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21 avr. 2021
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Michel Vernier (Pause Café): "On nous empêche de travailler et nous ne recevons aucune aide"

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21 avr. 2021

Alors que de nombreux commerçants sont partiellement ou totalement exclus des dispositifs d'aide, FashionNetwork.com a décidé de leur donner la parole dans le secteur mode. Une série d'entretiens qui débute avec Michel Vernier, le dirigeant de la société Ryvia, propriétaire de la griffe de mode féminine Pause Café. "Le quoi qu'il en coûte? C'est zéro pour nous". C'est en ces mots que ce dernier nous alerte sur la situation des marques de taille intermédiaire, qui ne bénéficient presque pas des mesures annoncées pour surmonter la crise. "On nous empêche de travailler et dans le même temps nous ne recevons aucune aide. Nous avons l'impression d'être le parent pauvre. Le trou dans la raquette est énorme et beaucoup d'acteurs de notre secteur ne sont pas soutenus, contrairement à ce que clame le gouvernement", déclare le dirigeant.


Née en 1988, puis rachetée par le groupe Ryvia en 2000, la marque Pause Café revendique un style "trendy-chic" et cible les quadras et quinquagénaires. - Pause café


Pause Café, qui a réalisé 10,5 millions d'euros de ventes en 2019, "ne rentre dans aucune case": la marque troyenne réalise moins de 12 millions d'euros de chiffre d'affaires et ne peut donc pas prétendre aux aides sur les coûts fixes, mais elle emploie plus de 50 personnes. S'appuyant sur un réseau de 17 succursales, 300 multimarques et 45 affiliés-commissionnés, elle ne s'apparente pas non plus au cadre des petites entreprises. De plus, le prêt garanti par l'Etat (PGE) ne lui a pas été accordé. Le seul soutien dont elle a pu bénéficier est le chômage partiel. Pour son patron, ce n'est évidemment pas suffisant.

Michel Vernier déplore également que les commerces de mode ne fassent pas partie des listes S1 et S1bis qui reçoivent des aides particulières, "alors que les importateurs textiles y sont eux inscrits, car appartenant au commerce de gros".

Sur le plan comptable, durant l'année 2020, la société a perdu 3,5 millions d'euros de ventes. Durant les confinements (avec la fermeture des magasins), mais aussi pendant les périodes de couvre-feu, qui faisaient perdre à la marque 22% de ses revenus hebdomadaires. "Si l'on prend les 14 derniers mois glissants, le manque à gagner atteint 4,5 millions d'euros. Il correspond aux ventes non réalisées dans nos boutiques, mais aussi au reliquat de commandes des clients multimarques et aux réassorts que nous n'avons pas faits".


La marque compte 17 magasins à l'enseigne - Pause Café


"Ce dont on a aujourd'hui besoin, c'est du carburant, de l'argent frais, et non pas des soldes en sortie de confinement, qui ne vont rien apporter", estime le patron, qui espère rouvrir ses boutiques le 3 mai, et non pas mi-mai. "Ce serait la catastrophe de repousser encore la réouverture. On se bagarre déjà pour utiliser les fonds disponibles au mieux, et je ne crois pas que nos boutiques - où nous recevons très peu de clientes à la fois et où les gestes barrières sont respectés - soient des machines à clusters".

Après une période de redressement judiciaire, la société a récemment validé un plan de continuation auprès du tribunal de commerce de Troyes. "Les experts du tribunal sont très présents et nous ont bien épaulés", reconnaît le dirigeant, qui a également écrit à tous les députés et les sénateurs de l'Aube. Sans trop de succès, avec simplement la promesse que son message serait transmis à Bruno Le Maire. "Les Français ont l'impression que des milliards d'aides sont distribués, et que les commerçants sont soutenus, mais ce n'est hélas par le cas pour tous, conclut amèrement Michel Vernier. Nombre d'entre eux sont proches du péril".

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