Mondadori : pour les syndicats, Reworld Média n’est pas "un acteur crédible"

Le 27 septembre, le groupe italien Mondadori annonçait entrer en négociations exclusives avec le français Reworld Media pour la cession de sa filiale française. L’éditeur transalpin, propriété de la famille de Silvio Berlusconi et dirigé par Marina Berlusconi, sa fille aînée, avait racheté en 2006 Emap France, filiale du groupe de presse britannique East Midlands Allied Press, et avait ajouté au portefeuille déjà existant de titres (Les veillées des chaumières, Pleine Vie, Télé Star…) Closer ou encore Grazia, lancé en 2009 pour sa version française.


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En France, les salariés s’inquiètent. « Début septembre, la direction française nous certifiait que Reworld Media n’était pas un acteur crédible à la reprise de la filiale hexagonale », explique à FashionNetwork.com un représentant syndical. De quoi être étonné quand, trois semaines plus tard, les négociations semblent bien avancées. « D’après nos informations, le groupe italien est en train de brader Mondadori France parce qu’il souhaite se débarrasser de la presse pour concentrer son activité sur l’édition de livres ». D’ailleurs, en Italie aussi, des cessions s’opèrent, comme celle du magazine Panorama, en passe d’être vendu au quotidien La Verità, fondé par le journaliste Maurizio Belpietro en 2016.
 
Reworld Media, qui possède entre autres Be et Marie France, énonce comme but œuvrer pour « la conversion des annonceurs ». Une ligne éditoriale qui a de quoi déplaire les salariés de Mondadori France, 700 en CDI à l’heure actuelle et 1 000 en comptant les pigistes et les prestataires, dont l’intersyndicale CFDT-CGC-CGT-FO-SNJ remarque dans un communiqué de presse que « la quasi-totalité des magazines publiés par Reworld n’ont plus de rédaction ». « Ce sont des agences de production de contenus qui les conçoivent et les réalisent. Et les services transversaux indispensables à toute entreprise de presse sont aussi largement externalisés ». Et de rappeler que depuis la cession des titres de Lagardère à Reworld Media en 2014, « les salariés transférés ont presque tous été poussés dehors. Et pas remplacés ».
 
En 2017, Reworld Media a réalisé un chiffre d’affaires de 185,6 millions d’euros, en hausse de 7 % par rapport à l’année précédente, attribuable en partie à la croissance de ses « activités digitales du media branding », en augmentation de 57 % au cours de la période, à l’inverse du recul du print, chiffré à -4 %. Présent dans 11 pays en plus de la France, le groupe réalise 56 % de son chiffre d’affaires en dehors des frontières hexagonales. Début septembre, Reworld Media a aussi annoncé la création d’une joint-venture avec la société Chalhoub, basée à Dubaï. Ils produiront et distribueront ensemble du contenu au Moyen-Orient.
 
De son côté, le groupe italien Mondadori affiche un revenu de 1,268 milliard d’euros en 2017 et un résultat net de 30,4 millions d’euros. La filiale française de l’entreprise à quant à elle réalisé un chiffre d’affaires de 297,4 millions d’euros la même année, en baisse de 7,5 % par rapport à l’année précédente.

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