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5 mai 2022
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Missegle: pari réussi pour le mohair fabriqué en France

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5 mai 2022

Pionnière dans le mohair français, Myriam Joly est éleveuse de chèvres angora depuis 1983. Cette ancienne ingénieure agronome est allée vers l’industrie textile pour faire transformer les toisons en de beaux articles qu’elle vendait alors sur les marchés. Petit à petit, son entreprise prospère. Elle se lance même dans la vente par correspondance en 1995. L’occasion se présente en 2007 de reprendre le façonnier avec qui elle travaille et qui est alors en faillite. “A l’époque, personne ne misait un clou sur le made in France, confie Myriam Joly. J’ai pourtant retroussé mes manches et j’y ai cru.” Ses arguments, novateurs à l’époque, tombent aujourd’hui sous le sens à l’heure de l’urgence climatique. Au programme pour Missegle installé à Burlats dans le Tarn: les matières naturelles (mohair, yack, mérinos, mais aussi lin, chanvre) et la production locale et durable afin de limiter l’empreinte carbone.


E-shop Missegle.


Labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant en 2016, Missegle produit aujourd’hui 300.000 paires de chaussettes par an, mais tricote également 30.000 pulls et 40.000 accessoires (bonnets, écharpes) chaque année.  “Notre chiffre d'affaires repose sur la vente directe puisque nous vendons à 80% par correspondance via notre catalogue papier et notre e-shop, poursuit la dirigeante. Les 20% restants sont réalisés par la production que nous effectuons pour d’autres éleveurs et pour les petites marques pour lesquelles nous produisons comme Baserange ou Laines Paysannes.”

Et le dynamisme est de mise chez Missegle qui a agrandi son siège et atelier à la fin de l’année dernière sous la houlette de Matali Crasset, portant les lieux à 3.200 mètres carrés. Les deux femmes se sont connues en 2019, lors de l’Académie des savoir-faire organisée par la fondation Hermès. Un bâtiment qui a son importance chez Missegle car il reflète l’histoire de de la marque et son chemin parcouru. “Nous avons connu 9 extensions différentes, symboles des succès de nos chaussettes en mohair d’abord, puis de nos vêtements en fibres naturelles, explique Myriam Joly. Le bâtiment reflète également l’ambiance dans laquelle mes fils et moi concevons notre travail: un lieu où chacun peut prendre plaisir à travailler et s’épanouir.” Ainsi les nouveaux 1.500 mètres carrés, tout en bardage comme une grange (fabriqués en bois issu de la filière tarnaise et surmontés de panneaux voltaïques), ont vu leur aménagement intérieur imaginé en lien avec les salariés de l’atelier. Aux côtés des espaces expédition, atelier, boutique et des bureaux, place à un espace détente avec salle de repos, une terrasse, une salle de sport ou encore un espace de co-création ouvert à tous. 


La chaussette : produit phare de Missegle.


“Il faut témoigner du fait que l’on peut être heureux en travaillant, que l’on peut être attaché à une entreprise et même intéresser des jeunes qui cherchent du sens à leur quotidien. L’idée est de construire un projet global malgré nos tâches répétitives”, souligne Myriam Joly. Dans ce sens, Missegle a ouvert son école en mars 2022 avec une première promotion de 16 personnes qui sont actuellement en formation. “Baptisée M l'École, celle-ci  vise à intégrer de nouvelles recrues et à professionnaliser nos collaborateurs en poste, poursuit-elle. De façon plus générale, notre mission est de transmettre des savoir-faire (couture, tricotage, tri du mohair…) et de contribuer à la dynamique d’incitation au travail dans l’industrie textile et de le faire découvrir au grand public.”


Myriam Joly entourée de ses fils, Gaëtan (à gauche) et Olivier Billant.


Et Missegle écrit déjà son futur grâce aux fils de Myriam Joly qui ont rejoint l’aventure. Ainsi Gaëtan et Olivier Billant ont respectivement intégré l’entreprise en 2010 et en 2012 en qualité d’Administrateur Internet et production chaussettes pour le premier et de Responsable logistique, vente directe et salon pour le second. “Je souhaite sortir de l’opérationnel d’ici à 2 ans pour me consacrer à mi-temps à la création des collections uniquement”, conclut la dirigeante. Depuis le Covid, Missegle, qui a fabriqué 230.000 masques, a enregistré en 2020 une progression de son chiffre d’affaires de 60% pour atteindre 8,5 millions d’euros. L’attrait pour le local devrait permettre à l’entreprise de poursuivre son ascension.

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