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16 déc. 2015
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Mode/luxe : un monde décousu, dépassé et hasardeux ?

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16 déc. 2015

A l’occasion du Comité stratégique de la filière mode et luxe, le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, et la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, ont reçu le rapport de la mission consacrée au développement culturel et économique de la mode et des créateurs français. Document que FashionMag Premium a pu se procurer.

Remis par l’ex-adjointe au maire de Paris, Lyne Cohen-Solal, le rapport de 60 pages pourrait bien surprendre les professionnels du secteur par un choix de mots très francs. Il dresse ainsi le portrait d’un monde « trop décousu » et aux financements jugés « trop hasardeux ». Intitulé « Avec intelligence et talent au bout des doigts : la mode, industrie de créativité et moteur de croissance », le document formule par ailleurs de nombreuses propositions afin de capitaliser sur le rayonnement du secteur.

Citant les nombreux professionnels consultés, Lyne Cohen-Solal voit ainsi dans la mode française un monde fascinant et dynamique, pointant néanmoins qu’il est souvent confondu avec l’image du luxe, des paillettes et de la « frivolité » par les consommateurs. Mais l’observation va plus loin, pointant une organisation historique devenue désuète et qui la prive de synergies, de visibilité et de puissance. Le rapport cite notamment les 25 fédérations du secteur. « Ces structures, très nombreuses, diversement actives, agissent séparément et semblent souvent se neutraliser », indique-t-il.
 
La formation n’échappe pas à l’analyse. Reconnue pour le talent de ses techniciennes, celle-ci est « scandaleusement privée de la reconnaissance de l’excellence dans la création ». « Il est surréaliste de constater que l’enseignement des métiers de la mode ne possède pas de véritable organisation, pas de références, et qu’il a été (…) abandonné, selon certains, au secteur marchand ». Quant à la carte de formations, elle est jugée « proprement illisible », reprenant l’expression d’une universitaire impliquée dans le secteur. Des formations qui, de plus, ne seraient par adaptées aux besoins industriels.
 
Un « éclatement des acteurs » ?

Et le financement du secteur, et notamment des créateurs et marques émergents, est lui aussi pointé du doigt. L’écosystème de financement n’aurait ainsi pas d’existence réelle, car « les différents acteurs agissent en ordre dispersé », sans politique commune. De la grande variété des types d’incubateurs à un accompagnement « morcelé et trop court dans la durée », en passant par une commercialisation toujours plus difficile, les jeunes marques et créateurs font face à des étapes de développement « difficile à franchir isolément ».
 
« Cet éclatement des acteurs déstabilise les créateurs qui n’ont pas de visibilité sur les dispositifs de soutien auxquels ils pourraient avoir accès et la rencontre avec les autres disciplines n’est pas suffisamment orchestrée », déplore Lyne Cohen-Solal. « Cet émiettement hérité des années glorieuses 1970-1990 ne peut perdurer face aux défis internationaux. »
 
Si la première partie du rapport donne un portrait hautement perfectible du secteur, le seconde partie s’emploie à formuler des propositions en vue d’améliorer la cohérence, la formation et le financement de la filière. Des propositions qui seront abordées dans la newsletter de FashionMag Premium de ce jeudi 17 décembre.

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