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Marguerite Capelle
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21 sept. 2017
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Milan Fashion Week : futurisme tropical chez Fendi, en pleine expansion

Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
21 sept. 2017

Cela commençait comme un hommage coloré au futurisme, mais s'est achevé sous des tropiques plein d'opulence : Fendi a présenté un défilé puissant au déjeuner, jeudi, et le directeur de la création, Karl Lagerfeld, était au top de sa forme. 

Photo: Fendi - Facebook


Prenant tous les risques, Lagerfeld a imaginé une toute nouvelle silhouette en ce concentrant sur des encolures à part : pour certaines pièces, le décolleté tombait sous la clavicule et très bas sous les épaules, pour d'autres, le col ressemblait presque un châle très large. « Une architecture flottante », expliquait Karl Lagerfeld au public en coulisses.

Soulignant l'attention portée à la ligne du corps, le magnifique programme papier était illustré d'une série de croquis dessinés par Karl, dont beaucoup étaient couverts des instructions données à ses ateliers pour les proportions. Comme « loin du cou » pour une robe avec un col ras-du-cou ou encore « effet blousant » sur le dessin d'une veste à col de dix centimètres, coupé assez bas pour révéler l'épaule nue.

« J'ai observé la géométrie de Giacomo Balla, mais j'ai fini par m'en détacher très nettement », lançait malicieusement le créateur allemand en faisant allusion à la star du Futurisme, le mouvement artistique italien qui méprisait les idées du passé et célébrait la mécanisation, la vitesse et la technologie.

Les matériaux clés employés par Karl Lagerfeld se composaient d'une série de tissus rayés audacieux, de motifs à carreaux et écossais. Ses principales couleurs évoquaient le sud de l'Equateur : rose corail, vert océan et bleu délavé par le soleil. S'ouvrant sur des hauts en popeline très frais, des jupes à taille haute évasées sous le genou, pour aboutir à de suggestives robes du soir en mousseline de soie transparente, la collection faisait forte impression.

Une collection plein d'audace, à laquelle une bande-son brillante offerte par le DJ et architecte du son français Michel Gaubert donnait encore plus de puissance : on aurait dit des rythmes tribaux africains, mais c'était en fait la musique de Ninos Du Brasil, un duo italien dont l'un des membres est Nico Vascellari, qui sort avec Delfina Delettrez, la fille de la créatrice de la maison, Silvia Fendi.

Peu de marques connaissent actuellement une croissance aussi fulgurante que Fendi, qui dépassera la barre des 1,2 milliard d'euros cette année. Le défilé comprenait une série de nouveaux sacs plein d'énergie : du cabas en résille écossaise transparente nommé « Podium », au sac seau Mon Trésor en cuirs exotiques, rebrodé de perles métalliques. Et tous les mannequins avaient un sac à la main.

La maison gagne du terrain dans le monde entier et dans toutes les catégories : en particulier celles qu'elle a inventées, comme les babioles de luxe, par exemple. La griffe romaine a vendu des centaines de milliers de monstres poilus et de petits renards Karlitos. Cette saison mettait l'accent sur l'humour, avec une mini-banane en cuir, à moitié ouverte pour révéler le fruit en forme de double F, le logo de Fendi.
 
Mais la véritable grande nouvelle aujourd'hui, c'était qu'un créateur octogénaire comme Karl Lagerfeld soit encore capable de sculpter de nouvelles silhouettes aussi enthousiasmantes... alors que beaucoup des jeunes stars d'aujourd'hui ne sont guère plus que des décorateurs de tissu !

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