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Paul Kaplan
Publié le
5 oct. 2020
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Mulberry : malgré un bilan 2019 mitigé, la marque reste optimiste pour l'avenir

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Paul Kaplan
Publié le
5 oct. 2020

Pour cause de pandémie, un bon nombre de sociétés ont décidé de retarder l'annonce de leurs résultats annuels — et quand ces derniers sont enfin dévoilés, ils semblent provenir d'une époque depuis longtemps révolue. C'est le cas de Mulberry, qui a publié lundi les résultats préliminaires de son dernier exercice, qui a pris fin le 28 mars : un bilan qui ne reflète qu'une partie infime des conséquences de la pandémie.


Mulberry


Mais le spécialiste de la maroquinerie de luxe a également fait le point sur la situation actuelle — et selon lui, ses activités commerciales depuis le début de l'exercice en cours (qui inclut donc l'impact de la pandémie) dépassent ses prévisions initiales.

L'entreprise est actuellement dans une nouvelle phase depuis le départ de son directeur créatif, Johnny Coca, à la fin du dernier exercice financier. Mulberry se concentre désormais sur sa gamme principale — la maroquinerie — et abandonne son offre de prêt-à-porter après la saison Automne-Hiver 2020.

Cette nouvelle approche porte-t-elle ses fruits ? "Au-delà de nos prévisions", répond le groupe, dont le chiffre d'affaire a baissé de 29% au cours du premier semestre qui a pris fin le 26 septembre. Une performance honorable, compte tenu de la fermeture de ses magasins pendant le confinement. Et la tendance est à l'amélioration depuis la réouverture de ses points de vente. Les revenus du e-commerce ont pour leur part augmenté de 69%, tandis que les ventes au détail dans la région Asie-Pacifique ont gagné 27%.

La société a réussi à stimuler ses activités en ligne pendant la période de confinement, en créant une plateforme spéciale à prix réduits pour compenser les ventes perdues dans ses points de vente. Un succès, affirme Mulberry.

D'ailleurs, la marque indique qu'elle dispose de suffisamment de liquidités pour traverser la crise, et prévoit que ses pertes seront moins importantes au cours de l'exercice en cours, ce qui est une bonne nouvelle. 


Le dernier exercice était déficitaire



Mais au cours du dernier exercice financier complet, Mulberry a connu de grandes difficultés, engendrées par des performances décevantes dans son canal de vente au détail. Sur une base sous-jacente, les recettes sont tombées à 149,3 millions de livres (164,4 millions d'euros), contre 166,3 millions (183,1 millions d'euros) au cours de l'exercice précédent, qui couvrait 53 semaines au lieu de 52, de sorte que ses chiffres étaient artificiellement gonflés. 

Le bénéfice brut est passé de 102,3 à 91,1 millions de livres (de 112,6 à 100,3 millions d'euros). La société a été déficitaire pendant l'exercice, avec une perte déclarée de 47,9 millions de livres (52,7 millions d'euros), même si sur une base sous-jacente, cette perte a atteint "seulement" 14,2 millions de livres (15,6 millions d'euros) — sur une base sous-jacente, elle avait réalisé un bénéfice de 1 million de livres un an auparavant. La raison pour laquelle les chiffres ajustés et non ajustés sont si différents, c'est que les éléments d'ajustement ont représenté 33,7 millions de livres (37,1 millions d'euros) : ces chiffres tiennent compte des coûts de fermeture des magasins et d'autres éléments liés à l'impact prévisionnel de la crise sanitaire.

Selon Mulberry, la baisse de ses revenus reflète principalement "un marché britannique en difficulté et l'impact de la Covid-19 vers la fin de la période".  Le chiffre d'affaires du groupe n'avait baissé que de 6% avant l'apparition du nouveau coronavirus.

Mais les ventes au détail internationales ont augmenté de 4% pour atteindre 32,4 millions de livres (35,7 millions d'euros), soit 26% des ventes au détail totales, contre 23% au cours de l'exercice précédent. Les ventes au détail de la région Asie-Pacifique ont augmenté de 30%, grâce aux investissements consentis par Mulberry dans la région, une hausse compensée par le déclin de 14% des ventes au détail dans le reste du monde, entraîné par la fermeture de certains magasins.

Au cours de l'exercice, les ventes directes ont représenté 91% des recettes du groupe (contre 88% pendant l'exercice précédent) à 135,4 millions de livres (149 millions d'euros), contre 146 millions de livres (160,7 millions d'euros) au cours de l'exercice 2018. Les ventes en ligne ont représenté 24% des revenus du groupe, contre 22% un an plus tôt.


Un nouveau concept de magasin



Depuis quelque temps, la société remodèle son portefeuille de magasins. Son nouveau concept de magasin est désormais déployé dans 28 points de vente, dont huit magasins partenaires, "ce qui a pour effet d'entraîner une augmentation significative des ventes par mètre carré".

En quoi consiste ce nouveau concept ? Des éléments de design qui marquent son ancrage britannique et améliorent la présentation de ses collections, une série d'outils technologiques, et un meilleur agencement de l'espace. Pas de doute, les magasins rénovés selon ces principes surpassent les points de vente plus traditionnels de Mulberry.

Le PDG de la marque, Thierry Andretta, se montre à la fois prudent et optimiste, et cherche à souligner "les progrès stratégiques et opérationnels réalisés dans les conditions de marché les plus difficiles de l'histoire de la marque".  "Avant l'impact de la pandémie, nous étions performants et en bonne voie pour enregistrer un bénéfice avant impôt au cours du second semestre de l'exercice, grâce à notre stratégie de croissance fondée sur quatre piliers : distribution omnicanal, développement international en Asie, volonté d'innovation constante et initiatives écoresponsables. 

"Le groupe a résisté face aux difficultés auxquelles nous avons été confrontés comme tout le reste du secteur.

"Depuis la fin de l'exercice, le groupe a continué à tirer le meilleur parti de son orientation stratégique à long terme, avec des ventes au-delà de nos prévisions initiales. Toutefois, nous ne pouvons pas échapper à la réalité : le luxe et les villes britanniques sont confrontés à un avenir très incertain, entravé par des mesures de distanciation sociale nécessaires mais catastrophiques, et par des niveaux de fréquentation alarmants, sans compter la pression des loyers et les changements à prévoir dans le secteur des achats hors taxes".

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