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Mode de l'été 2006 : renversante avec Viktor et Rolf

Par
AFP
Publié le
today 3 oct. 2005
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PARIS, 3 oct 2005 (AFP) - Les collections prêt-à-porter parisiennes pour le printemps-été 2006 ont prouvé une fois encore lundi l'ecclectisme des créateurs, toujours en quête de nouvelles voies d'expression, avec en tête Viktor et Rolf, auteurs d'un défilé "renversant", Paco Rabanne ou Kenzo Takada.


Un modèle de Viktor&Rolf lors du défilé des collections prêt-à-porter parisiennes pour le printemps-été 2006 Photo : Pierre Verdy

Viktor Horsting et Rolf Snoeren ont habitué le public parisien a des mises en scène spectaculaires. Lundi, le duo néerlandais n'a pas dérogé à la règle avec un décor, un défilé et une mode à l'envers avec en fond musical le très à propos "Upside down", immortalisé par Diana Ross.

Podium au plafond, nom de marque écrit à l'envers, fleurs la tête en bas et vase au-dessus : Viktor et Rolf ont poursuivi à Paris le concept de leur boutique milanaise ouverte il y a quelques mois, où tout est inversé jusqu'aux lustres plantés dans le sol.


Un modèle de Viktor&Rolf lors du défilé des collections prêt-à-porter parisiennes pour le printemps-été 2006 Photo : Pierre Verdy

Côté garde-robe, l'apesanteur est défiée avec des robes bustiers qui elles aussi ont chaviré à 180 degrés. Un pantalon saroual de loin est une veste à manches longues de près etc. Mais comme il s'agit de vendre aussi, les modèles passent une fois à l'envers et une fois à l'endroit, la plupart se contentant comme les chemises d'une inclinaison à 45 degrés plus respectable.

Dans le même esprit, les vêtements de dessous passent au dessus. Explication : le duo sort une ligne de lingerie.


Un modèle de Patrick Robinson pour le printemps-été 2006 à Paris - Photo : Pierre Verdy

L'Américain Patrick Robinson, qui présentait sa deuxième collection sur podium pour Paco Rabanne, veut "inventer une nouvelle esthétique. Une fusion de l'héritage maison et de la technologie moderne".

Des tissus métalliques rappelant l'histoire de la maison se promènent le soir dans des tons dorés. L'allure générale est sexy avec des robes aux dos fendus, des longueurs mini ou des pantalons au plus près de la jambe.

Le jeune créateur ajoute sa patte en s'inspirant des armures du Moyen-Age et des samouraïs pour transformer des vestes structurées en puzzles. Les vestes à brandebourgs en plumes apportent de la douceur tandis que les petites robes bleues en forme de "marcel" chic sont lumineuses.

Kenzo Takada revient aux affaires. Après six ans d'absence et avoir vendu sa maison Kenzo au groupe LVMH, il présente Goran Kobo (les cinq sens), une ligne art de vivre composée pour l'instant d'objets (dévoilés début septembre) à laquelle s'ajoute aujourd'hui une ligne de prêt-à-porter exclusivement d'été et intemporelle.

On retrouve dans cette collection tout l'ADN de M. Takada : les voyages et les couleurs. Son Japon natal lui inspire des paysages brumeux de montagne en noir et blanc ou des imprimés fleuris à repousser tous les hivers du monde. Les lignes sont simples et confortables et reprennent la mixité culturelle qu'il affectionne: robes chinoises, smokings occidentaux, caftans orientaux, saris indiens et sarongs indonésiens.

Au contraire, Jun Takahashi, l'un des plus brillants représentants de la dernière génération de créateurs japonais venant défiler à Paris, délaisse les matériaux luxueux pour le destroy ou le New Age. Les codes couleurs sont le blanc et ses dérivés ainsi que le noir, plus gothique, surtout quand certaines inscriptions proposent un "live in Père Lachaise cemetery" (concert live au cimetière du père Lachaise).

Ses femmes sont des sortes d'amazones modernes avec leurs guêtres-cuissardes et leurs tee-shirts nouvelle génération allongés pour faire des robes, à manches longues pour ceinturer un manteau. Ce vêtement, emblème de toutes les générations et catégories sociales né dans les rangs de l'armée américaine, semble se chercher une nouvelle identité.

Par Dominique AGEORGES

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