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22 sept. 2020
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Marisa Selfa (North Sails) : "Nous visons une croissance écoresponsable"

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22 sept. 2020

Marisa Selfa a été nommée directrice générale de North Sails Apparel en juillet dernier. Avec son parcours international, passée par Ecoalf, Cortefiel, Timberland, Levi's et Adidas, cette dirigeante a un regard transversal sur le secteur et ne manque pas d'ambitions, notamment écoresponsables, pour la marque d'inspiration nautique.


Marisa Selfa, directrice générale de North Sails depuis juillet - DR



FashionNetwork.com : Quelle est la priorité de North Sails aujourd’hui ?


Marisa Selfa : Nous revendiquons plus que jamais notre volonté de protéger les océans. C’est ancré dans nos racines depuis notre lancement. Cela passe par une stratégie écoresponsable. Je connais bien cette nécessité puisque j’ai été directrice générale puis PDG de la marque Ecoalf durant plus de deux ans et demi. Si aucune collection n’est parfaite, nous pouvons et nous devons néanmoins faire de mieux en mieux en collaborant main dans la main, en amont, avec les filateurs et les tisseurs. Nous développons aussi les gammes recyclables afin de nous inscrire dans une économie circulaire.

FNW : Qu’en est-il de votre stratégie commerciale ?

MS : Nous souhaitons devenir une marque globale. Nous étions une marque très italienne et notre premier marché reste l’Italie. Cependant, à partir du printemps-été 2021, l’Italie sera pour la première fois devancée par l’ensemble des marchés européens réunis. Nos principaux marchés sont l’Italie, l’Allemagne, la France et l’Espagne. L’Europe est prioritaire pour nous mais nous ne voulons pas nous développer à n’importe quel prix. Nous tenons à choisir les bons partenaires de la production jusqu’à la distribution de manière à produire une croissance écoresponsable.


La marque est partenaire de l'America's Cup et développe une ligne dédiée - DR


FNW : Quels sont les autres axes de développement ?

MS : Nous voulons équilibrer les ventes entre l’homme et la femme et devenir une marque plus mixte. Aujourd’hui, les ventes se font à 70% sur l’homme, 15% sur la femme et 15% sur l’enfant. Nous savons qu’il ne suffit pas de proposer tel produit masculin dans une couleur destinée à la femme. Cela passe par des équipes de design dédiées. Nous sommes persuadés que nos valeurs, notre défense des Océans touchent autant les hommes que les femmes.
 
FNW : Quels sont vos objectifs pour le retail ?

MS : Le retail donne vie à la marque. C’est son incarnation. Cependant, je ne veux pas ouvrir des magasins pour ouvrir des magasins. Je tiens à ce que ce soit mûrement réfléchi. Or cela ne concerne pas nécessairement des capitales, des grandes métropoles. Il peut être pertinent de nous installer dans des villes côtières, des stations balnéaires comme c’est le cas en France, à Saint-Tropez. Bien sûr, j’aimerais que nous ayons un magasin à Paris mais nous regardons aussi ailleurs, sur les côtes. Nous sommes satisfaits en Italie de la franchise et nous envisageons de la développer dans d’autres pays européens. En parallèle, nous nous appuyons sur les revendeurs qui sont de véritables partenaires qui partagent nos valeurs. Nous avons plus de 1000 revendeurs dans le monde dont 550 en Italie et nous disposons d'un total de 36 magasins à l'enseigne. Nous ne voulons pas être partout ni être obsédés par un chiffre d’affaires exponentiel. Enfin, nous allons encore investir dans notre e-shop qui a très bien fonctionné pendant le confinement. Nous allons le pousser pour partager notre expérience de marque.


Aujourd'hui, la marque doit aussi faire connaître encore davantage ses engagements - DR


FNW : Comment envisagez-vous l’après Covid-19 ?

MS : Selon moi, il y aura obligatoirement un monde post-Covid. Notre devise "Go Beyond" (NDLR : allez au-delà, plus loin) n’est pas un argument marketing mais c’est un état d’esprit qui imprègne l’ensemble de l’entreprise. Nous devons l’appliquer à notre vie quotidienne et nous construisons une communauté en ce sens. Cela paraît évident pour les nouvelles générations, d’ailleurs. Le mouvement écoresponsable était déjà présent avant le Covid-19. Or là, il prend tout son sens : les gens sont sensibles à la production locale, à la responsabilité sociale. Pour nous, cela passe par l’éducation pour expliquer le bio, le recyclable, l’économie circulaire, etc. La planète est malade. Les gens ont été et sont encore malades… Il y a une prise de conscience qui s’impose. Les gens vont moins acheter mais mieux.  
 
FNW : Est-ce que l’industrie arrive à répondre à ce mouvement écoresponsable ?

MS : Justement… On en parle beaucoup. Je n’arrête pas d’intervenir à ce sujet mais je trouve qu’il est temps de passer des paroles aux actes. Si ce mouvement touche de plus en plus de marques, il est encore minoritaire. Vous savez, cela passe par un changement de mentalités, par des perspectives à long terme et non une course de vitesse faite de fast-fashion. Cela demande des investissements et bien souvent, des marges plus réduites, au moins dans un premier temps. Eh bien, disons que cela ne fait pas encore l’unanimité. Alors, nous, nous gardons notre cap. Nous revendiquons nos engagements en innovant, en investissant et nous veillons non pas à être parfaits mais cohérents et sincères.

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