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16 févr. 2022
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Naïa Renew: des ambitions entre pulpe de bois et tapis recyclés

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16 févr. 2022

Le groupe Eastman Chemical Company annonçait récemment investir un milliard de dollars dans un futur centre français de recyclage des plastiques et polyester. En parallèle, le groupe fête les cinq ans de sa fibre cellulosique Naïa, qui propose désormais sa propre déclinaison recyclée. Et qui, après avoir ciblé le prêt-à-porter, mise sur le loungewear et le sportswear et à plus longue échéance le tissu d'ameublement.


Naïa



Eastman avait lancé Naïa dans l'optique d'en faire une marque incontournable de la fibre cellulosique, à l'instar de ce qu'est Lycra dans les fibres techniques. Cinq ans plus tard, Naïa peut revendiquer une centaine de marques clientes comme ElK ou Reformation, mais aussi des géants de la fast fashion comme le suédois H&M. Composée de pâte de bois, la fibre s'est depuis enrichie de l'offre Naïa Renew, qui intègre à 40% des déchets textiles.

"Ce sont principalement des tapis usagés que collecte notre partenaire Circular Polymers", explique à FashionNetwork.com Ruth Farrell, directrice du marketing d'Eastman pour les fibres textiles, à l'occasion de Première Vision Paris. "Ce sont des produits très difficiles à recycler, et qui constitue désormais un stock de fond pour la production des fibres Naïa Renew". Selon la responsable, l'offre Renew devrait d'ici à 2025 peser la moitié de l'activité de Naïa.

Mais Naïa a également élargi ses produits cibles. En complément de la fibre de départ, Eastman propose désormais une fibre Naïa discontinue (ou staple fiber), permettant d'obtenir des produits au touché plus duveteux. Dans le viseur: les lignes de confortwear, loungewear, tee-shirts et autres sweatshirts. "C'est un domaine dans lequel nous sommes encore jeunes", indique Ruth Farrell. "La prochaine étape sera le textile d'intérieur, pour lequel nous avons déjà reçu des marques d'intérêt".

Une offre dont la stratégie semble payer: sur le salon Première Vision, au moins une trentaine de fabricants présentaient des tissus réalisés à partir des technologies Naïa, aidés par le  positionnement écoresponsable de Naïa Renew. Groupe centenaire, Eastman semble pour l'heure avoir réussi son pari, tandis qu'il poursuit le développement de son activité de recyclage lié au polyester.


Des tissus Polopique (en haut) et Ekoten (en bas) réalisé à partir de la fibre discontinue Naïa Renew - Eastman



Le futur site français du groupe, qui a valu à son CEO Mark Costa d'être reçu à l'Elysée mi-janvier, devrait permettre de recycler jusqu'à 160.000 tonnes métriques de plastiques, dont le réemploi ciblera les univers du textile et du packaging. Soutenu par l'Etat et des engagements de commandes (LVMH Beauty, The Estée Lauder Companies, Clarins, Procter & Gamble, L'Oréal et Danone), le projet doit encore annoncer sur quel site il se déploiera.

"Pour l'instant nous en sommes encore aux premières étapes de développement, mais l'engagement est réel", se félicite Ruth Farrell. "Ce qui est pour l'heure clair, c'est que vous avez partout dans le monde des décharges à ciel ouvert de vêtements usés. C'est un problème que le monde va devoir se poser, et nous nous devons de faire de notre part", selon la responsable d'Eastman, pour qui Naïa Renew démontre la viabilité d'un recyclage textile à grande échelle.

Fort de 14.000 salariés répartis dans une centaine de pays, le groupe Eastman revendique sur son exercice 2021 un chiffre d'affaires avoisinant les 10,5 milliards de dollars (9,24 milliards d'euros).

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