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17 févr. 2021
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New York poursuit Amazon pour avoir négligé ses employés pendant la pandémie

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AFP
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17 févr. 2021

L'Etat de New York a déposé mercredi une plainte contre Amazon, accusant le géant du commerce en ligne de négligence dans la protection de ses salariés pendant la pandémie et de représailles contre les employés ayant protesté contre les conditions de travail.


FILES) Sur cette photo prise le 1er mai 2020 des manifestants protestent contre les conditions de travail chez Amazon devant l'immense entrepôt du groupe à Staten Island à New York - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives


L'action judiciaire, déposée devant la cour suprême de l'Etat de New York, reproche à Amazon sa gestion de la sécurité sur deux sites new-yorkais: un centre de distribution et de livraison dans le quartier du Queens et un immense entrepôt à Staten Island où plusieurs rassemblements avaient été organisés au printemps par des employés reprochant à la direction de ne pas les avoir suffisamment protégés contre le Covid-19. "Depuis le début de la pandémie, il est clair qu'Amazon a privilégié les profits au détriment du personnel et a échoué à assurer la bonne santé et la sécurité de ses travailleurs", accuse la procureure générale de New York Letitia James.

"Nous nous préoccupons profondément de la santé et de la sécurité de nos employés (...) et ne pensons pas que la plainte de la procureure dépeint une image fidèle à la réalité de la réponse" d'Amazon à la pandémie, a déclaré par courriel à l'AFP Kelly Nantel, une porte-parole de l'entreprise.

La plainte de New York intervient quatre jours seulement après une action préventive d'Amazon, demandant à un juge fédéral de déclarer que la cheffe du parquet de New York n'est pas compétente pour saisir la justice sur les questions de sécurité au travail. Cette requête n'a pas suffi à faire abandonner Letitia James, dont la plainte reflète la montée de la colère contre Amazon, un des grands gagnants avec les autres groupes tech -- Apple, Google, Facebook -- de la pandémie qui a provoqué des vagues de licenciements et laissé sur le carreau des milliers de PME et commerces de proximité.

Le groupe de Seattle a réalisé des ventes de 125,5 milliards de dollars au dernier trimestre, un record. Son action a gagné plus de 76% à Wall Street en un an, ce qui a contribué à faire grossir la fortune de son fondateur et patron Jeff Bezos, redevenu mardi l'homme le plus riche du monde sur le papier devant le cofondateur de Tesla, Elon Musk.

Montagne de défis



L'initiative de New York s'ajoute par ailleurs aux défis auxquels fait face Amazon, confronté à un vote en cours des employés dans un entrepôt dans l'Alabama (sud-est) pour décider s'ils veulent être représentés par un syndicat. Les autorités californiennes et celles du Connecticut examinent par ailleurs plusieurs de ses pratiques comme le traitement des commerçants sur sa plateforme et ses ventes de livres numériques.

New York affirme qu'Amazon ne se conforme pas à ses exigences en matière de nettoyage et de désinfection sur ses sites, comme la stérilisation et la ventilation des endroits où travaillaient les salariés infectés au Covid-19. Le processus d'information des salariés sur des cas de contaminations de leurs collègues est "légalement insuffisant" et le traçage des contacts n'est pas "convenable".

L'entreprise est aussi accusée de ne pas avoir fermé ses sites pour les faire nettoyer quand des cas d'infections au Covid-19 y ont été détectés. Le groupe aurait en outre continué à discipliner des salariés en fonction de leur taux de productivité.

"Amazon a réduit les coûts quand il s'est agi de se conformer aux exigences qui auraient pu mettre en péril le volume de ventes et le taux de productivité", dénonce encore la plainte. Le groupe est aussi accusé d'avoir pris des mesures de représailles contre des employés qui avaient dénoncé des conditions de travail "risquées". C'est le cas, d'après l'Etat de New York, de Christian Smalls, un des leaders des rassemblements devant le centre de traitement des commandes de Staten Island au printemps.

L'entreprise a toujours contesté cette version, expliquant que Christian Smalls avait été licencié pour avoir pris part à la manifestation alors qu'il était censé être en quarantaine après avoir été en contact avec un collègue infecté. Letitia James demande à la justice d'obliger Amazon à changer ses pratiques, à dédommager des salariés licenciés et à réembaucher Christian Smalls entre autres.

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