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12 mai 2020
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Molly Bracken l’emporte contre Chanel et conserve son label Gabrielle

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12 mai 2020

C’est l’histoire du pot de terre contre le pot de fer. Après plus de deux ans de procédure judiciaire, le groupe de mode français Molly Bracken l’a finalement emporté dans le litige qui l’oppose à Chanel à propos de sa marque Gabrielle dédiée aux grandes tailles, qu'il a créée en 2016. Le 27 avril dernier, le tribunal d’appel de l’Office britannique de la propriété intellectuelle a débouté le géant du luxe, qui affirmait détenir les droits de ce nom à travers "Chanel’s Gabrielle", marque déposée en décembre 2017.


Gabrielle, la ligne grandes tailles du groupe français - Molly Bracken


L’histoire débute il y a quatre ans, lorsque la petite entreprise de prêt-à-porter du Var, fondée en 2008 par Catherine et Julian Sidonio et employant près de 240 personnes, décide d’élargir son portefeuille, ajoutant à sa marque féminine phare, Molly Bracken, et ses lignes enfant Mini Molly et urbaine Lili Sidonio, un nouveau label dédié aux grandes tailles baptisé "Gabrielle" en référence à la muse du peintre français Auguste Renoir. Son nom est déposé en octobre 2016 dans les principaux marchés du monde.

Gabrielle, c'est aussi le prénom de la légendaire Coco Chanel, fondatrice de l’emblématique maison de luxe dénombrant quelque 20.000 employés dans le monde et dont le chiffre d’affaires frôle les 10 milliards d’euros. En 2017, elle lance le parfum "Gabrielle" et en décembre de la même année, elle enregistre le nom "Chanel’s Gabrielle" pour des sacs à main et une série d’autres produits. La ligne de sacs "Gabrielle de Chanel" sort l’année suivante, l’idée étant de rajeunir la clientèle du groupe avec un ligne jeune au nom clairement identifié avec la marque.

Mais le même prénom est déjà utilisé et a été enregistré par Molly Bracken avant Chanel. Une première bataille juridique en Suisse se conclut par la victoire de Molly Bracken. Chanel récidive, cette fois devant la juridiction britannique, où le groupe a installé sa holding Chanel Limited.

"En novembre 2019, le conseiller du Registre des marques a considéré que Chanel’s Gabrielle était visuellement, phonétiquement et conceptuellement trop similaire à la marque Gabrielle, ce qui pouvait entraîner une confusion chez le consommateur. Chanel s’est vu refuser la protection britannique du nom de la marque Chanel’s Gabrielle pour des sacs à main et autres produits", explique Molly Bracken dans un communiqué. Dans la foulée, la maison de luxe décide de faire appel, mais se fait débouter une fois de plus, en avril, et se voit condamnée à rembourser les frais d’avocats.

"C’est une très bonne nouvelle pour notre entreprise", se réjouit le dirigeant de Molly Bracken, Julian Sidonio. "C’est la fin de l’histoire. Nous allons pouvoir continuer à développer sereinement nos affaires, et en particulier l’expansion de Gabrielle, sans avoir à craindre de nouvelles attaques de la part de cette énorme entreprise", nous confie-t-il.

La société varoise avait initialement prévu un chiffre d’affaires en hausse de 30% en 2020, compte tenu des commandes déjà passées, en particulier aux Etats-Unis où les ventes devraient bientôt représenter le double de celles réalisées en Europe. Ce chiffre, non communiqué par le groupe, pourrait néanmoins être revu à la baisse avec l’impact de la crise du Covid-19.

Les marques de Molly Bracken sont désormais distribuées à travers 7.000 revendeurs dans le monde, dont 3.500 pour la seule ligne Gabrielle, qui s’affiche "en forte croissance". "Cela marche tellement bien que les femmes nous réclament toutes les tailles. Nous sommes en train de repositionner Gabrielle en élargissant la gamme vers des tailles plus petites, mais aussi vers un produit plus haut de gamme", conclut Julian Sidonio.

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