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16 janv. 2008
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Marcelle Guillet, couturière aux 1 500 fleurs

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AFP
Publié le
16 janv. 2008

PARIS, 16 jan 2008 (AFP) - A la veille des défilés haute couture, les 24 "mains" de l'atelier parisien de Marcelle Guillet, héritière d'une dynastie de paruriers floraux, font éclore minutieusement ces fleurs de soie ou d'organza qui orneront les prochaines collections de Christian Lacroix ou Chanel.


Marcelle Guillet pose avec l'une de ses créations dans son showroom parisien en décembre 2007 Photo : François Guillot/AFP

C'est là, à deux pas de l'Opéra Bastille, qu'à la presse, au pinceau, à la pince, orchidées, roses ou libellules naissent pour rythmer un revers de tailleur, les volants d'une robe du soir ou achever l'envolée d'un chapeau.

Marcelle Guillet, "maître d'Art" qui a réalisé plus de 1 500 modèles depuis ses débuts, aime évoquer le legs des trois générations qui l'ont précédée.

A l'origine, était l'arrière-grand-mère de Nantes, veuve et mère d'un garçon de sept ans, venue à Paris en 1896 pour y monter un atelier de broderies et fleurs en tissu. Un savoir perpétué depuis la Révolution, quand les Chouans, fidèles au Roi et à la Religion, brodaient en cachette les chasubles des prêtres.

"Très jeune, mon grand-père André a compris le parti qu'il pourrait tirer d'un métier artisanal si peu répandu. De feuilles de chêne en feuilles d'acanthe, ce sont des wagons entiers de feuillages qu'il expédiera chaque année vers l'Amérique Latine pour en décorer les églises baroques".

De trente ouvrières en 1914, l'atelier Guillet passe à une centaine après la Première Guerre Mondiale. A son tour, Marcel, fils d'André et père de Marcelle Guillet- se prend de passion pour le métier. On lui doit, pendant la Seconde Guerre Mondiale, le célèbre "bleuet, marguerite, coquelicot", aux couleurs du drapeau français. Symbole de résistance dans une France occupée.

"Puis, mon père est devenu ce grand décorateur à qui l'on doit d'avoir enrubanné de roses la Colonne de la Place Vendôme, orné les vitrines de Dior, des Parfums Caron, d'Hermès ou Gucci".

Marcelle se souvient d'"avoir vu fleurir les devantures des Galeries Lafayette, les grands escaliers de l'Opéra et de la Comédie Française, les réceptions du prince Karim Aga Khan aux couleurs de son écurie de chevaux de course, rouge et vert".

"Très tôt, je me suis mise à dessiner, à peindre, à travailler au pochoir, à la brosse. A treize ans, je gagnais mon argent de poche en réalisant mes premières fleurs", raconte-t-elle.

"Voilà comment, après quinze ans d'apprentissage, j'en suis venue aux accessoires de mode. Il y avait un créneau à prendre, je voulais être la meilleure", dit encore Marcelle Guillet qui a trouvé ainsi un moyen de "se distinguer d'un père célèbre".

C'était il y a vingt-cinq ans. Marcelle, épouse d'un grand décorateur et mère de trois garçons, trouve le temps et l'énergie de relever ce défi.

"J'avais dessiné mes premiers modèles et j'ai eu très vite la chance de travailler avec Angelo Tarlazzi, Christian Lacroix, Louis Féraud, Givenchy, Balenciaga, Yves Saint-Laurent ou Chanel. Tous m'ont aidée à progresser".

Au point de ne plus se passer de ses "mains". Même le Japon, où l'art du bouquet règne en maître, a adopté ses fleurs de mode, depuis déjà 17 ans. 20 % de son chiffre d'affaires est réalisé dans ce pays.

Chaque semaine, 500 à 700 corolles de soie, mousseline ou tweed rebrodé, quittent l'atelier du Viaduc des Arts "pour ce petit plus de rêve, d'élégance, de féminité".

Aujourd'hui, pour assurer la pérennité de son entreprise, elle l'a vendue en 2006 à Chanel, maison dont la fleur symbole est le camélia et qui a déjà racheté ces dernières années entre autres, le brodeur Lesage ou le bottier Massaro.

"Je ne supportais pas l'idée que tout ce savoir-faire soit perdu", lâche Marcelle Guillet dont les enfants ont choisi une autre voie.

Par Annick BENOIST

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