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26 sept. 2021
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Marni offre à Milan un grand moment de mode et de communion

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26 sept. 2021

Se retrouver unis, tous ensemble, dans un même élan créatif. Tel est le projet fou que Francesco Risso est parvenu à réaliser à la Fashion Week, samedi, à travers un show mémorable, offrant à Milan un grand moment d’émotion, de communion et surtout de mode. Pour ce retour sur les podiums, le directeur artistique a voulu rompre les codes et éliminer les barrières en habillant tout le monde en Marni... Pari réussi !


Une silhouette de l'été prochain - Marni


Au-delà des mannequins, les collaborateurs de la maison, techniciens et couturières, mais aussi les artistes participant au show, les invités spéciaux, vedettes et amis de la marque, sans oublier les journalistes, tous revêtaient vestes, pantalons ou pardessus de coton, récupérés des stocks de Marni et repeints chacun à la main de grosses rayures colorées verticales, chaque pièce se voyant affublée d’une grosse étiquette bordée de rouge avec l’inscription "Marniphermalia".

Le visage de chaque invité était par ailleurs à demi recouvert par une écharpe à rayures maison, de quoi cacher le masque sanitaire et surtout mimétiser toutes les personnes, intégrées ainsi en une seule et même communauté. Pour mettre en place cette énorme machine, les près de 500 invités-participants ont été invités quelques jours avant le défilé à se rendre au showroom de la maison du groupe OTB pour une séance d’essayages. Autant dire une organisation monstre.

Tous se sont retrouvés, samedi soir, dans un théâtre circulaire construit avec des planches en bois, tel un radeau de fortune. Le podium n’était autre que le parcours en spirale qui menait les mannequins, dans une ronde continue, à longer les gradins de bas en haut, au milieu des spectateurs habillés de rayures tout comme eux. Les musiciens avec leurs instruments à la main ont été les premiers à descendre des gradins pour prendre place dans l’arène, puis les choristes se positionnant, debout, au milieu du public en différents points de la salle.


Le styliste Francesco Risso joue les mannequins - Marni


Ce mouvement circulaire s’est poursuivi naturellement avec l’entrée en scène des mannequins, avec un casting on ne peut plus diversifié incluant femmes et hommes de tous les âges, tailles et horizons. Ils montaient et redescendaient du podium central pour repartir dans l’autre sens dans un va et vient incessant. Parmi eux s’était camouflé incognito Francesco Risso défilant pieds nus, emmitouflé dans une écharpe XXL à fines rayures dégoulinant jusqu'au sol. On pouvait repérer aussi ici et là quelques visages connus, tel le rappeur Ghali.

Le designer a choisi deux thèmes principaux pour cette collection printemps-été 2022 de la renaissance: "les rayures qui se multiplient partout, donnent du sens, relient" et les marguerites, qui "surgissent de manière résiliente pour se déconnecter et se reconnecter". Beaucoup de grosses rayures pop et graphiques, donc, dans des tenues bicolores black and white, mais aussi jaunes, bleues, blanches, rouges, etc. On retrouvait ces bandes bicolores, en particulier, dans des constructions en spirale, comme si le tissu s’enroulait autour du corps dans une robe moulante ou, au contraire, se défaisait décousu par endroit.

Francesco Risso réinterprète notamment la marinière, transformée en ample tunique-poncho bleue et blanche à partir de grands pans de tissus rayés recousus entre eux. Les marguerites aussi rappellent l’iconographie fun des années 1970, dans un esprit à la fois "peace and love" et hawaïen. Elles se déploient sur les vêtements en format géant, ou en petits motifs blancs parsemés sur des pantalons ou des bodies-maillots de bain.

Elle sont également assemblées une à une, en différents coloris, pour former des jupes ou minirobes bouquets. Une maxi marguerite blanche vient s’appliquer sur le devant d'un costume pyjama en soie à rayures marine et orange dorée. Les chaussures remportent pour leur part la palme de l'accessoire le plus désirable de la saison. Elles sont toutes tissées et peintes (chaussettes inclues), reproduisant à l'identique les modèles classiques de grandes griffes, du mocassin à chaîne à la basket en toile noire et lacets blancs.


L'explosion de joie et l'émotion à la fin du défilé - Marni


Quelques moments de pure émotion ponctuent la performance mise en scène par Francesco Risso et Babak Radboy, comme lorsque le poète Mykki Blanco prend le micro pour réciter l’un de ses textes, ou lorsque la chanteuse Zsela entonne un air mélancolique, presqu’un chant spirituel, du compositeur Dev Hynes, qui a mis en musique le show, accompagnée par les voix chaudes des choristes disséminés dans la salle.

Un dernier tour de piste et les applaudissements fusent. Mannequins et public, tout le monde applaudit à l'unisson et se rassemble au centre de la scène pour se serrer et s’embrasser. L’émotion est palpable. On voudrait que ça ne s’arrête pas. Les spectateurs traînent sur les gradins, encore émerveillés et secoués par ce qu'ils viennent de vivre.

Après un an et demi de pandémie, cette expérience collective, où chacun a pu prendre part au projet, donne comme un nouveau sens à la mode. Alors que la plupart des maisons ont repris l’habituelle grand-messe des défilés, comme si de rien n’était, Francesco Risso semble le seul à avoir changé d’approche et à proposer une nouvelle piste de réflexion.

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