Milano Unica s’interroge sur l'avenir du textile entre digital et durabilité

Dans un monde en devenir dominé par les avancées technologiques, les entreprises doivent plus que jamais changer leurs pratiques pour intercepter les nouvelles tendances et s’adapter aux demandes du marché. « Aujourd’hui, ce qui manque à notre secteur, ce sont les profils techniques super spécialisés. Notre devoir d’entrepreneurs est d’avoir une vision à long terme. C’est pourquoi nous voulons stimuler les réflexions sur le futur. Milano Unica n’est pas seulement un salon de tissus ! » C’est par ces mots que le président du salon de référence du textile italien, Ercole Botto Poala, a inauguré mardi la manifestation, qui se tiendra jusqu’au jeudi 8 février à Rho Milano Fiera.

Milano Unica se tient du 6 au 8 février à Milan - FashionNetwork.com ph DM

Les organisateurs du salon ont ainsi profité de la conférence d’inauguration pour promouvoir le débat sur l’avenir du secteur textile en abordant notamment les thèmes de la durabilité et du digital. « Nous sommes face à deux phénomènes : l’accélération du changement provoqué par les technologies et la possibilité de repenser nos modèles socioéconomiques. Aujourd’hui, il est inapproprié de distinguer mode et fashion tech. Elles ne font qu’un », a ainsi expliqué le scientifique futurologue David Orban, professeur à la Singularity University, lors de son intervention à la conférence.

« Grace aux technologies, nous pouvons inventer des processus de production radicalement différents. Pour cela, il faut stimuler les expérimentations à tous les niveaux au sein des équipes, sans hiérarchie. Certes, il y aura des résistances. Mais nous sommes face à des changements inéluctables. Aujourd’hui, il n’existe aucune barrière nous empêchant d’embrasser ce nouveau monde », a-t-il souligné, en rappelant comment l’impression en 3D, le graphène ou encore les tissus dotés de microprocesseurs sont devenus désormais une réalité.

« Ces changements ont des impacts. Le premier est cette accélération exponentielle du changement alors que le monde de l’entreprise est linéaire. De 1960 à 2020, le cycle de vie des entreprises est destiné à se réduire autour d’une vingtaine d’années. Grâce aux technologies, n’importe qui, n’importe où dans le monde, est en mesure de remettre en discussion des pans entiers de l’industrie », met en garde Pietro Sella, le directeur général (CEO) du groupe bancaire Sella, l’un des principaux sponsors de Milano Unica, lié au monde textile depuis ses origines puisque la famille Sella était active dans la production lainière à Biella.

Le président de Milano Unica a rendu hommage au tisseur Silvio Albini, récemment décédé - FashionNetwork.com ph DM

« Nous avons la chance de vivre ce changement, qui s’apparente à une nouvelle révolution industrielle et nous apporte un marché plus grand, de nouveaux produits et typologies de clients et des organisations plus efficientes. C’est une grande opportunité. Pour ne pas subir cette évolution en cours, mais en être l’acteur, Il faut changer de mentalité, s’ouvrir à l’écosystème de l’innovation en laissant les jeunes expérimenter, quitte à faire des erreurs et digitaliser tous les processus ! Cela signifie investir », conclut le banquier.

L’un des changements prioritaires aux yeux des tisseurs italiens est celui de la durabilité. Pour la première fois, à la demande des organisateurs, une cinquantaine d’exposants de Milano Unica ont mis en avant des tissus éco-durables, qui ont été réunis dans l’espace réservé aux tendances.

« Le problème, c’est que chacun a sa propre démarche en la matière. Or, pour être compétitifs, nous devrions être unis et cohérents en adoptant un même cahier des charges éco-durable », note Ercole Botto Poala.

L'approche a tout de même le mérite de concerner une part intéressante des entreprises présentes. Les organisateurs annoncent en effet 470 exposants pour ce nouveau rendez-vous dédié aux collections de tissus et d’accessoires pour la saison printemps-été 2019, contre 427 en février 2017. « Le fait d’avoir anticipé notre session de septembre en juillet nous a récompensé, comme en témoigne l’importante participation des tisseurs italiens à cette 26ème édition », souligne-Ercole Botto Poala. Au final, aux côtés des 54 entreprises adhérant aux Observatoires du Japon et de la Corée du Sud, les exposants traditionnels s’élèvent à 416 contre 365 un an plus tôt, avec un bond de 14 %.

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