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Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
15 janv. 2023
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4 minutes
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MSGM et K-Way: des tenues de clubs au sportswear pour artistes dynamiques

Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
15 janv. 2023

Samedi, MSGM et K-Way ont inauguré et clôturé le deuxième jour de la semaine de mode masculine à Milan, des tenues de clubs au sportswear pour artistes dynamiques.

MSGM : Une université de rêve



Voilà un créateur et une griffe qui montent : Massimo Giorgetti présente MSGM, qui depuis une quinzaine d’années est en train de devenir un nouvelle grande marque italienne.


Msgm - Automne-Hiver 2023 - 2024 - Prêt-à-porter masculin - Italie - Milan - © ImaxTree


Massimo continue à développer la maison avec le défilé plein de peps présenté samedi matin, au milieu des poutrelles métalliques d’une école d’architecture du nord-est de Milan, de style brutaliste italien.

Le concept de Massimo Giorgetti cette saison, c’est « L’université des rêves », une ode fashion à une fac imaginaire et aux jeunes qui forment le cœur de la fan-base de MSGM.

Le créateur cite même John Keating, dans La société des poètes disparus : "On ne lit pas et on n’écrit pas de la poésie parce que ça fait joli. Nous lisons et nous écrivons de la poésie parce que nous sommes humains … La médecine, la loi, le commerce et l’industrie sont des occupations nobles et nécessaires pour la survie de l’humanité. Mais la poésie, la beauté, la romance, l’amour : c’est tout ce pour quoi réellement nous vivons.".

Le résultat est une série de vêtements portant des messages imprimés en vrac – des logos de l’université Gothic Dreamers, des blasons, des chiens bicéphales et des têtes d’épagneuls.

Massimo Giorgetti n’est pas un créateur casanier, et il s’intéresse vraiment à la manière dont les jeunes ont envie de s’habiller de nos jours. Il s’y entend aussi pour couper les pantalons – à rayures tennis shiny ou cargo volumineux. Dans une ville qui a fait de la doudoune un must-have de n’importe quelle garde-robe, il intègre également une série de blousons "absurdistes" en duvet.

Selon le célèbre mot de Shelley, "les poètes sont les législateurs non reconnus du monde". C’est devenu le rôle des créateurs de mode, de nos jours, et Massimo Giorgetti ne fait pas exception.
 

K-Way: Le Café de la Paix à Milano



Carton plein pour la famille italienne Boglione, qui fait renaître K-Way, et propose cette saison un défilé de première classe, hommage au fondateur de la marque, Léon-Claude Duhamel.


K-Way - Automne-Hiver 2023 - 2024 - Prêt-à-porter masculin - Italie - Milan - © ImaxTree


À l’époque, en 1965, ce français avait imaginé un concept de vêtements en nylon cool et faciles à porter, idéal pour trainer un jour de pluie au Café de la Paix, près de l’Opéra de Paris, en regardant les gens se bagarrer avec leurs parapluies. Ce samedi, à Milan, K-Way avait recréé ce décor de terrasse, avec chaises en rotin, tables rondes imitation marbre et les stores verts emblématiques de ce fameux café.

"Je n’avais jamais imaginé que l’idée donnerait naissance à une marque aussi durable, ni qu’on serait tous là pour fêter ça aujourd’hui, ici. C’est magique", commentait Léon-Claude Duhamel avant le défilé.

Son concept pratique partait d’une question simple : "à quoi ça sert", autrement dit, à quoi bon tous ces accessoires, pourvu qu'on ait le nylon ! Le "quoi" mué en K, et le "Way" d’"American Way", ont donné le nom de la marque.

De nos jours, les fermetures éclair orange et jaune de K-Way sont partout les jours de pluie, dans toutes les capitales européennes, et la marque affiche une croissance ultra rapide. Cette collection automne-hiver entraîne la griffe vers de nouveaux horizons, avec toute une gamme de pièces hivernales à coordonner, qui ont fière allure.

Mini-jupes et shorts matelassés, doudounes gargantuesques ou maxi-manteaux cocons rembourrés, tout était extrêmement accrocheur. Des blousons doudoune de montagne orange, coupés comme des tenues militaires, des vestes en duvets ornées d’un nouveau monogramme K, et des sacs en forme de parachutes.

Le casting était admirable, avec une beauté noire aux nattes à moitié défaites, ou ce sosie de star de la K-pop, en blouson d’aviateur 'chiquissime' en nylon froissé ivoire. Des touches d’Issey Miyake et de Y-3 dans cette collection, même si tout était remixé à la sauce K-Way.

"Ce n’est pas évident de créer un défilé pour une marque aussi spéciale que la nôtre. Donc il faut que le défilé aussi soit spécial", commentait Lorenzo Boglione, qui depuis quelques années orchestre le défilé annuel K-Way à chaque saison de mode masculine milanaise, en janvier.

Le spectacle s’est achevé avec une mariée de sports d’hiver, en crinoline avec une traîne massive, composée d’une dizaine de vestes nylon aux teintes acidulées.

Personne n’est venu saluer à la fin du défilé, présenté à Isola, le quartier industriel du nord-est de Milan récemment revenu au goût du jour. Mais toute l’équipe créative méritait des applaudissements, après cette impressionnante performance.

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