montré là-dessus notre réactivité.

Là où il faut d'ordinaire deux à trois ans au niveau européen, en l'espace de trois à quatre semaines nous avons mis au point des guides et des réglementations. Mais la question qui se pose est de savoir s'il est plus intelligent d'envoyer des avions traverser le monde pour aller chercher des masques qui seront portés seulement quatre heures en Europe. Personne ne s'est posé la question du bilan carbone, ni du recyclage de ces produits, alors que ce sont des produits jetés par millions chaque jour. Créer un masque lavable nous semblait bien plus intéressant.

FNW : Faut-il donc croire à une relocalisation des productions textiles?

MP : Nous allons creuser nos réflexions sur ce point. Deux éléments importants peuvent créer un nouveau contrat de confiance entre marques et fabricants français. Tout d'abord, les fabricants demandent juste de la fidélité et l'engagement, comme a su le faire par exemple Le Slip Français avec ses sous-traitants. C'est un état d'esprit remarquable. Ensuite, l'outil de production français doit aussi évoluer, grâce au numérique notamment, pour devenir plus durable, efficace, écologique et agile.


David Gallard/LV


FNW : La relance va beaucoup dépendre des trésoreries. Beaucoup d'échos tendent à dire que le secteur de la mode peine à obtenir des prêts garantis par l'Etat…

MP : Vous savez, on ne change pas comme cela la mentalité d'un banquier éduqué pour être prudent. Même si derrière il y a Bpifrance et l'Etat français, il y a une prudence vis-à-vis de certaines entreprises. Dans notre secteur, les entreprises sont généralement de tailles intermédiaires ou petites, et ne sont pas toujours stabilisées en termes de fonds propres. Donc on peut effectivement avoir quelques banques frileuses. Nous avons des retours un peu prudent, voire négatif. Mais cela n'est pas propre à notre secteur.

FNW : Concernant les assurances et les pertes d'exploitation, êtes-vous entendu par Bercy ?

MP : Nous avons fait une demande à Bercy sur ce sujet. Aujourd'hui, nous n'avons pas de réponses claires, tranchées et favorables. Là où l'on a une écoute, en revanche, c'est sur la formation. Au sein de notre nouvel outil OPCO 2i, bien moins souple que notre ancien Opca, nous essayions de retrouver la souplesse que nous avions avec notre organisme dédié Opcalia.

Nous aurons peut-être des solutions, dans les semaines à venir, pour refaire de la formation. Soit de façon un peu virtuelle durant la période de confinement, puis une formation lors de la reprise d'activité des entreprises. Nous avançons. Nous allons réunir des experts du made in France, mais aussi des professionnels de l'import-export, pour pouvoir réfléchir à demain. Voir ce qui, dans deux ou trois ans, pourrait rendre notre outil industriel plus fort et agile. Les premiers résultats devraient être présentés vers la mi-mai.

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